Dictionnaire des parlementaires
intervenant dans les débats,
réalisé grâce au
"Dictionnaire des parlementaires français",
édité en 1972 aux P.U.F.

et d'un peu de l'Encyclopædia Universalis 1998,
aidé du dictionnaire  Hachette Livre, 1997

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Albert-Le-Roy (François, Clément) né à Paris le 19 décembre 1856, mort à Saint-Fortunat-sur-Eyriuex (Ardèche) le 18 août 1965

Député de l'Ardèche de 1904 à 1905

    Docteur es lettres, Avocat à la cour d'appel de Paris, il avait débuté dans la carrière administrative comme sous-préfet, et conseiller de préfecture de Seine-et-Oise.
    Déjà conseiller général de l'Ardèche, il succède à un poste de député devenu vacant à Privas, après plusieurs tentatives infructueuses .
    Inscrit à la gauche radicale-socialiste, et membre de divers commissions, il se lança avec passion dans les débats qui marquèrent cette époque. Il interpella le gouvernement sur la séparation des Églises et de l'État, puis participa à la discussion du projet et des propositions de loi sur cette même séparation.
    Il décéda pendant ses vacances en Ardèche. 

A voté pour la loi de Séparation 

Allard


Allard ( Maurice, Édouard, Eugène) né à Amboise (Indre-et-Loire) le 1er mai 1860, il y meurt le 27 novembre 1942

Député du var de 1898 à 1910


    Avocat, inscrit cinq ans au barreau de Paris, il fit pendant la période boulangiste une vigoureuse campagne contre cette tentative de dictature. Il fut rédacteur dans plusieurs journaux socialistes. Ces derniers l'envoyèrent siéger à la Chambre où il s'inscrivit au groupe socialiste et y manifesta une grande activité, mais c'est à propos de la séparation des Églises et de État qu'il se montra le plus véhément. Battu aux élections de 1910, il reprit sa carrière de journaliste et fut l'un des leaders de l'Humanité de Jean Jaurès.
A voté pour la loi de Séparation 

Antoine-Gras(Denis), né à Rochegude (Drôme) le 2 mars 1847, mort à Bourg (Ain) le 14 mai 1917.

Député de la Drôme de 1893 à 1910

    Après avoir appartenu au barreau, il entra dans la magistrature avant de se présenter aux élections générales de 1893.
    Inscrit au groupe radical-socialiste et membre de diverses commissions, il participa  à de nombreux débats : budget de la Justice, des Cultes, de la Guerre et de l'Agriculture.
    Réélu en 1898, il siégea à la commission du droit d'association et à celle de la législation criminelle. Il se fit entendre sur le budget de la Guerre, sur l'indemnité parlementaire, sur l'amnistie et sur le contrat d'association.
    Réélu en 1902, il fut membre de la commission des associations et de congrégations, de celle des armées, de la commission de la presse et de la commission de l'administration des cultes et de la décentralisation. Il prit part à quelques discussions : les demandes formées par les congrégations prédicantes ; la réforme de la justice de paix ; la séparation des Églises et de l'Etat.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association ainsi que celle sur la Séparation.

Archdeacon (Edmond, Sébastien) né à Paris le 24 décembre 1864, il y meurt le 20 février 1906

Député de Paris de 1902 à 1906

    Siégeant dans l'opposition nationale, il manifesta à la chambre une grande activité et participa à de nombreux débats. Il était à la tête d'une grande fortune et administrait de nombreuses sociétés.
 A voté contre la loi de Séparation.

Arnous (Marie, Gustave, Louis, Eugène), né le 30 juin 1846 à Toulouse (Haute-Garonne), mort à Paris le 11 septembre 1901

Député de la Charente de 1884 à 1901

Il intervint dans plusieurs discussions. Il vota contre la suppression de l'ambassade auprès du Vatican, contre la suppression du budget des cultes, contre la dénonciation du Concordat .

Auffray ( Jules, Augustin) né à Paris le 3 novembre 1852, il y meurt le 7 avril 1916

Député de Paris de 1902 à 1906

    Petit fils de l'un des médecins de Napoléon III, il n'a pas 18 ans quand il s'engage dans un bataillon de mobiles et prend part à divers combats sous Paris. Démobilisé il continue ses études et réussit une licence de lettres et un doctorat en droit.
    Reçu premier au concours d'auditeur au Conseil d'État en 1878, il démissionne en 1880 au moment de la promulgation des décrets visant les congrégations. Il s'inscrivit au barreau de Paris et se consacra à la politique et à la défense religieuse dans le comité présidé par M. de Mackau. Il dirigea pendant plusieurs années le Journal de Saint-Germain, organe catholique et royaliste. Il se fit connaître comme orateur enthousiaste et persuasif dans de nombreuses réunion catholiques, parlant notamment contre les laïcisations et en faveur de la liberté de l'enseignement.
    Il fut un ardent boulangiste avant d'être un non moins ardent anti-dreyfusard et fougueux défenseur de l'État-major.
Inscrit à la Chambre au groupe des Républicains nationalistes il continua à se montrer plein d'ardeur.
 A voté contre la loi de Séparation

Audiffred (Jean, Honoré), né le 12 décembre 1840 à Jausiers (Hautes-Alpes), mort 27 octobre 1917 à Saint-Pierre-La-Noaille (Loire)

Député de la Loire de 1879 à 1904
Sénateur de la Loire en 1895 et de 1904 à 1917

    Membre de divers commissions, il participa à de nombreuses discussions, notamment sur les caisses de retraites, de secours ou de prévoyance, sur le tarif des douanes, sur les caisses d'épargne et sur le budget de l'agriculture, sur les accidents du travail, sur l'achèvement du canal de la Loire au Rhône, etc, ....
A voté contre la loi sur le droit d'association.
 
 

Augagneur (Jean, Victor) né à Lyon le 16 mai 1855, mort au Vésinet (Seine-et-Oise) le 23 avril 1931


Député du Rhône de 1904 à 1905, de 1910 à 1919 et de 1928 à 1931
Ministre des travaux publics et des PTT(1911-1912)
Ministre de la Marine (1914)
Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts (1914)
Ministre de la Marine (1914-1915)


    Agrégé de médecine dont l'enseignement et les travaux eurent une autorité dans le monde médical.. Il entra en politique suite d’un poste laissé vacant par le décès de son titulaire et s'inscrivit au groupe des républicains socialistes. Il se montra particulièrement actif dans des commissions et dans des débats. Son mandat pris fin par sa nomination au poste de Gouverneur général de Madagascar en remplacement du Général Galliéni. Il s'attacha les indigènes par un régime de justice, supprima les corvée, institua les tribunaux, développa les travaux publics, fit construire 1200 km de route, rétablit les finances en diminuant le nombre de fonctionnaires et poursuivit les agents dilapidateurs.
    De retour à la chambre il y remontra la même énergie.
    Après son échec électoral, il fût nommé Gouverneur en Afrique équatoriale où il renouvela de manière rationnelle l'organisation sanitaire de cette colonie.
  A voté pour la loi de Séparation
 

Augé (Justin, Auguste) né à Béziers (Hérault) le 31 mars 1850, mort à Paris le 2 janvier 1925

Député de l'Hérault de 1897 à 1910

    Il venait de terminer ses études au collège de Béziers, lorsque éclata la guerre de 1870. Devançant l'appel de sa classe, il s'engagea au 1er régiment de zouaves et fit la campagne de 1870-1871 aux armées de la Loire et de l'est.
    Démobilisé, il fonda un commerce de vins, puis il se consacra à la viticulture qu'il défendit en tant que secrétaire du comice agricole, conférencier et journaliste.
    Il fut élu conseiller général du canton de Capestang en janvier 1890 contre un candidat boulangiste .
    C'est à l'élection partielle du 28 février 1897 qu'il fut élu pour la première fois député. Il s'inscrivit au groupe radical-socialiste et fut membre de diverses Commissions.
    Toutes ses interventions, rapport de projets, dépôt de propositions de lois ont rapport avec le vin : suppression de droit d'octroi sur les boissons hygiéniques, distribution de vin aux troupes création d'une caisse d'assurance agricole , lutte contre les fraudes .....
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et pour la loi de Séparation

Aulan (Marie, François, Guénin de Suarès, Comte  d') , né à Livourne (Italie), mort à Paris le   7 février 1910

Député de la Drôme de 1898 à 1902

    Lieutenant de cavalerie de réserve, il fut élu en se disant nationaliste plébiscitaire. Il intervenait toujours avec fougue, esprit et bonne humeur. Il faillit mettre en minorité le cabinet Waldeck-Rousseau.
A voté contre la loi sur le droit d'association.
 

Aynard ( Édouard) né à Lyon le 1er janvier 1837, mort à Paris le 25 juin 1913.

Député du Rhône de 1889 à 1913

    Il est issu d'une famille bressane venue s'établir à Lyon au XVIIè siècle. Il commença ses études au collège d'Oullins ( Rhône) et les termina en Angleterre. Son père qui était banquier le fit s'initier à l'industrie de la soie, puis l'associa à ses affaires financières, industrielles et économiques.
    Ses compétences lui valurent d'être nommé président de la chambre de commerce de Lyon. Il s'intéressa à l'enseignement professionnel et contribua  au développement de l'Université lyonnaise.
    Élu, il s'intéressa à toutes les discussions douanières en tant que libre-échangiste. Les questions sociales retinrent également son attention : travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels ; aide aux ouvriers mineurs ; réorganisation des caisses d'épargne ; société de secours mutuels ; accidents du travail ; il défendit l'assistance aux vieillards, infirmes et incurables ainsi que la caisse des retraites ouvrières.
    En 1895, il siégea à la Commission chargée de l'examen de la proposition de loi de M. Lemire sur la liberté d'association.
    Inscrit au groupe des progressistes, il avait soutenu le Ministère Méline en 1889, puis s'était retranché dans l'opposition sous les Ministères radicaux qui lui succédèrent.
    Il plaida en faveur de la liberté de l'enseignement dont il se fit le défenseur. Il intervint en faveur des congrégations et se prononça contre la séparation des églises et de l'État
A voté contre la loi sur le droit d'association et contre la loi de Séparation.

Barbey ( Edouard, Polydore, Isaac), né à Béziers (Hérault) le 2 septembre 1831, mort à Paris le 26 mars 1905

Sénateur du Tarn de 1882 à 1905
Ministre de la Marine et des Colonies ( de mai à décembre 1887)
Ministre de la Marine de 1889 à 1892

    Ancien élève de l'école navale, que ce soit comme ministre ou comme sénateur, il s'intéressa toujours aux problèmes de la marine.
    Lieutenant de vaisseau, il démissionna en 1862 pour aider son père à la direction de filatures de laine à Mazamet dont il devint maire après la guerre de 1870 et jusqu'en 1883
    Elu sénateur, il siégea avec la gauche républicaine.
    Dans son testament, il légua une grande partie de ses biens à la ville de Mazamet, sous condition de les affecter à l'amélioration du sort de la classe ouvrière

Barodet (Désiré), né à Sermesse ( Saône-et-Loire), mort à Vincelles (Jura) le 18 avril 1906

Représentant à l'Assemblée Nationale de 1873 à 1876
Député de la Seine de 1876 à 1896
Sénateur de la Seine de 1896 à 1900

    Avec une ténacité sans défaut, il réclama la révision de la Constitution de 1875 par une assemblée constituante. Il a laissé son nom au recueil des engagements électoraux que publie la Chambre
 

Barthe (Jean, Marcel ), né le 15 janvier 1813 à Pau (Basses-Pyrénées), mort le 16 février 1900 à Jurançon (Basses-Pyrénées)

Représentant des Basses-Pyrénées à l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876
Député des Basses-Pyrénées de 1876 à 1877 et de 1878 à 1882
Sénateur des Basses-Pyrénées de 1882 à 1900

Président d'une commission relative aux délégués mineurs, il intervient dans la discussion d'une loi concernant ces délégués.

Barthou (Louis) né le 23 août 1862 à Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées), mort le 9 octobre 1934 à Marseille (Bouches-du-Rhône)


Député des Basses-Pyrénées de 1889 à 1922
Sénateur des Basses-Pyrénées de 1922 à 1934
Ministre et Président du Conseil à ne nombreuses reprises


    Son grand-père était forgeron, son père soldat à Sébastopol. Il s'inscrit comme avocat à Pau après des études de droit à Paris
    Parlementaire laborieux, membre de diverses commissions il est un orateur redouté. pendant l'affaire Dreyfus, il est élu président du groupe des républicains "progressistes", où se retrouvent les modérés qu'inquiètent les attaques contre le régime.
    Il est blessé à Marseille en tentant de protéger le roi Alexandre de Yougoslavie qui est assassiné. Comme on tarde à s'occuper de lui, il meurt pour avoir perdu trop de sang.
 A voté pour la loi de Séparation

Bassetière. (Jean - Baptiste - Henri - Edouard, Morisson de la) né à Saint-Julien-des-Landes (Vendée) le 9 mars 1825, il y meurt le 23 octobre 1885.
    Riche propriétaire terrien, attaché à la cause royaliste et catholique, il fut porté sur la liste conservatrice de la vendée le 8 février 1871.Elu, il vota en faveur des prières publiques et contre l’amendement wallon qui décida de l’établissement de la République. Réélu en 1876, il vota contre l’amnistie et ne cessa de s’opposer aux propositions et projets de lois émanés de la gauche. Il fut réélu en 1881 et continua à combattre à l’extrême droite.

Baudin (Alphonse) (Nantua, 1811 ; Paris, 1851), homme politique français. Député à l’Assemblée législative de 1849, il tenta de s’opposer, avec les ouvriers parisiens, au coup d’État du 2 Décembre et fut tué sur une barricade.  © Hachette Livre, 1997

Baudry d'Asson ( Armand, Léon, Charles de ) né le 15 juin 1836 à Rochesernière (Vendée), mort le 12 mai 1915 à La Garnache  (Vendée )


Député de la Vendée de 1876 à 1914


    Il participa à certains débats concernant les problèmes agricoles, en particulier l'élevage du cheval, s'opposa au projet de loi ayant pour objet de célébrer aux frais de l'Etat les funérailles de Jules Ferry et demanda à interpeller le Gouvernement (1893) sur les mesures prises pour rétablir l'ordre dans Paris.
    Il interpella le Gouvernement au sujet de l'expulsion des congrégations religieuses (1902) sur "l'État de guerre civile dans lequel M. le Président du Conseil à plongé la France" (1903). Il fut l'objet d'une mesure de censure en 1905 à la suite d'un incident provoqué par lui.
A voté contre la loi sur le droit d'association et contre la loi  de Séparation.

Beauquier (Charles), né à Besançon (Doubs) le 19 décembre 1833, mort à Besançon le 12 août 1916

Député du Doubs de 1880 à 1914

    Membre de la commission chargée d'étudier la révision des services administratifs, il dépose des propositions concernant, entre autre, la réduction du nombre de départements. Favorable aux idées socialistes, il intervient au cours de la discussion d'un texte relatif au travail des femmes et des enfants pour demander le contrôle des comités de travail élu par les ouvriers (1891). Il manifeste son anticléricalisme en demandant la réduction des subventions accordées aux maîtrises des églises (1893). Il s'intéressera à la protection des sites, demande un enseignement agricole dans les écoles primaires et se préoccupe de la situation des professeurs de dessin.
Il établit, en 1902, un important rapport sur sa proposition de loi tendant à remplacer les départements par des régions et sur une proposition relative à la suppression de la tutelle administrative. Dès 1898, il avait demandé la création d'une grande Commission de décentralisation à la Chambre. En 1905, il dépose une proposition de loi tendant à supprimer l'incapacité légale de la femme mariée . Il souhaitait que le temps de parole des députés fut limité.
En 1908, il dépose des propositions contre l'abus de l'affiche-réclame, pour la création de réserves nationales boisées et pour la réglementation des occupations temporaires sur les terrains classés parmi les sites à protéger. Il déposera des amendements tendant à l'achat de sites pittoresques. En 1909, il propose d'obliger les villes à dresser des plans d'extension et d'embellissement .
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et de celle sur la Séparation.
 

Beauregard (Paul, Victor), né le 13 octobre 1853 au Havre ( Seine-Inférieur), mort le 24 mars 1919 à Paris.

Député de la Seine de 1898 à 1919

    Docteur en droit en 1876, il fut reçu à l'agrégation l'année suivante et fut nommé professeur de droit commercial à Douai. En 1881, il était affecté à la chaire d'économie politique à la faculté de droit de Paris. Il eut une brillante carrière universitaire et l'académie des sciences morales et politiques le reçut le 2 décembre 1905.
    Élu en 1898, il s'inscrit au groupe progressiste et fut membre de la Commission des colonies, de la Commission de l'enseignement et de la commission du budget pour l'exercice 1900...
    Il présenta de nombreux rapports sur : la réforme du conseil de prud'homme, le louage des services, le budget du commerce et de l'industrie, le traitement du personnel des écoles professionnelles.
    Il prit part à de nombreuses discussions parmi lesquelles on peut citer : les accidents du travail, le contrat et le droit d'association, les demandes d'autorisations formées par les congrégations enseignantes, le régime des aliénés, la légitimation des enfants adultérins, la journée de travail dans les mines, la durée du travail dans les établissements industriels, les opérations des liquidateurs des congrégations, les actes de corruption électorale.
    Travailleur infatigable dans ce qui était du domaine de ses compétences, il se tut quand il appris la mort de son fils au champ d'honneur.
A voté contre la loi sur le droit d'association et contre la Séparation.

Benoist (Charles, Augustin) dit Charles-Benoist né à Courseulles-sur-Mer (Calvados) le 31 janvier 1861 il y meurt le 11août 1936

Député de la Seine de 1902 à 1919

    Journaliste, il fut appelé à professer à l'école des sciences politiques où il occupa la chaire d'histoire constitutionnelle de l'Europe occidentale.
    A la chambre, il fut l'auteur d'une proposition de résolution invitant le Gouvernement à soumettre à la chambre un projet de Code du Travail (1905) dont il fut chargé de rapporter les projets de loi. Ses interventions furent très nombreuses.
Il quitta la politique pour la diplomatie.
 A voté contre la loi de Séparation

Bepmale (Jean, Eugène, Omer), né 1er septembre 1852 à Saint – Gaudens (Haute-Garonne), mort Je 9 novembre 1921 à
Saint-Gaudens

Député de la Haute-Garonne  de 1893 à 1898 et de 1902 à 1907
Sénateur de la Haute-Garonne de 1907 à 1920.

    Avocat inscrit en 1873 au barreau de Toulouse. Radical-socialiste, membre des divers commissions, il fut vice-président de celle qui s'occupa de la séparation des Églises et de l'État.
    En 1894, il refusa de voter les crédits destinés à l'expédition de Madagascar. En 1902, il déposa un ordre du jour réclamant
l'institution de l'impôt progressif sur le revenu.. Il reprocha à la loi de séparation des Églises et de l'État de donner à celle-ci une
liberté illimité, mais il vota le texte auquel il participa activement à la discussion.
    Au Sénat il s'inscrivit au groupe de la gauche démocratique, radicale et radicale socialiste pour y continuer un grande activité.
A voté pour la loi de Séparation

Bérard  (Alexandre - Octave), né à Lyon (Rhône le 3 février 1859, mort à Paris le 20 avril 1923

député de l’Ain de 1893 à 1908.
sénateur de l’Ain de 1908 à 1923. .
Sous-Secrétaire d’Etat aux Postes et Télégraphes du 10 juin 1902 au 19 octobre 1906

    Docteur en droit procureur général et substitut
    Il s’engagea en 1893 à défendre République démocratique, réformatrice et progressiste, à maintenir les lois scolaire et militaire, la laïcité de l’école publique, à voter des lois sur les associations, sur le crédit agricole.., A la Chambre, Alexandre Bérard s’inscrivit aux groupes de la gauche démocratique et de l’union progressiste, puis aux groupes de la gauche radicale et de l’union démocratique à partir de 1902, enfin à partir d e1906, au groupe de la gauche démocratique, radicale et radicale socialiste.
    Membre de nombreuses commission, il eu une grande activité.
    A voté pour la loi de Séparation

Berger Philippe, né le 15 septembre 1846 à Beaucourt (Haut-Rhin) (actuelement Territoire de Belfort), mort le 14 mars 1912 à Paris.

Sénateur  du Territoire de Belfort 1904 à 1912.

    Il s'engagea en 1870 dans le service de santé de l'armée de la Loire soutint le siège de Paris. Sa conduite lui valu la médaille militaire. Il  a été mêlé ensuite aux péripéties de la Commune.
    Inscrit au groupe de la gauche démocratique, il devient membre de  plusieurs commissions et s'intéressa à diverses questions parmi lesquelles on peut citer: le recrutement de l'armée, le budget de l'Instruction publique, la séparation
des Eglises et de l'Etat (1905) ; le repos hebmadaire des employés et ouvriers (1906) ; la prostitution des mineurs  (1907); la dévolution des biens écclésiasiques (l908);la constructions  des voies ferrées entre la France et la Suisse (1910); les exploitations forestières, les tribunaux pour enfants et la liberté surveillée.
 

Bernard (Charles, Jean) né à Bordeaux (Gironde) le 15 juin 1856, mort à Paris le 3 septembre 1927

Député de la Gironde de 1898 à 1902
Député de la Seine de 1914 à 1924

    Pharmacien, il fut attiré rapidement par la politique et collabora à un organe blanquiste dont il prit ensuite la direction. Il se présenta à la députation "pour défendre les intérêts du peuple, combattre les faux républicains et démasquer les hypocrisies de la secte opportuniste"
    Il ne s'inscrivit à aucun groupe, mais eut une très grande activité déposant des propositions de loi sur les sujets les plus divers : organisation du corps des inspecteurs du travail; l'emploi des travailleurs étrangers; suppression de la censure des œuvres théâtrales; régime des aliénés, etc ... Il devint rapidement célèbre par ses virulentes interventions qui soulevaient souvent le tumulte au sein de la Chambre et lui valaient de fréquents rappels à l'ordre des présidents de séance.
    Installé à paris, il s'y fait élire sous l'étiquette de "républicain socialiste patriote". Il avait affirmé à ses électeurs sa volonté de lutter "pour toutes les libertés syndicales, confessionnelles, d'écrire et de dire" Dès lors, il n'est pas étonnant qu'il se soit élevé à plusieurs reprise contre la censure. ses interventions reçurent à plusieurs reprises l'approbation de l'extrême gauche, par exemple lorsqu'il exposa qu'il voterait, comme il l'avait toujours fait, contre les fonds secrets ou qu'il expliqua ses votes contre la demande en poursuites de Marcel Cachin et pour l'adoption de la résolution tendant à suspendre la détention du même député (1923).
A voté contre la loi sur le droit d'association.
 

Bernard (Paul, Victor), né le 31 mai 1862 à Duperré (Algérie), mort le 16 octobre 1924 à Constantine.

Député de la Seine de 1898 à1902

    Avocat, il est élu sous l'étiquette de républicain socialiste indépendant. Membre de plusieurs commissions et déposa des propositions de loi tendant à modifier la loi du 25 mai 1885 sur la relégation (1899), à supprimer la peine corporelle en matière de simple police (1899), etc, ...
Il soutint un amendement qui étendait l'application de la loi sur les accidents du travail aux ouvriers des établissements militaires. Il demanda à interpeller le gouvernement sur les conditions du transport des soldats envoyés en Chine .
 

Bert(Paul) né à Auxerre (Yonne) le 19 octobre 1833, mort à Hanoï (Tonkin) le 11 novembre 1886

    Représentant à l'Assemblée nationale en 1872
Député de l'Yonne de 1876 à 1886 il prit place à l'extrême gauche.
    Ministre de l'instruction publique et des cultes ( 15 novembre 1881 - 22 janvier 1882)

    Licencié en droit, docteur en médecine, docteur es sciences naturelles. Il siégea à  l'extrême gauche. Il fut rapporteur des loi Ferry sur l'enseignement primaire. Il défendit la gratuité absolue attaquée par M. Beaussire, et insista sur le principe d'obligation  ( qui fut le moins discuté)
    Il est mort de choléra au Tonkin ou M. de Freyssinet l'avait nommé résident général

Berteaux (Henry, Maurice ), né le 3 juin 1852 à Saint-Maur-des-Fossés, mort le 21 mai 1911 à Issy-les-Moulineaux.

Député de Seine-et-Oise de 1893 à 1911
Ministre de la Guerre de 1904à 1905 et en 1911

    Après de brillantes études, il fait son service militaire dans l'artillerie. Il finira capitaine de réserve.
A peine âgé de 27 ans, il est titulaire d'une charge d'agent de change à la Bourse de Paris et bientôt devient membre de la chambre syndicale de cette corporation.
    En 1888, il est élu conseiller municipal de Chatou et en devient le Maire trois ans plus tard. Déjà sa courtoisie, la bienveillance qu'il témoigne à tous, son attitude franche et loyale, le soin qu'il met à éviter les heurts inutiles lui valent, dans son arrondissement, cette large popularité dont il a le goût. Il est facilement élu député.
    Il s'était présenté comme candidat radical socialiste et avait explicitement fait siens les articles du programme radical : l'impôt global et progressif sur le revenu, la séparation des églises et de l'État, la réduction de la durée du service militaire, l'extension aux vieillards de l'assistance publique. A la stupéfaction de son entourage - la famille Berteaux et lui-même appartenaient à la bourgeoisie aisée  - toutes ses sympathies vont vers l'aile gauche des radicaux socialistes dont il deviendra en quelques années le chef incontesté. Sans avoir une éloquence classique, il parle avec aisance et, grâce à son habileté à manier les groupes et à travailler les couloirs, il a une action indubitable sur la Chambre.
    Il interviendra dans ses domaines d'excellence que sont les finances et les affaires militaires. S'il déclara qu'en aucun cas il accepterait la charge de Ministre des finances ( il avait conservé sa charge à la Bourse de Paris ) , il fut deux fois ministre de la guerre. Très féru d'aviation, il prévoit que celle-ci pourra apporter un puissant concours à la défense nationale et veut l'élever au rang d'une arme autonome et redoutable.
    Dans cet esprit, il encourage le sport aéronautique. Le 21 mai 1911, accompagné du Président Monis , il assiste, à Issy-les-Moulineaux, au départ de la course Paris-Madrid, organisé par le Petit Parisien. Tous deux s'avancent au milieu de la piste quand un monoplan en difficulté, soudain, s'abat. Monis est grièvement blessé, quant à Berteaux il est tué sur le coup, décapité par l'hélice de l'appareil.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et pour la Séparation.

Berthoulat (Pierre, Louis, Félix, Georges, dit Georges-Berthoulat) il nait le 16 août 1859 au Châtelet (Cher), et meurt le 5
juillet 1930 à Paris
    Licencié en droit, il est secrétaire général du Cantal lorsqu'il démissionne pour une brillante carrière dans le journalisme. Il entre en politique pour lutter contre le "radicalisme dreyfusard et le collectivisme internationaliste".
    Il prend une part active à la discussion sur le projet de séparation des Églises et de l'État.
    Adversaire ministère Combes, il demande, en 1903, l'organisation d'un référendum sur la question du budget des cultes.
A voté contre la loi de Séparation

Berry (Jean-Baptiste, Marie, Georges ) né le 8 mars 1855 à Bellac (Haute-Vienne), mort le 13 avril 1915 à Paris

Député de la Seine de 1893 à 1915

    Docteur en droit, inscrit au Barreau de Paris. Il est chargé en 1881, par le Gouvernement de mener une enquête sur l'organisation des oeuvres d'assistance en Angleterre, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Poursuivant en France son étude sur le paupérisme, il ne craint pas de se mêler pendant une certaine période au monde de mendiants et de vivre en leur compagnie.
    Président de plusieurs sociétés de bienfaisance, il manifeste ses préoccupations sociales dans un certain nombre d'ouvrage.
    D'opinions monarchistes, il se présente comme "républicain rallié". Membre de la commission du travail et de diverses commissions spéciales, il préside celle qui étudie les moyens de supprimer la mendicité et dépose plusieurs propositions de lois. Il intervient sur le travail des femmes et des enfants, des oeuvres d'assistance par le travail et des bureaux de placement. Avocat, il demande la suppression des tribunaux inutiles et une réforme judiciaire.
    D'opinions libérales, il s'oppose tant au nationalistes qu'à la politique de Combes. ; il s'opposa à la séparation des Églises et de l'État ; avant de finir progressiste.
 A voté contre la loi de Séparation

Berryer (Pierre Antoine) né à Paris le 4 janvier 1790, mort à Angerville (Seine-et-Oise) le 29 novembre 1868

Député de 1830 à 1848
Représentant du peuple aux Assemblées constituantes et législatives de 1848-1849
Député au Corps législatif de 1863 à 186 8

    Son père combattit ses aspirations ecclésiastique et lui fit faire son droit, parce qu'il avait décelé chez lui des qualités d'orateur. Il eut pour répétiteur M. Bonnement, ancien membre de l'Assemblée constituante.
C'était un royaliste pur et dur à l'esprit indépendant ; il fut adjoint à son père pour la défense du maréchal Ney, fit l'éloge des républicains du Comité de salut public ...
    Le 7 août 1830 ( après les journées de juillet), il protesta à la Chambre contre les faits accomplis, nia que les députés, en fait et endroit, eussent qualité pour délibérer sur la vacance du trône et pour élire un nouveau roi. Il prêta pourtant serment de fidélité mais n'en commença pas moins une guerre acharnée contre la monarchie de Juillet. Profitant, dans l'intérêt de sa cause, de l'origine révolutionnaire de cette monarchie, il entreprit de la pousser aux conséquences extrêmes de la souveraineté populaire, et réclama, comme député de l'opposition, l'application du jury aux délits de presse, la nomination des des maires par les communes, l'abolition du cens.

Bertrand (Paul , Charles, Alfred), né le 11 décembre 1847 à ChâJons-sur-Marne (Marne), mort le 17 novembre 1936
Sainte-Menehould (Marne).

Député de la Marne de 1889 à 1910.

    Fils de médecin, Paul Bertrand s'installa comme avoué à Sainte-Menehould, dont il devint le maire. Lors des élections générales du 22 septembre 1889, il fut élu député au premier tour .Membre de la commission d'enquête sur l'affaire de Panama, il en démissionna pour protester contre l'insuffisance de députés de droite. Membre de diverses commissions, il eu une très grande activité.
 A voté contre la loi de Séparation

Bienvenu-Martin (Jean-Baptiste) né le 22 juillet 1847 à Saint-Bris-le-Vineux (Yonne), il y meurt le 10 décembre 1935

Député de l'Yonne de 1897 à 1905
Sénateur de  l'Yonne de 1905 à 1941)
Ministre de l'instruction publique des Beaux-Arts et des Cultes de 1905 à 1906
Ministre de la Justice de 1913 à 1914
Ministre du Travail et de la prévoyance sociale en 1914

    Docteur en droit, issu d'une famille modeste, il commença une brillante carrière administrative qui finit au Conseil État comme Maître des requêtes. Il commença alors une carrière politique, au siège de Paul Doumer, dans les rangs des républicains radicaux. Il siégea dans de nombreuses commissions
 A voté pour la loi de Séparation

Billot (Général Jean-Baptiste) , né  le 31 mai 1828 à Paris. Mort le 15 août 1907 à Chaumeil (Corrèze)

Représentant  de la Corrèze l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876.
Séateur inamovible de 1876 à 1907.
Ministre de la Guerre 1882 à 1883 et de 1896 à 1898.

    Le 29 avril 1896, Jules Méline lui confie  le le portefeuille de Ministre de la Guerre dans son Gouvernement. A ce titre, c' est en octobre 1896 qu'il présenta l'armée française reconstituée au tsar Nicolas II à la revue du camp de Challans.  Mais c'est aussi pendant qu'il détenait le portefeuille de Ministre de la Guerre que commença l'agitation qui devait amener la révision du procès
Dreyfus.Il croyait Dreyfus coupable ;  Il fallut atendre la chute du cabinet pour que la révision ait lieu et lui donne tort

Blanc (Louis, Antoine), né à Bourdeaux (Drôme) le 14 avril 1838, mort à Bourdeaux le 24 octobre 1914 -Homonyme  du théoricien socialiste de l'organisation du travail (1811-1882) -

Député de la Drôme de 1892 à 1902
Sénateur de la Drôme de 1902 à 1914

    Entrepreneur de voitures publiques, il était partisan d'une politique vraiment démocratique et progressiste. Son programme comportait : le maintien des lois scolaires, c'est à dire la laïcité, la gratuité et l'obligation de l'enseignement; l'égalité de tous devant l'impôt du sang et la réduction à deux ans du service militaire; la séparation des Églises et de l'Etat et la suppression du budget des cultes; la réforme administrative et l'épuration du personnel; la réforme judiciaire et la réduction des frais de justice; l'étude des lois comportant l'amélioration du sort des travailleurs; la création d'une caisse de retraites pour les ouvriers infirmes ou âgés; l'encouragement aux sociétés de secours mutuels; l'encouragement de l'agriculture et l'organisation d'un crédit agricole; la réforme des impôts; la limitation de la politique coloniale à la conservation des possessions actuelles sans conquêtes nouvelles; le renouvellement partiel de la Chambre des députés.
    Élu, il s'inscrivit au groupe radical-socialiste et fut membre de divers commissions.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association.

Blois ( Comte Georges, Aymar de ), né le 1er janvier 1849 à Huillé ( Maine-et-Loire ), mort le 12 mars 1906 à Paris

Sénateur du Maine-et-Loire de 1895 à 1906

Étant lui-même agriculteur, il intervint dans la plupart des débats agricoles.
A voté contre la loi sur le droit d'association et contre la loi de Séparation

Bodinier (Guillaume, Jean, Victor), né le  30 mai 1847 à Angers (Maine-et-Loire), mort le 15 septembre 1922 à Trélazé

Sénateur du de 1897 à 1922

    Après la guerre de 70 qu'il fit comme lieutenant, puis comme capitaine, sa fortune personnelle le lui permettant, il se consacre à l'art et à l'histoire. Il fut également attiré par la politique
    Inscrit comme sénateur au groupe  de la droite, il participe à plusieurs commissions

Boissieu  ( Baron Guy de Salvaing de ) né à Beire-le-Châtel (Côte-d'Or) le 26 mai 1871, mort à Paris le 25 mai 1954

Député du Morbihan de 1902 à 1910

    Officier sorti de Saint-Cyr, il est élu député et siège sous l'étiquette de "catholique libéral". Il se montre soucieux des dépenses de État, il proposa la réduction du crédit affecté au personnel des bureaux des cultes et la mise en adjudication de chasses de État car, en ce domaine, disait-il, "La République n'a pas à rivaliser avec les monarchies de l'Europe"
 A voté contre la loi de Séparation

Boissy d'Anglas (François-Antoine, baron) petit fils du célèbre conventionnel, né à Paris le 19 février 1846, il y est mort le 21 janvier 1926

Député de l'Ardèche de 1877 à 1885 et de 1886 à 1889
Député de la Drôme de 1889 à 1898
Sénateur de l'Ardèche de 1903 à 1912

    Se présenta la première fois au électeurs comme républicain modéré et fit partie de la majorité en appuyant la politique "opportuniste"; Il fut réélu, mais s'inscrivit à la gauche radicale. Membres de diverses commissions, il manifesta une grande activité.
    Au Sénat il était membre de plusieurs commission et déposa en 1903 une proposition de loi relative à la séparation des Églises et de l'État.
 

Bompard (Raoul), né à Gênes (Italie) le 17 décembre 1860, mort au domaine d'Aumont, par Senlis (Oise) le 11 septembre 1939

Député de la Seine de 1898 à 1902

    Avocat, docteur en droit, il fut secrétaire d'un sous-secrétaire d'Etat et à la Justice et conseiller à la cour de cassation, ce qui le mit en contact avec les milieux politiques. Il adhéra au parti radical.
    Élu au Palais Bourbon, il s'inscrivit au groupe de l'Union progressiste. Il y fut membre de la Commission de réforme judiciaire et de la Commission de législation criminelle. Ses principaux travaux et ses interventions les plus importantes eurent pour objet l'organisation judiciaire, les modifications du Code pénal et de la justice militaire.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association.

Boudenoot (Louis, Charles, François) , né le 2 mai 1855 à Fruges (Pas-delIais), mort le 22 octobre 1922 à Paris.

Député du Pas-de-Calais 1889 à 1901.
Sénateur du Pas-de-Calais de 1901 à 1922.

    Après avoir passé sa licence en droit à la la Faculté de Paris, Louis Bouenoot fut reçu le huitième en 1876, à 'Ecole polytechnique et, sorti dans la "botte ", passa à l'Ecole supérieure des mines avec le n° 2 d'où il sortit ingénieur. Cette formation à la fois juridique, scientifique et technique devait dominertoute sa carrière politique.
    Inscrit au groupe des républicains à la Chambre et à celui de l'union républicaine au Sénat où il intervint dans de nombreux
débat comme celui de la séparation des Eglises et de l'Etat.

Bourgeois (Léon, Victor, Auguste), né le 29 mai 1851 à Paris, mort le 29 septembre 1925 au château d'Oger, près d'Epernay ( Marne )

Député de la Marne de 1888 à 1905
Sénateur de la Marne de 1905 à 1925
plusieurs fois Ministre et Président du Conseil entre 1888 et 1917
Président de la Chambre de 1902 à 1904
Président du Sénat de 1920 à 1923

    Avocat de formation, il  élabora, avec le solidarisme , le programme social et économique dont le parti radical avait besoin pour se distinguer à la fois du libéralisme individualiste et du socialisme collectiviste . Ses idées furent exprimées dans une série d’articles publiés par la Revue nouvelle  en 1896, et qui furent ensuite réunis en volume sous le titre de Solidarité  (1896). Bourgeois devait également publier Essai d’une philosophie de la solidarité  (1902), L’Idée de solidarité et ses conséquences sociales  (1902) et La Politique de la prévoyance sociale  (1914). Une association pour la propagation des nouvelles idées fut fondée en 1895 sous le nom de Société d’éducation sociale; un congrès international sur ce thème se réunit à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900.
    Là ou la solidarité naturelle engendre injustices et inégalités, une intervention correctrice s’avère nécessaire, suivant l’opinion de Bourgeois et des tenants du solidarisme; elle prendra la forme du quasi-contrat, théorie qui ne donne cependant au solidarisme qu’une précision apparente. Les obligations du solidarisme peuvent en fait être résumées sous trois chefs: libre éducation pour toutes les classes de la société; minimum de moyens d’existence pour chacun; assurance contre tous les risques de la vie. Cette doctrine, qui eut son heure de succès et dont on trouve des traces dans le synthétisme ou syncrétisme de Walras, représente l’une des nombreuses variantes du "tiers chemin" tant à l’honneur au début du siècle; elle fournit en tout cas sa justification à un programme de réformisme social.
     Il présida  Ligue de l'Enseignement de 1894 à 1898, succédant à Jean Macé. En 1890 le Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts lui fut attribué. Il contribua à la reconstitution des universités en regroupant certaines facultés, à la création de l'enseignement secondaire moderne, malgré son attachement à la culture classique, à la réforme de l'enseignement primaire et à l'organisation de l'enseignement post scolaire.
     Il constitua un Cabinet le 1er novembre 1895 dont le programme politique proposait d'établir un impôt général sur le revenu, d'organiser les retraites ouvrières et prévoyait le dépôt d'un projet de loi sur les associations, première étape vers la séparation des Églises et de l'État. Mais il n'eut pas la possibilité de l'appliquer. Le Sénat lui manifesta plusieurs fois son hostilité jusqu'à provoquer son renversement le 23 avril 1896.
     Son passage au Ministère du travail fut marqué par le dépôt d'un projet de loi dont devaient  découler les dispensaires d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse. Il fit voter les lois sur le repos hebdomadaire, sur les assurances du travail, sur les biens de famille insaisissable, sur le salaire de la femme mariée ...
     C'est dans son rôle d'apôtre de la paix qu'il acquis son plus grand prestige. L'idée de droit maîtresse du monde constituait son idéal et son but. C'est ainsi qu'il conçut l'arbitrage comme moyen de règlement des conflits internationaux. Il exposa ses idées à la Conférence internationale qui se tint à La Haye en 1899. Il proposa d'instituer un tribunal souverain entre les nations. Il ne fut pas suivi. Il repris son idée en 1907 à la deuxième Conférence de La Haye et réussit à faire accepter le principe de l'arbitrage et son applications aux contestations portant sur les clauses des conventions internationales. Il ne put obtenir l'adoption d'un projet de traité obligatoire.
     Lorsqu'en 1919 s'organisa la SDN , il fut tout naturellement porté à sa présidence. Il tenta de mettre à la disposition de cet organisme une force d'exécution pour appuyer ses décisions, sans lesquelles elles resteraient vaines.
     Il lança également l'idée d'un contrôle international des armements, mais ne put réussir.
      Au Sénat il siégeait sur les bancs de la gauche démocratique.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et de la loi de Séparation.

Boucher (Henry Hypolyte, Paul) né le 19 septembre 1847 à Bruyères (Vosges), mort le 1er février 1927 à Nancy
(Meurthe-et-Moselle)

Député des Vosges de 1889 à 1890
Sénateur des Vosges de 1909 à 1920
Ministre de l'industrie, du Commerce, des Postes et Télégraphes d'avril 1896 à Juin 1898

    D'une famille de papetier il s'engagea dans la garde mobile des Vosges et fut rapidement promus capitaine. Il participa à plusieurs campagnes avant d'être interné en Suisse à la fin de la guerre en 1871.
    Rendu à la vie civile il développa l'entreprise familiale avant de se faire élire député sur un programme républicain modéré. Il demanda que soient redues incompatibles, “en fait, sinon en droit », les fonctions de Ministre et de membre de l'une ou de l'autre Chambre, en « obligeant les députés anciens Ministres à se représenter devant leurs électeurs ».
    Il démissionna avec le Ministère lors des élections générales de 1898, qui donnèrent la majorité aux partisans de la séparation des Églises et de l'État. Particulièrement opposé à cette mesure d'autre part fidèle à la politique modérée de Jules Ferry, il mena, dans son département et à la Chambre, une lutte active contre les idées radicales. Dans sa profession de foi, de 1889, il avait déjà souligné que « les luttes sur le terrain religieux devaient être closes ».

Bouchet Paul - Emile- Brutus), né à Embrun (Hautes Alpes) le  décembre 1840. Date et lieu de décès inconnu

Représentant des Bouches-du-Rhône de 1872 à 1876
Député des Bouches du Rhône de 1876 à 1885

    A fait son droit et a été inscrit au barreau d’Embrun. Il fut compromis dans le mouvement insurrectionnel de Marseille, en 1871 (La Commune de Marseille) et fut emprisonné préventivement pendant 3 mois, puis acquitté. Mais l’ordre des avocats lui interdit de rentrer au barreau. Élu représentant des Bouches-du-Rhône, il siégea à l’union républicaine (Extrême gauche). Gambettiste, il vota pour l’amnistie et pour la séparation des Églises et de l’Etat. Il quitta la France à la suite d’une condamnation pour contravention à la loi des sociétés.

M. Ferdinand Boyer.

Boyer (Antoine, Jean-Baptiste, dit Antide), né le 26 octobre 1850 à Aubagne (Bouches-du-Rhône), mort le 24 juillet 1918 à Marseille

Député des Bouches-du-Rhône de 1885 à 1909
Sénateur des Bouches-du-Rhône de 1909 à 1912

    Il appartint à divers commission spéciales, et notamment à celle chargée de l'examen du projet et des propositions de loi concernant la liberté d'association. Il se fit entendre sur le travail des femmes et des enfants dans les établissements industriels , sur la création de nouvelles classes d'enseignement primaire, des manifestations du 1er mai, des conseils de prud'homme, des syndicats professionnels de patrons et d'ouvriers.
    Innocenté, après avoir été compromis dans l'affaire de Panama , il s'engagea, en 1897, dans les troupes grecques combattant contre les Turcs , fut blessé et rentra en France pour se faire réélire en 1898. Se préoccupations ne changèrent pas
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et de celle sur la Séparation.

Boysset (Charles, Guillaume), né le 29 avril 1817 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), mort le 22 mai 1901 à Paris

Représentant de la Saône-et-Loire à l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876
Député de Saône-et-Loire de 1876 à 1901.

    Avocat, il se fit connaître de bonne heure pour se opinions républicaines. Nommé procureur de la République à Chalon par le gouvernement provisoire de 1848, il fut révoqué par la réaction..
    Il collabora au journal le Peuple de Proudhon.
    Elu représentant à l'Assemblée législative de 1849, il siégea à la Montagne.
    Arrêté lors du coup d'Etat, il fut incarcéré à Lyon et envoyé en exil.
    Après le 4 septembre, il fut nommé maire de Chalon, puis commissaire du gouvernement chargé d'organiser la défense dans les départements de la côte d'Or et de Saône-et-Loire.
    Député, il siégea dans la majorité républicaine, à la gauche radicale dont il devint président et dont il rédigea le programme politique. A plusieurs reprises il demanda la suppression du budget des cultes et des Facultés de théologie.

Brager de La Ville-Moysan (Eugène, Antoine, Joseph)), né le 16 juin 1862 à Nantes (Loire-Inférieure), mort le 6 mars
1936, à Rennes (Ille-et- Vilaine).

Sénateur d'Ille-et-Vilaine le 1904 à 1933.

    Avocat au barreau de Rennes. lscrit au groupe de la gauche républicaine, il siégea dans diverses commissions et notamment à celle d'initiative parlementaire, à celle de l'hygiène, de l'assistance de l'assurance et de la préoyance sociales, à la Commission de la mutualité et à celle des travaux publics et de l'agriculture.Il  appartint en autre au comité consultatif des assurances contre les accidents du travail. Son activité fut intense.Il faut citer ses interntions sur  la suppression de l'enseignement congréganiste (1904) la séparation des Eglises et de l'Etat (1905), la corruption dans les opérations électorales, la liberté et le secret du vote.

Briand (Aristide) (Nantes, 1862 ; Paris, 1932),

 
          Avocat de formation, journaliste, il fut le cofondateur, avec Jaurès, du parti socialiste français (1901), qu’il quittera en 1905. Il fut élu député en 1902. J'aurès le poussa à être rapporteur de la commission qui étudiait les propositions de lois concernant la séparation des Eglises et de l'Etat. C'est ainsi qu'il se fit connaître, tenant le projet à bout de bras jusqu'au vote. En tant que ministre de l'instruction publique et (toujours) des cultes  dès 1906, il modifia par 3 fois la loi afin de la rendre applicable malgré le refus du Vatican de constituer des associations cultuelles; ce qui lui valu d'être admiré et detesté par un grand nombre d'hommes politiques. Il fut par la suite 23 fois ministre (18 fois des Affaires étrangères) et 11 fois président du Conseil. Après 1918, il s’attacha à maintenir la paix (accords de Locarno avec l’Allemagne, 1925) et se montra actif à la Société des Nations (le pacte Briand-Kellog, pacte de renonciation générale à la guerre, fut signé en août 1928 par 60 nations). Il reçut le Prix Nobel de la paix 1926 avec G. Stresemann. 
A voté pour la loi de Séparation
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Brisson (Eugène, Henri ) né le 32 juillet 1835 à Bourges (Cher), mort le 13 avril 1912 à Paris


Représentant de la Seine à Assemblée nationale de 1871 à 1876
Député de la Seine de 1876 à 1885
Député du Cher de 1885 à 1889
Député de la Seine de 1889 à 1902
Député des Bouches-du-Rhône de 1902 à 1912
Président du Conseil et Ministre de la Justice de 1885 à 1886
Président du Conseil et Ministre de l'Intérieur en 1898
Président de la Chambre des Députés de 1881 à 1885,
de 1894 à 1898, de 1904 à 1905 et de 1906 à 1912.

    Il appartint à diverses commissions : affaire de Panama , budget, marine, enseignement. Il prit part à de nombreux débats: budgets; la projet de loi tendant à réprimer les menées anarchistes ; le projet de loi relatifs aux demandes d'autorisation formées par les congrégations enseignantes; la proposition de loi sur le contrat d'association; les projets et propositions de loi sur la séparation des églises et de l'État.
    Lors de la crise boulangiste , en 1889, il se montra partisan de la défense républicaine. Il présida avec une parfaite impartialité la commission d'enquête sur l'affaire de Panama en 1893.
    Par deux fois il tenta d'être élu à la présidence de la République. A la tête d'un ministère il eut à se prononcer sur la révision du procès Dreyfus , mais les démissions successives des ministres de la guerre ébranlèrent son Cabinet.
De 1899 à 1902, il soutint la politique de Waldeck-Rousseau et se fit entendre dans les débats sur les projets et propositions de loi concernant le contrat et le droit d'association.
Il se déclara, en dépit de son rôle d'arbitre, partisan des mesures dirigées contre l'Etat-major et le clergé. Farouche défenseur de la laïcité, il se prononça pour la rupture du concordat et contre les congrégations enseignantes.
    Il mourut dans l'exercice de ses fonctions présidentielles au Palais de Bourbon.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et pour la loi de Séparation.

Buisson (Ferdinand , Édouard) né le 20 décembre 1841 à Paris , mort le 16 février 1932 à Thieuloy-Saint-Antoine


Député de la Seine de 1902 à 1914 et de 1919 à 1924

    Issu d'une famille protestante de mœurs austères, fils d'un juge au tribunal de Saint Etienne. Licencié en lettre et agrégé en philosophie, il préfère s'exiler en Suisse plutôt que de prêter serment à l'Empire
Après 1870 il est nommé inspecteur primaire à Paris ;  il sera relevé de ses fonction parce que Monseigneur Dupanloup l'accusera d'avoir manqué de respect à la Bible et en fera un scandale à l’Assemblé nationale.
En 1878, il est nommé inspecteur général et collabore avec Jules Ferry à la préparation des textes qui constitueront le statut de l'école laïque. Il s'efforce d'orienter cet enseignement vers les principes démocratiques et la neutralité religieuse. Il sera l'un des fondateur de la Ligue des droits de l'homme dont il sera le président après la mort de Francis de Pressensé
Membre du groupe radical socialiste il soutint la politique du ministère Combes et présida la commission relative à la séparation des Églises et de l’État .
    Il sera également président de la Ligue de l'Enseignement de 1902 à 1906

A voté pour la loi de Séparation  
Crédit photo : S.H.P.F. - vu sur www.museeprotestant.org


Caillaux (Joseph, Pierre, Marie, Auguste) né le 30 mars 1863 au Mans (Sarthe), mort le 21 novembre 1944 à Mamers (Sarthe)


Député de la Sarthe de 1898 à 1919
Sénateur de la Sarthe de 1925 à 1944
Ministre des Finances de juin 1899 à juin 1902, d'octobre 1906 à juillet 1909 et de mars à juin 1911
Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur et des Cultes de juin 1911 à janvier 1912
Ministre des Finances de décembre 1913 à mars 1914 et d'avril à octobre 1925
Vice-Président du Conseil et Ministre des Finances de juin à juillet 1926
Ministre des Finances de 1er au 6 juin 1935

      Adjoint à l'Inspection général des finances pendant dix ans. Ses convictions s'affirmèrent malgré l'aversion de sa famille aux idées nouvelles. Lors de la crise boulangiste , il se montra particulièrement opposé aux nationalistes et au parti clérical et se félicita même d'avoir pu entraîner son père (ancien ministre) dans le camp des anti-boulangistes.
    Élu en 1898, dans sa profession de foi, il déclare d'emblée : "Je suis profondément républicain non seulement parce que la république est le gouvernement légal du pays, mais aussi parce qu'elle est l'expression  la plus large de la liberté, du droit et du progrès." Fidèle à ces principes, il s'inscrit au groupe des Républicains progressistes (modérés) et devient membre des Commissions des crédits, des colonies et de la législation fiscale. Il a trente-cinq ans. A peine un an plus tard, il sera Ministre des Finances.
    Grand travailleur, grand débatteur, il consacre son activité aux questions fiscales. Il dépose une proposition de loi, présente des rapports. Il se fait connaître et se lie  avec quelques-uns uns des présents et futurs leaders politique de l'époque : Paul Deschanel , Gaston Doumergue , Raymond Poincaré , Louis Barthou , Maurice Rouvier, Théophile Delcassé . Il présente à la commission de législation fiscale un exposé comparatif sur les divers systèmes d'impôts sur le revenu, ce qui lui vaut une notoriété déjà appréciable. Il manifeste sans ambiguïté ses sentiments en faveur de Dreyfus ; ce fils du Ministre de Mac-Mahon se range délibérément parmi les éléments les plus à gauche.
    Ministre des finances de Waldeck-Rousseau , il mènera de nombreuses réformes sans toutefois aller jusqu'à engager les hostilités à propos de l'impôt sur le revenu. Il refusera de travailler avec Combes à qui il reprochera de faire de l' anticléricalisme un programme de gouvernement. Il continuera son œuvre avec Clemenceau , mais le Cabinet chutera sur le problème de l'impôt.
    Il est appelé, par le président Fallières , à constituer un cabinet  qui chutera à cause de la question du Maroc : il se méfie de l'alliance, alors très en vogue, avec la Russie, et manifeste sa sympathie avec l'Allemagne avec laquelle il cherche à conclure un accord. De nouveau Ministre des finances de Gaston Doumergue , il devra démissionner après que son épouse ait tué d'un coup de revolver le directeur du Figaro .
    Ses ennemis politiques utilisèrent ses  sympathies pro- allemandes pour le faire condamner, après la guerre, pour haute trahison. Il du attendre une loi d'amnistie et sa complète réhabilitation pour entrer, toujours aux finances dans le cabinet Painlevé . Il s'efforça de stabiliser les comptes, reniant pratiquement l'impôt sur le revenu et se déclarant cette fois adversaire de l'impôt sur le capital préconisé par les socialistes.
    A la chute du gouvernement, il reprit sa place au sein du groupe de la gauche démocratique du Sénat, mais cette fois à la droite du parti radical. Briand lui demandera une nouvelle fois, en 1926 de prendre le portefeuille des finances. L'hostilité de la gauche provoquera sa chute.
    Il est resté toute sa vie fidèle à la collaboration franco-allemande, tout en ne cachant pas son aversion pour les idées hitlérienne. Il a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain .
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et pour la loi de Séparation.

Carné ( Henri, Jean-Baptiste, Antoine de Coetlogon, marqui de) né le  17 janvier 1834 à Sevignac (Côtes-du-Nord), mort le 23 janvier 1912 au Château de la la Villesblanc en Sévignac (Côtes-du-Nord)

Sénateur des Côtes-du-Nord de 1880 à 1912.

    Elu comme conservateur monarchiste, il siégeau sur les bancs de la droite dont il devint le président en 1903
    Il vota contre les lois sur  la liberté de la presse 1881, contre le rétablissement du divorce 1884,....
 

Carnot François né le 22 février 1872 à Paris, mort le décembre 1960 à Paris.

Député de la Côte-d'Or de 1902 à 1910
Député de la Seine-et-Oise de 1910 à 1914

    Fils du quatrième président de la III° République, Ingénier des Arts et Manufacture
     Inscrit au groupe progressiste, il fut secrétaire de la Chambre (1904 et 1905) , membre de diverses commissions spéciales.  II intervint, notamment, dans le débat sur le projet de loi concernant la séparation des Églises et de l'État ; au nom de quelques
uns de ses collègues, ses amis et lui votèrent le projet « dans un esprit d'entente et d'apaisement » bien qu'il ne leur donnât point
toute satisfaction
    A voté pour la loi de Séparation

Casse (Eugène, François,Germain ), né le 23 septembre à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), mort le 9 décembre 1900 en Avignon (Vaucluse)

Représentant de la Guadeloupe à l'Assemblée Nationale de 1873 à 1876
Député de la Guadeloupe de 1876 à 1889

Castellane  (Boniface, Marie, Ernest, Paul,  comte de) né le 14 février 1867 à Paris, il y meurt le 20 octobre 1932

Député des Basses-Alpes de 1898 à 1910

    Descendant d'une illustre famille, il épousa la fille du "roi" des chemins de fer américains
    Anti-dreyfusard, mais non anti-sémite, il soutenait l'armée. Il critiqua la politique antireligieuse des gouvernements et se prononça contre la séparation des Églises et de État qui était à ses yeux un projet de "destruction de l'Église par État". Ruiné par son divorce, poursuivi pas ses créanciers, il parvint à rembourser ses dettes grâce à ses connaissances artistiques : il revendit cher des meubles et des objets que ses dons d'antiquaire lui faisait découvrir ; il refit même fortune.
 A voté contre la loi de Séparation

Castelnau (Marie,Joseph, Léonce marquis de Curière de) né le 10 juin 1845 à Sainte-Affrique (Aveyron), mort le 29 mai 1909 à Paris

Député de l'Aveyron de 1902 à 1909

    Avocat, ancien bâtonnier il se consacra à la Chambre essentiellement aux questions juridiques. Il combattit vigoureusement la séparation des Églises et de État.
 A voté contre la loi de Séparation

Cazeneuve ( Paul, Jean-Baptiste) né le 10 janvier 1852 à Lyon (Rhône), mort le 30 mars 1934 à Paris:

Député du Rhône de 1902 à 1909
Sénateur du Rhône de 1909 à 1920

    Scientifique, brillant universitaire, il publie plusieurs ouvrages de chimie. Il se laisse attirer par la politique et se présente comme radical. Élu, il déposa de nombreuses propositions de loi dans des domaines où il excellait.
 A voté pour la loi de Séparation

Chabert (Charles, Marie, Baptiste) né le16 décembre 1852 à Saint-Donat-sur-l'Herbasse (Drôme), mort à Saint-Donat-sur-l'Herbasse 30 septembre 1923

Député de la Drôme de 1899 à 1908.
 Sénateur de la Drome de 1908 à 1923.

    Sous-chef de bureau à la direction de la Caisse d'épargne postale, Charles Chabert militait dans les rangs du parti
radical-socialiste et devint ainsi maire de sa commune natale  et conseiller général de là Drôme. Un siège de député s'étant
trouvé vacant dans la deuxième circonscription de Valence, il se fit élire.
    Dans son programme électoral il réclamait l'abrogation de la loi Falloux, se déclarait partisan de l'impôt progressif sur le revenu, de la réduction à deux ans Il service militaire, des lois d'assistance et de solidarité sociales, de la réduction des dépenses, de la protection de l'agriculture et de l'industrie, de l'amélioration des chemins de fer., de la suprématie absolue du pouvoir civil sur tous les autres pouvoirs, du respect de la liberté de conscience et de la laïcité complète de l'État. Inscrit au groupe radical
socialiste  et membres de divers commissions.
    Il soutint constamment la politique des Ministères Waldeck-Rousseau, Combes Rouvier, Clemenceau, et vota notamment la loi sur les associations (1901), la loi interdisant tout enseignement aux congrégations (1904), la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), la loi militaire sur le service de deux ans (1905), la loi d'assistance aux vieillards et aux incurables.
A voté pour la loi de Séparation

Chambrun (Charles, Louis, Antoine, Pierre, Gilbert, Pineton de ), né le 11 juin 1865 à Paris, mort le 24 août 1954 à Marvejols (Lozère)

Député de la Lozère de 1898 à 1933
Sénateur de la Lozère de 1933 à 1941
Délégué à l'Assemblée Consultative provisoire de 1944 à 1945.

    Petit-neveu du Général de Lafayette. Il appartint d'abord, à la chambre, au groupe Républicain progressiste, pour devenir non-inscrit en 1914, puis Républicain de gauche de 1919 à 1928,
Député indépendant de 1928 à 1932, enfin non inscrit de 1932 à 1933. Il siégea dans de nombreuses commissions, notamment celle du droit d'association (1898) et il se fit entendre au cours de la discussion du projet et des propositions de loi concernant le contrat et le droit d'association. Il eut bien d'autres fonctions au cours de ses mandats.
    Le 10 juillet 1940, à Vichy, fidèle à la tradition républicaine des Chambrun, il fut le seul Sénateur à se prononcer contre la révision de la Constitution, et fut du nombre des 80 parlementaires qui refusèrent les pleins pouvoirs au Gouvernement du Maréchal Pétain .
A voté contre la loi sur le droit d'association et contre la Séparation.

Charmes (Marie, Julien, Joseph, François, dit Francis) né le 21 novembre 1848 à Aurillac (Cantal) mort le 4 janvier 1916 à Paris.

Député du Cantal de 1881 à 1885 et de 1889 à 1898.
Sénateur du Cantal de 1900 à 1912.

    Il s'intéressa à la réglementation du travail parlementaire, fit parti de nombreuses Commissions, s'intéressant plus particulièrement aux affaires étrangères.
    Au Sénat, où il siégea à la gauche républicaine, il proposa, dans la discussion de la loi sur les congrégations, que les autorisations demandées fussent données par décrets, mais il n'eut pas gain de cause (1901)
    Le 6 mars 1908, il fut élu membre de l'Académie française, au fauteuil laissé vacant part la mort de Marcelin Berthelot.
A voté contre la loi sur le droit d'association

Chavoix( Jean, Georges, François, dit Henri), né le 28 janvier 1844 à Excideuil (Dordogne), mort le 28 mars  1919 àParis

Député de la Dordogne de 1881 à 1889, de 1890 à 1898, de 1902 à 1910 et de 1914 à 1919.

    Notaire, il siégera sur les bancs de l'Union républicaine
    A eu une très grande activité parlementaire
 A voté pour la loi de Séparation

Cassagnac (Paul, Adolphe de Granier de), né à la Guadeloupe le 2 décembre 1842, mort à Saint-Viâtre (Loir-et-Cher) le 4 novembre 1904

Député du Gers de 1876 à 1893 et de 1898 à 1902

    Catholique ardent, hostile à la politique de ralliement préconisé par Léon XIII, il s'en prend, tant à la tribune que dans son journal L'autorité , au Gouvernement républicain : il avait inventé la théorie du "n'importequisme ", voulant dire que n'importe qui ou n'importe quoi étaient préférable à la République.
    Ses multiples interventions furent toujours véhémentes.
A voté contre la loi sur le droit d'association.

Chabert (Marie, Charles , Baptiste, Alexandre), né le 16 décembre 1852 à Saint-Donat-sur-l'Herbasse (Drôme), mort le 30 septembre 1923 à Saint-Donat-sur-l'Herbasse.

Député de la Drôme de 1899 à 1908
Sénateur de la Drôme de 1908 à 1923

       Militant dans les rangs du parti radical socialiste, il fut élu député avec le programme suivant : abrogation de la loi Falloux ; impôt progressif sur le revenu ; réduction à deux ans du service militaire ; lois d'assistance et de solidarité sociale ; réduction des dépenses ; protection de l'agriculture, du petit commerce et de la petite industrie ; amélioration des chemins de fer ; suprématie absolue du pouvoir civil sur tous les autres pouvoirs ; respect  absolu de la liberté de conscience et laïcité de l'Etat.
    Il demanda, lors de la discussion du budget de la Justice de l'exercice 1901, la suppression des "messes rouges" lors de la rentrée des tribunaux. Il soutint constamment la politique des Ministères Waldeck-Rousseau , Combes , Rouvier, Clemenceau et vota notamment la loi sur les associations (1901), la loi interdisant tout enseignement aux congrégations (1904), la séparation des Églises et de l'Etat (1905), la loi militaire sur le service de deux ans (1905), la loi d'assistance aux vieillards et aux incurables.
 A voté pour la loi de Séparation

Chautemps ( François, Émile ), né le  mai 1850 à Valleiry ( Haute-Savoie), mort le 10 décembre 1918, à Paris

Député de la Seine de 1889 à 1897
Député de la Haute-Savoie de 1897 à 1905
Sénateur de la Haute-savoie de 1905 à 1918
Ministre de Colonies du 26 janvier au 1er novembre 1895
Ministre de la Marine du 9 au 13 juin 1914

    Docteur en médecine venu s'établir à Paris. Candidat républicain radical socialiste aux élections de 1889, il mit en tête de son programme : la révision de la Constitution dans le sens le plus démocratique, par une Assemblée Constituante ; la suppression du Sénat et de la Présidence de la République ; la liberté de la presse, de réunion et d'association garantie par la Constitution ; la suppression du budget des cultes, le retour à la Nation des biens de mainmorte ; la justice gratuite, la magistrature élective ; le droit de l'enfant à l'instruction intégrale (instruction laïque et gratuite ) ; le service militaire obligatoire pour tous ; la substitution progressive des milices nationales aux armées permanentes ; etc.
    En matière économique, il réclamait la suppression des octrois et des taxes de consommation,
l'impôt unique et progressif sur le revenu, la révision des contrats ayant aliéné la propriété publique   (mines, canaux, chemin de fer ) ; la création d'une caisse de retraite pour les vieillards et les invalides du travail, le droit à l'assistance pour toute personne incapable de travailler ; la suppression de l'intervention du patron dans l'administration de Caisses ouvrières ; la réorganisation de la Banque de France, le crédit au travail, etc.
    Il participa à de très nombreux débats et prit l'initiative de nombreuses propositions de loi. Il
resta fidèle toute sa vie au groupe radical-socialiste. Au Sénat, il était inscrit au groupe de la gauche démocratique. Il était le père de Camille Chautemps.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association.

Chauveau (Frank, Joseph, Charles ) dit Franck-Chauveau, né le 1er septembre 1846, mort le 30 mars 1921.

Député de l'Oise de 1876 à 1885
Sénateur de l'Oise de 1888 à 1906

    Il fut secrétaire, puis vice-président du Sénat. Il intervint dans de nombreux débats. Il vota contre le général Boulanger et prit, en 1896, l'initiative de la résistance au Ministère de Léon Bourgeois , dont l'hostilité du Sénat provoqua la chute.
A voté contre la loi sur le droit d'association

Chauvière (Emmanuel, Jean, Jules ), né le 13 août 1850 à Gand (Belgique), mort le 2 juin 1910 à Paris.

Député de la Seine de 1893 à 1910.

    Né en Belgique de parents français (son père était directeur des travaux du chemin de fer d'Alost à Gand) Emmanuel Chauvière travailla d'abord comme correcteur d'imprimerie, mais installé à Paris, débuta de fort bonne heure dans l'action politique. En 1868, disciple de Blanqui , il prit part à la manifestation Baudin , et fut condamné à un mois de prison pour blessure à agent ; en 1869, il eut une nouvelle condamnation à six mois de prison pour avoir prononcé un discours contre le gouvernement impérial, mais fut amnistié le 15 août.
    Sergent-major des francs-tireurs de l'Ile-de-France pendant le siège de Paris, il fut, après l'armistice, garde national au 82è bataillon. Secrétaire du général de la Commune Duval, qui fut pris les armes à la main, le 4 avril 1871, au plateau de Châtillon, il fut condamné à cinq ans de prison et cinq ans de surveillance, mais réussit à gagner la Belgique. A Bruxelles, il exerça des professions diverses, fonda le journal Les droits du Peuple, et organisa l' Association des Cercles réunis . Lors de l'amnistie, il revint à Paris et trouva une place à l'Imprimerie Nationale. Il fonda l' Association des chevaliers du travail et collabora au Cri du Peuple, à La Lanterne, à l'Homme libre , à La petite République.
    Il retourna en Belgique pour y propager les idées socialistes ; il en fut deux fois expulsé.
Son programme de candidat à la députation se résumait ainsi : " Triomphe de la République en Europe avec ses conséquences ; décentralisation administrative, autonomie de la Commune, sauf pour tout ce qui peut nuire à l'unité nationale ; intervention de l'Etat en faveur des essais d'émancipation des socialistes et des républicains, partout où ces efforts se produisent ; Etats-Unis d'Europe ; armement général du peuple, bataillons d'adultes, suppression des armées permanentes ; organisations régionales et communales des milices ; permanence des cadres utilisés à des opérations administratives ou à des travaux publics ; liberté absolue d'association ; laïcisation absolue partout et en tout ; droit commun pour tous ; mandat impératif inscrit dans la loi ; toute-puissance des assemblées primaires légalement autorisées. Utilisation du privilège financier de la Chambre pour réduire le Sénat ou application du référendum libre pour connaître le sentiment des citoyens électeurs."
    Inscrit au groupe des socialistes révolutionnaires, il appartint à diverses Commissions et manifesta une grande activité en faveur de la classe ouvrière.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et pour la Séparation.

Chenavaz (Octave, Pierre, Léonce), né à Saint-Etienne-de Saint-Geoirs (Isère), le 15 juillet 1855, mort à Paris le 6 juillet 1912.

Député de l'Isère de 1895 à 1910

    Son père était Notaire et Conseiller Général. Il fit de sérieuses études juridiques, s'inscrivit au barreau de Grenoble puis devint attaché au Parquet. Il deviendra, en 1886, attaché au Ministre du Commerce.
    Comme son père il se fait élire conseiller général de l'Isère et ses compatriotes le portent à la Mairie de son village natal en 1992. Il sera élu député après plusieurs tentatives infructueuses.
Républicain radical anticlérical, il inscrivit dans son programme, outre la consolidation de la République démocratique, une protection efficace de l'agriculture, l'institution d'un impôt général et progressif sur le revenu, la séparation des églises et de l'Etat.
    Il se montra particulièrement ardent dans la lutte anticléricale.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et pour la Séparation.

Clamageran (Jean-Jules), né le 29 mars 1827 à la Nouvelle-Orléans (Etats-Unis), mort le 4 juin 1903 à Limours (Seine-et-Oise)

Sénateur inamovible de 1882 à 1903
Ministre de Finances du 6 avril 1885 au 7 janvier 1886

    Juriste et économiste, il est né à la vie politique avec la République de 1848 et fit au régime impérial une opposition d'autant plus résolue que son patriotisme était désintéressé et qu'il sentait que la perte de la liberté conduirait un jour à la catastrophe.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association

Clemenceau (Georges, Eugène, Benjamin), né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), mort à Paris le 24 novembre 1929.

Représentant de l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876
Député de la Seine de 1876 à 1885
Député du Var de 1885 à 1893
Sénateur du var de 1902 à 1920
Ministre de l'Intérieur du 14 mars au 19 octobre 1906
Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur du 25 octobre 1906 au 20 juillet 1909
Président du Conseil, Ministre de la Guerre du 16 novembre 1917 au 18 janvier 1920

    Issu d’une famille de la bourgeoisie vendéenne de tradition républicaine, Georges Clemenceau fait des études de médecine, séjourne de 1865 à 1869 aux États-Unis avant d’entrer véritablement dans la carrière politique. Maire de Montmartre en septembre 1870, puis du XVIIIe arrondissement, il est élu le 8 février 1871 député à l’Assemblée nationale, y siège à l’extrême gauche et en démissionne pendant la Commune. La même année, il devient conseiller municipal, puis président du conseil municipal de Paris en 1875. Il est élu député dans le XVIIIe arrondissement en 1876 sur un programme comportant : suppression de l’état de siège, instruction primaire obligatoire et laïque, séparation des Églises et de l’État. Après 1877, il se sépare des opportunistes et dirige le petit groupe d’extrême gauche d’où sortira le Parti radical. La violence de ses discours et l’adresse de son intelligence font de lui un "tombeur de ministères" : celui de Gambetta , puis celui de Ferry , au nom du patriotisme intégral contre la politique coloniale. Il fonde un journal : La Justice. À partir de 1885, il représente le Var à l’Assemblée. Il soutient la carrière politique du général Boulanger à ses débuts. À la fois autocrate et libertaire, il multiplie les mots et les duels. En 1893, il est battu aux élections après avoir été impliqué dans le scandale de Panamá . Éditorialiste à L’Aurore, le 12 janvier 1898 il y publie la lettre de Zola "J’accuse", à propos de l’affaire Dreyfus . En 1902, le Var l’envoie au Sénat, qu’il a violemment combattu : "Le Sénat [...] c’est la résistance au mouvement, l’immobilité, la réaction". Dans le cabinet Sarrien (1906), il est ministre de l’Intérieur.
La même année, le "Jacobin" Clemenceau accède à la présidence du Conseil et appelle à son gouvernement le socialiste indépendant Viviani pour qui il crée le ministère du Travail chargé d’appliquer une série de réformes dans le sens de la justice sociale (limitation du temps de travail, assurance vieillesse). Le nouveau président a un vaste plan de réformes pour tous les secteurs de la vie nationale, et il est appuyé par une écrasante majorité du Bloc des gauches à la Chambre. Mais la C.G.T., où les "révolutionnaires" viennent de triompher des "réformistes", suscite contre lui une vague de grèves. Celui qui s’est proclamé le "premier des flics" ne supporte pas cette agitation et la réprime durement. Vignerons du Midi, instituteurs, fonctionnaires, armée protestent à leur tour, et les socialistes se désolidarisent des radicaux qui rendent leur chef responsable de cette cassure. Ne voulant ni se rapprocher de la droite, ni pratiquer la politique demandée par la gauche, et brouillé avec Jaurès qui est devenu le porte-parole de celle-ci, Clemenceau, muré dans son intransigeance, est renversé en juillet 1909 par ceux qu’il appelait avec mépris les "muets du sérail" (radicaux).
    Il entre en 1909 dans l’opposition, aux côtés de Caillaux et de Briand . Il fonde un nouveau journal, L’Homme libre, qui devient bientôt L’Homme enchaîné, et dans lequel il combat tous les gouvernements qui se succèdent jusqu’en 1917. Mais, le 16 novembre 1917, il prend la direction du gouvernement et "fait la guerre". Sa popularité est immense et, pour une génération d’hommes, il incarne l’histoire même de notre pays. À la chute du cabinet Painlevé , Poincaré fait le "choix inévitable" de celui dont le programme se résume en une phrase : "Je fais la guerre". Churchill, qui était présent le jour de la présentation de son gouvernement à la Chambre, écrira : "Tout autour de lui était une assemblée qui eût tout fait pour éviter de l’avoir là, mais qui, l’ayant mis là, sentait qu’elle devait obéir."
    L’Action française soutient celui qui est maintenant, pour elle, le vieux chouan. La S.F.I.O. le redoute depuis qu’elle l’a connu ministre de l’Intérieur et briseur de grèves. Monarque pour les uns, comité de salut public pour les autres, Clemenceau entreprend la lutte sur le front de l’intérieur comme de l’extérieur. Malvy qui, comme ministre de l’Intérieur dans les précédents cabinets, s’était solidarisé avec les manifestations défaitistes, est banni sous l’accusation de forfaiture ; Caillaux est lui aussi emprisonné pour avoir "parlé" avec les Allemands. Clemenceau visite le front, soutient le moral des troupes, se bat avec les Alliés pour imposer aux armées le commandement unique de Foch, défend encore celui-ci devant la Chambre lors de la dernière contre-offensive en été 1918. La suprématie du civil sur le militaire, c’est lui et lui tout seul et, s’il a des comptes à régler avec ses généraux, il le fait loin des oreilles parlementaires. Le "Tigre" est devenu le "Père la Victoire".
    Le 11 novembre 1918, il donne lecture à la Chambre de la convention d’armistice. Il y est acclamé, et les députés proclament qu’il a "bien mérité de la patrie". Président de la Conférence de la paix, il s’oppose souvent à Wilson et à Lloyd George. Pour Clemenceau, l’Allemagne doit payer, réparer, restituer. Il faut démanteler cet ennemi héréditaire. Mais, si Clemenceau obtient la restitution de l’Alsace-Lorraine, il échoue pour la rive gauche du Rhin, ne reçoit pour la Sarre qu’une concession provisoire. Et si le principe des "réparations" est retenu, le montant n’en est pas fixé.
    Clemenceau semble avoir compté sur la garantie américaine pour maintenir le nouvel équilibre européen imposé par le traité de Versailles. Sa renommée est alors universelle. En 1920, la coalition des habiles et des inquiets, autour de Briand, l’écarte de la présidence de la République. Clemenceau présente la démission de son gouvernement le 18 janvier 1920. Il quitte la scène politique et se retire dans son village de Vendée, après une présence politique qui a marqué un demi-siècle.

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Cochin (Denys, Pierre, Augustin, Marie ), né à Paris le 1er septembre 1851, mort à Paris le 24 mars 1922

Député de la Seine de 1893 à 1919
Ministre d'Etat de 1915 à 1916
 Sous-secrétaire d'Etat aux affaires étrangères (Blocus) de 1916 à 1917

    En 1870, il s'engagea, fut nommé porte fanion de Bourbaki dans la campagne de l'Est. Après la guerre, il passa une licence ès lettres et une licence en droit. Il chercha longtemps son chemin. Bien qu'il accordât la prééminence à la science et à la philosophie sur la politique - "La politique, écrivait- il, me paraît la servante des autres œuvres de l'intelligence humaine, un Colbert me fait l'effet d'un respectable et utile intendant chargé de tenir convenablement la maison où travaille un Descartes"- il jugea de son devoir de se lancer dans la mêlée pour défendre les grandes cause qui lui étaient chères. Mais le mandat politique fut pour lui un moyen et non une fin et il n'accepta jamais la moindre compromission. Après des échecs en 1877 puis de 1885 il aurait pu devenir député en 1889 s'il ne s'était ouvertement déclaré adversaire de l'alliance des conservateurs avec le boulangisme qu'il jugeait menaçante pour les libertés parlementaires. Ses méditations le conduisirent un jour à considérer la monarchie parlementaire comme le meilleur système pour assurer le libéralisme pratique. Il se classa donc dans l'opposition de droite, mais il se sentait incapable de faire une opposition systématique à la république s'il la jugeait gouvernée par des hommes modérés, libéraux et intègres. Il concevait la politique non comme un duel de personnalités, mais comme un duel d'idées et il savait rendre justice à ses adversaires quand ils soutenaient des thèses ou prenaient des décisions qu'il trouvait justes.
     Il intervint pour le développement des sciences et de leur enseignement, déposa entre autre, une proposition tendant à l'abolition de l'esclavage à Madagascar (1896). Il aborda à la tribune tous les grands problèmes du moment et fut l'un des orateurs les plu écoutés de la droite libérale : politique étrangère, spécialement les question d'Orient, défense de l'église, des congrégations religieuses et des libertés scolaires. Certains de ses discours eurent de grands retentissements : sur les massacres en Arménie , sur le statut de la Crête , sur les affaires marocaines. dans la querelle religieuse, s'il fut toujours d'une intransigeance absolue sur les principes et s'opposa vivement aux cabinets Waldeck Rousseau et Combes , toute surexcitation des passions lui déplaisait.
     Il fut élu membre de l'Académie française en 1911 où il succéda à Albert Vandal.
A voté en faveur de la loi sur le droit d'association et contre la Séparation.

Cochin (Henri, Denis, Benoist, Marie), né le 31 janvier 1854 à Paris, mort le 9 décembre 1926 à Paris

Député du Nord de 1893 à 1914

    Il s'engagea à 17ans, en 1871,  pour la défense de Paris, puis participa à la répression de la Commune . Licencié en droit et en lettres, il fut attaché à la direction de la presse au Ministère de l'Intérieur dans le troisième Cabinet de Broglie , dit Ministère du 16 mai , il démissionna de cet emploi lorsque le Gouvernement fut contraint de se retirer après les élections d'octobre 1877.
A voté contre la loi sur le droit d'association et contre la Séparation.

Codet Jean , Julien, Augustin né le 24 juillet 1852 à Saint-Junien (Haute Vienne), mort le 10 octobre 1920 à Brides-les-Bains (Savoie)

Député de la Haute-Vienne en 1881 (invalidé) puis de 1883 à1885 et de 1893 à 1909
Sénateur de la Haute-Vienne de 1909 à 1920

    Après ses études de droit, il entra dans l'administration préfectorale qu'il quitta pour s'engager dans la grande industrie papetière, puis dans la politique.
        Affirmant qu'il n'était le candidat d'aucune coterie et faisant appel à tous les républicains sincères, il se prononça pour l'application du programme réformiste tracé par Léon Bourgeois au nom du parti démocrate progressiste.
    Son activité parlementaire fut intense : rapportant plusieurs lois en discutant plusieurs autres. Il soutint fidèlement le Ministère Waldeck-Rousseau et vota la loi sur les associations dont il en demanda la modification en 1902 en déposant une proposition de loi.
    En 1905, il fut l'un des auteurs des amendements qui firent mettre gratuitement et pour une durée illimitée à la disposition du culte
    Au Sénat, où il siégea à la gauche démocratique, il fut tout aussi actif en intervenant sur les retraites ouvrières et paysannes, l'impôt général sur le revenu .....
A voté pour la loi de Séparation

Colin (Maurice, Pierre) né le 11 janvier 1859 à Lyon, il y meurt le 9 septembre 1920

Député d'Alger de 1902 à 1912
Sénateur d'Alger de 1912 à 1920

    Agrégé en droit, il est l'auteur d'importants travaux de jurisprudence. Élu contre M. Édouard Drumont ( député sortant), il s'inscrit au groupe de l'union démocratique et fut membre de divers commissions ( dont celle de la réforme judiciaire). Il se disait républicain sans autre épithète et déposa plusieurs propositions de loi
    En tant que sénateur il s'inscrivit à l'union républicaine. Il parla en 1919 de l'accession des indigènes algériens aux droits politiques. 

A voté pour la loi de Séparation  

Combes (Émile, Justin, Louis ), né le 6 septembre 1835 à Roquecourbe (Tarn), mort le 24 mai 1921 à Pons (Charente-Inférieure)


Sénateur de la Charente-Inférieur de 1885 à 1921
Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-arts et des Cultes

du 1er novembre 1895 au 23 avril 1896.
Président du Cons