L'anticléricalisme est un sentiment très ancien, mais, quand l'Église, après avoir béni les arbres de la Liberté planté par la Révolution de 1848, a trahi la République en célébrant par un Te Deum le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, il a été clair, pour des Républicains, qu'il fallait séparer l'Église de l'État. Mais il a fallu attendre 1869 pour que Gambetta formalise ce sentiment dans le Programme de Belleville.
La Chambre qui fut élue à la chute de l'empire fut majoritairement monarchiste, mais celle qui lui succéda en mars 1876 fut majoritairement républicaine, et dès le mois de novembre, au moment du vote du budget des cultes, sa suppression fut demandée. Il en sera ainsi pendant 30 ans, et les présidents du conseil devaient soutenir ce budget parce qu'il était dû par le Concordat. En 1887, cela fut fut reproché à René Goblet qui avait mis la Séparation dans son programme électoral de député. Il répondit qu'il doutait que ce sentiment fut partagé par la majorité du pays "...Faites cette propagande dans le pays comme je l'ai faite moi-même, et le jour où vous aurez la majorité dans le pays, vous l'aurez dans la Chambre, et vous ferez la séparation". Il leur dit ceci après avoir expliqué que les cultes continueraient de toute façon d'exister et que pour qu'ils puissent s'organiser il fallait d'abord faire une loi sur les associations.
En 1903, après que Combes eut succédé
à Waldeck-Rousseau, on entendit un autre discours :
"M. la président
du conseil. .... Je disais que notre société ne peut se
contenter des simples idées morales telles qu'on les donne actuellement
dans l'enseignement superficiel et borné de nos écoles primaires.
(Bruit à l'extrême gauche. - Vive approbation au centre.)
Pour
que l'homme puisse affronter les difficultés avec ces idées,
il faut les étendre, il faut les élever, il faut les compléter
par un enseignement que vous n'avez pas encore créé et que
vous devez créer avant de songer à répudier l'enseignement
moral qui a été donné jusqu'à présent
aux générations. (Interruptions à l'extrême
gauche - Applaudissements au centre et à droite.)
Quand
nous avons pris le pouvoir, bien que plusieurs d'entre nous fussent partisans
théoriquement de la séparation de l'Église et de l'État,
nous avons déclaré que nous tiendrions sur le terrain du Concordat.
Pourquoi ? Parce que nous considérons, en ce moment, les idées
morales telles que les Églises les donnent - et elles sont les seules
à les donner en dehors de l'école primaire - comme des idées
nécessaires. (Vives réclamations à gauche et à
l'extrême gauche.- Applaudissements au centre et à droite. -
Mouvement prolongé)
..............
J'aspire
comme vous tous, du côté gauche de cette Chambre à l'époque
que je voudrais prochaine, que je voudrais même immédiate, mais
que la constatation de l'état présent m'oblige à ajourner
quelque temps, où la libre pensée, appuyée sur la doctrine
de la raison, pourra suffire à conduire les hommes dans la pratique
de la vie. (Interruptions à gauche)
.............
Tant
que le moment n'est pas venu, vous ne pouvez du jour au lendemain faire, par
un simple vote, de la société actuelle, une société
solidement assise sur les principes de la raison. Vous ne le pouvez pas;
(réclamations et interruptions sur divers bancs à gauche et
à l'extrême gauche) C'est une question de pratique (Applaudissements
au centre et sur divers bancs.)
Oui,
c'est une question de pratique ; ce n'est pas entre nous une question de doctrine
puisque, du côté de la doctrine, je suis en communion avec
vous.
.........
Le budget fut voté, mais, selon un rapport
de police, la discussion du budget des Cultes et le discours de M. Combes
faisaient en fin de séance l'objet de toutes les conversations. Les députés d'extrême-Gauche
ne décoléraient pas et criaient tous à la trahison du
Ministère. "A partir d'aujourd'hui, disait le rapport de police, on
peut s'attendre à de grosses surprises, car il y a quelque chose de
changé dans la majorité."
Toujours selon les rapports de police, "Dans les milieux socialistes on
s'attendait à ce que M. Pelletan démissionne bruyamment. Mais
on s'attendait aussi à un accord temporaire ; que la lutte contre les
Congrégations soit achevée ; puis la majorité abandonnerait
M. Combes, car elle estimait que rien ne pouvait effacer les déclarations
faites sur les idées religieuses". - "Les radicaux socialistes étaient
plus intransigeants que les collectivistes ..." Ils reprenaient le mot de
Gambetta, "il faudra se soumettre ou se démettre "
Monsieur Combes était également ministre
de l'intérieur .... et des cultes. Les rapports de la Sûreté
générale de ce qui se disait dans les couloirs de l'Assemblée
arrivaient sur son bureau; comme sur tout bureau du Ministre de l'Intérieur.
Il en profitait pour modeler son mode de gouvernement Il laissait
entendre "qu'il n'était
pas de ces chefs de Gouvernement qui ont la prétention d'entraîner
des majorités après eux ; mais au contraire, il se laissait
guider par la majorité républicaine". Il pouvait
ainsi anticiper les désirs des députés, les "caresser
dans les sens du poil" et, ayant une majorité instable, éviter
de se faire renverser. Joseph Caillaux, dans ses mémoires, écrit : Rouvier prit, en effet, le gouvernement
en janvier 1905. Avec son courage ordinaire il proclama tout de suite son
intention de rompre avec quelques-unes des pratiques de prédécesseur,
avec les fiches du ministère de la Guerre, l'institution
bizarre des délégués ( Les délégués
dont je crois qu'on a beaucoup exagéré le rôle et le nombre,
étaient des citoyens sans mandat d'aucune sorte imaginés sous
le ministère Combes et chargés, dans les communes administrées
par les adversaires du gouvernement, d'informer les autorités
administratives qui les choisissaient. En résumé, des "observateurs
de l'esprit public ...".). ...
Le ministère Combes ne "tombera" que près
de deux ans plus tard, alors que , dès ce moment-là, ou plutôt
un mois après, le nom de Rouvier, qui lui succédera, était
prononcé pour le remplacer .... bien d'autres suivront !
C'est Jaurès qui présidait ce jour là la Chambre.
Combes s'était montré "spiritualiste"
à la Chambre. Il s'opposa dans les jours qui suivirent avec le Vatican
à propos de la nomination d'évêques. Le Concordat stipulait
que le gouvernement français nommait les évêques auxquels
le pape donnait son investiture canonique. Le Saint-Siège ayant refusé
l'investiture de plusieurs évêques, "Tros bons Français"
selon Combes, ce dernier en fut très irrité et le 20 mars,
devant le Sénat il menaça "si ces incursions anticoncordataires
sur un terrain défendu" ne cessait pas, de la rupture des liens entre
l'Etat et l'Eglise. Ces paroles durent rassurer les radicaux du Parlement.
Il invita les évêques à fermer les chapelles ouvertes
sans autorisation et à mettre fin aux prédications extraordinaires
dans les églises. Ce fut l'occasion de bagarres dans quelques églises
de Paris où les libres penseurs vinrent interrompre ces prédications
(voir plus loin)
Le 25 mars 1903, le journal l'Action naissait. C'était un quotidien "Républicain, anticlérical et socialiste" Il disait, dans son premier numéro, continuer l'hebdomadaire La Raison pour donner la parole à toutes les opinions républicaines dans la libre pensée. "Nous voulons écarter toutes les basses jalousies et mesquines querelles d'individus et de partis pour ne songer q'au triomphe du Peuple par la Raison". Y ont écrit : G. Clemenceau; Ferdinand Buisson; René Viviani; Marcel Sembat; Gustave Hervé; Maurice Allard; Victor Augagneur; Albert Bayet; ...
C'est ce journal qui organisa les rassemblements du 17 mai suivant pour demander la séparation des Églises et de l'État. Les journaux parisiens, dans leur ensemble, n'en décomptèrent qu'une quarantaine.
Entre temps, M. Francis de Pressensé avait déposé, le 7 avril 1903, une proposition de loi tendant à la séparation des Églises et de l'État. La structure du texte devait servir de modèle à ceux qui suivront.
Dans sa proposition de loi, M.
Hubbard déclare qu'il y eu, le dimanche 17 mai, plus de mille
réunions tenues à la veille du débat de la Chambre
. C'est difficile à vérifier. Il y a , dans cette affirmation,
certainement un effet de manche ; un certain emballement. Les rapports
de police furent silencieux à l'exception du rapport sur le correspondant
parisien du "Courrier de Hanovre" qui rapportait que les récents incidents
religieux avaient pour cause les agissements de l' "Action".
Voici des extraits de l'Action
qui peuvent donner une idée plus juste de ce qui s'est passé
: C'est ce journal qui était l'organisateur et les autres journaux
parisiens en parlèrent peu, ou pas du tout.
Samedi 16 mai 1903
La séparation des Églises et de l'État.
MANIFESTATION DU 17 MAI
Plus de deux cents Conférences
Un appel de l'Association
Nationale des Libres penseurs de France. - La Libre Pensée en
marche.
Magnifique résultat en dix jours. - Le vœu de tout un peuple.
- Les cléricaux ont peur.
Prières publiques contremandées. - La police protège
la religion
Les
libres penseurs, par cette première mobilisation compteront une partie
de leurs forces.
La réponse
a été admirable, à l'appel de l'Association nationale
des Libres Penseurs de France. Et quelles proportions eût prise ce mouvement,
si nous avions eu des orateurs à envoyer dans plus de 300 villes ou
villages qui demandèrent, par un flot de lettres, de télégrammes,
l'un des nôtres. Mais notre liste de conférenciers est encore
en formation. Nous la ferons vite plus nombreuse.
Quels
que soient les mécomptes de nos amis, la manifestation sera significative.
Elle indiquera, du moins, ce que bientôt nous pourrons, avec une plus
longue préparation et des dévouements qui vont se multiplier.
car l'élan est donné : la Libre Pensée, vraiment, est
en marche.
Les
cléricaux l'ont bien compris. Ils ont vu, dans ce commencement d'organisation,
la menace décisive.
Cette
fois, on passe des discours aux actes. Et cela est mauvais pour la Calotte
!
Ah !
si le gouvernement osait nous soutenir !... Si M. Combes voulait entendre
le vœu de tout un peuple qui demain le soutiendra. S'il voulait prendre
cette responsabilité et s'assurer l'honneur d'un tel service rendu
à la République : séparer l'Église de l'État
!
Voici la liste des conférences et conférenciers,
telle que nous avons pu la former :
| Agde, Libre Pensée ................... Dupré | Levallois (Seine), Groupe républicain ................................ J.B. Morin | Riberac, Loge ............................ Félicien Paris |
| Aigues-Vives, Libre Pensée ..... Marie Murjas | Lille, Libre pensée ..... G. Hubbard | Roanne, Libre Pensée ..............Henri Arnouki |
| Amfreville-la-Mi-Voie, Groupe républicain .................... Ernest Lepez | Lillebonne (Seine-Inférieure), Libre Pensée ......................... Raoul Fauconnet | Rouen, Groupe de Libre Pensée et Union socialiste ........................................ Ch. Dumont |
| Amiens, Libre Pensée, .............. Dejeante | Limoges, Groupe républicain ...Gustave Tery | Saintes, Groupes rép. .................A. Bourceret |
| Anduze, Groupe républicain,
lundi 18 ........................ Ernest Girault |
Lyon, Comités républicains
...... Ferdinand Buisson .............F. de Pressensé |
Saint-Amand, Libre Pensée..... Henri Chateau |
| Angers, Groupe "Germinal", .... P. Renaudel | Meulan, Loge Maçonnique ....... Dr. Meslier | Saint-Bent, (Haute-Saône), Libre Pensée .....................................................................Soule |
|
E. Wieme Argenteuil, Libre pensée ..V. Depoix A. Peckstadt |
Miradou (Gers), P.O.S.R. .............. Th.
Cordé ............................................... A. Willm |
Saint-Chaptes, Libre pensée ..............Poisson |
| Aubervilliers, Libre Pensée.
................................. Albert Crémieux |
Montelimar, Libre Pensée ... Charles Vallier | Saint-Etienne-du-Rouvray .................. Trochet |
| Bar-sur-Seine, Groupe rép .... Paul Meunier | Morlaix, Libre Pensée ............ Yves Le Febvre | Saint-Hyppolyte-du-Fort, Libre Pensée .................................................................... Pastre |
| Beaumont (S.et O.) Groupe d'Étude sociale
........................... A. Levasseur |
Moulins, Libre Pensée ........... B. Guinaudeau | Saint-Nazaire, Libre Pensée
lundi 18 ................................. Laurent Tailhade |
| Besançon, Fédération de la Libre Pensée .................................................... Ch. Beauquier | Nançy, Libre Pensée et Université Populaire ........................................... Victor Charbonnel | Saint-Ouen, Groupes socialistes
samedi 16 ..... Dr Meslier Mme Maria Vérone |
| Bolbec, Libre Pensée ........... Raoul Fauconnet | Nantes, Libre Pensée ........ Laurent Tailhade | Saint-Pourçain (Allier), Libre Pensée
samedi 16 ................................... B. Guinaudeau |
| Boulogne-sur-Mer,Action démocratique et sociale ...... Edouard Delesallo et Maurice Monier | Nemours (Seine et Marne),............... Girod | Saumur, Libre pensée .................... L.A. Lichy |
| Brest, Libre pensée .................. Dr. Loisel | Nîmes, Libre Pensée ...............Ernest Girault | Tours, Comités républicains ......... L. Lafferre |
| Chartres, Libre Pensée ............ G. Lhermitte | Notre-Dame-de-Franqueville ... Ernest Lapez | Triel (Seine-et-Oise) ...................... E. Breuzin |
| Clermont-Ferrand, Ligue des droits de l'Homme ...................................... Delpech | Nouzon (Ardennes),Libre pensée .
................... Albert Poulain et Maria Vérone |
Troyes, Groupes socialistes.. Maxence Roldes |
| Dieulefit (Drôme), Libre Pensée ................................................... Charles Vallier | Pacy-sur-Eure, Loge Maç. ...... Paul Fleurot | Valenciennes, Libre Pensée ... Em. Chauvière |
| Elbeuf, Libre Pensée ................. Gustave Kahn | Paris (4°) Libre Pensée de l'Imprimerie nationale ............................. A. Thomas | Versailles, Groupe répub. .. Maurice Verries |
| Grand Combe, Libre Pensée .......... Eroux | Paris Parti socialiste de France, section du 11° ........... Faberot, Garaud, Gelez, Toussaint | Vesoul, Libre pensée ....... Gustave Schneider |
| Grenoble, Libre Pensée "la Raison" .... Zévaès | Persan, Université populaire
Samedi 23 ................. Urbain Gohier |
Vienne (Isère), Libre pensée
. ................................................. Charles Vallier |
| Laon, Libre Pensée ........ Félix Gaborit | Reims, Libre pensée ....Ch. Arnould
....................... Henry Bérenger |
Voulx (Seine-et-Marne) ............... Noël Reybar |
| Le Havre, Libre Pensée ................. Allemane | Reuilly (Indre) Libre Pensée ................Dufour |
***********
Agréez, ....
Le préfet du Puys-de-Dôme avait donc demandé au maire de Clermont-Ferrand d'interdire la procession du 17 mai à laquelle devait assister le cardinal évêque de Lyon, l'évêque de Gap et de Digne
M. Andrieu, évêque de Marseille, avait repoussé au 24 les prières publiques qui devaient avoir lieu le 17 et ce à cause d'une "manifestation socialiste et anticléricale."
Ces
manifestations étaient, en outre, une réponse aux prières
publiques considérées comme des provocations du clergé.
Elles se passèrent généralement dans le calme, mais
il y eu parfois des incidents violents provoqués, selon "La Croix"
par des "Apaches à la solde des Francs-maçons"....
Voici le compte rendu qu'en fit
l'Action dans ses numéros daté des 18 et 19 mais
1903, peu différent, dans les faits, de ce qu'avaient écrits
les autre journaux, mais beaucoup plus détaillé .......
L'AGITATION CONTRE L'ÉGLISE
Grande Journée de Libre Pensée
MANIFESTATIONS IMPOSANTES
Pour la séparation
des Églises et de l'État. - Les incidents de Paris.- A l'église
de Belleville.- A Plaisance. -
Provocations et violences
cléricales. -Les ordres du jour. - Le peuple le veut !
La Grande Journée de la Libre Pensée a été un succès immense. Plus de 200 réunions ont été tenues dans la France entière, dans un calme qu'ont seules pu troubler quelques provocations cléricales. Cette première mobilisation des forces libres penseuses, nouvellement organisées, est la plus puissante menace qui ait jamais été dressée contre l'Église. Désormais, c'est la lutte suprême. Il faut que nous ayons raison de l'Ennemi, de l'Infâme, enfin !
LA JOURNÉE DES "APACHES NOIRS"
La matinée et l'après-midi
à Paris. - A Plaisance et à Saint-Pierre de Montmartre.
Les incidents de Belleville.
- Dix blessés. - Nombreuses arrestations.
Les "Apaches rouges" opéraient hier en province.
Les "Apaches noirs" ont cru le moment propice pour opérer à
Paris.
Les cléricaux nous avaient même défiés.
Ils avaient annoncé que le père Albert, jésuite comme
le fougueux Coubé, devait parler à huit heures du soir, en
l'église Notre-Dame-de-Plaisance et que nous n'irions pas. Ils savaient
bien que nous ne pouvions nous rendre en nombre à ce rendez-vous puisque
nous en avions donné d'autres aux quatre coins de la France.
Précautions de
la préfecture et d'ailleurs
Quelques-uns de nos amis étaient demeurés
à Paris, tandis que la bande noire s'y était mobilisée
tout entière. Le courage des pleutres de sacristie était fait
surtout de notre faiblesse. Et puis, il savent aussi, les frocards, qu'ils
peuvent toujours compter sur la police.
C'est autours des églises de Belleville et de
plaisance, surtout, que leur audace s'est manifestée.
Tous les journaux anti-républicains, depuis la
Croix jusqu'à la Vérité Française,
en passant par le Journal des Débats, semblaient
avoir pris à cœur d'attirer en ces coins sombres ceux des républicains
que la province n'avait pas séduits. Dans l'espoir ( ou dans la crainte
- car les cléricaillons ne sont jamais rassurés) qu'ils répondissent
à la provocation, des mesures d'ordre extraordinaires avaient été
prises par M. Lépine, préfet de la police des mœurs et des curés.
Celui-ci avait adressé aux commissaires l'ordre
suivant:
En prévision des désordres qui pourraient
se produire dimanche dans les églises, veuillez vous tenir en permanence
dans votre commissariat durant toute la durée des offices.
Si vous êtes de service de théâtre
en matinée, à l'heure des vêpres, assurez ce service,
mais gardez votre personnel du commissariat.
Devant chaque église des gardiens de la paix occupaient
les angles des trottoirs ; des cyclistes se tenaient en permanence.
La matinée
La matinée a été assez calme. dailleurs
la pluie qui est tombée en averse avait quelque peu refroidi l'insolence
de "ces messieurs"
Toutefois, les jeunes gens du patronage Notre-Dame-de-Plaisance
avaient gardé assez d'arrogance pour provoquer des incidents autour
de cette église.
Nous étions là ce matin. Le service était
dirigé par l'abbé Soulange-Bodin "le doux géant" sur
lequel s'extasient les bonnes âmes. La porte principale de l'église
avait été fermée. On entrait par les côtés.
Des dévotes et des dévots - la boutonnière fleurie
d'un insigne spécial - occupaient toutes les chaises. Quelques énergumènes,
armés de gourdins avaient été embrigadés pour
leur prêter main-forte en cas de besoin.
Le défilé des jeunes gens du patronage
fût salué par les cris de "Vive la République!" et cela
suffit pour amener des altercations et des coups. Une dizaine d'arrestations
furent opérées. Elles n'ont pas été maintenues,
la police ne voulant sans doute pas priver le père Albert - qui parle
ce soir - du concours de quelques damidiens.
A l'église Saint-Pierre de Montrouge, quelques
citoyens qui s'y étaient introduits ont été désignés
immédiatement au bedeau, au suisse et au curé qui les ont
fait expulser.
D'autres incidents sans importance se sont produits ailleurs.
L'après-midi.
- A Belleville
L'après-midi n'a pas été aussi calme.
Les bandes noires à qui le nègre Popaul
conseillait l'emploi du revolver ont fait, en effet, en pleine église
Sant-Jean-Baptiste, à Belleville, l'essai déloyal de leur valeur.
Un jésuite sécularisé, le P. Oriol,
professeur à l'institut catholique, devait prononcer le sermon.
Dès deux heures, l'église s'emplit de jeunes
gens des patronages catholiques, flanqués de vigoureux bouchers de
la Villette, épaves des trop fameux comités de Sabran-Pontevès.
Obéissant à un plan de bataille arrêté à
l'avance, les pieux manifestants se partagent en trois groupes postés
en triangle, face à la chaire, tandis que d'autres fidèles,
formant réserve, s'entassent dans la sacristie. Tous sont armés
de fortes cannes, de nerfs de bœufs ; nous distinguons aux mains d'un éphèbe
à la face pâle, un véritable alpenstock.
Un groupe de libre penseurs, attiré par cette
mise en scène dramatique, n'hésitent pas à pénétrer
dans l'église, et sont aussitôt encadrés par leurs adversaires.
Le sermon
Vers deux heures et demie, le P. Oriol monte en chaire.
Grand et fort gaillard de deux mètres de haut qui, nous affirme-t-on,
a déclaré "qu'il ne sortirait pas de l'église avant d'avoir
arrangé quatre ou cinq libres penseurs".
A peine a-t-il prononcé quelques paroles à
l'adresse des persécuteurs de la religion qu'une voix s'élève
dans l'assistance : "Qui vous a autorisé à parler ?"
Lâche agression.
- Le sang coule
Aussitôt, le suisse Vincent, digne émule
de Bouffechoux d'Aubervilliers, lève sa hallebarde tandis que le curé
hurle : "En avant", c'est le signal convenu : les bandes noires entourent
le petit groupe gauche, à coup de canne et de bâtons ferrés.
Les petits jeunes gens font voler les chaises en l'air,
tandis que Vincent, fou furieux, flanqué du sacristain et du curé
lui-même, frappe à l'envie et assomme avec un acharnement féroce,
les malheureux livrés sans défense à sa fureur.
La scène est indescriptible : une femme saisit
par son vêtement un blessé et le signale à de nouveaux
coups. Des femmes sont piétinées par le sacristain et le bedeau
en furie.
Puis le curé, toujours revêtu de ses ornements
sacerdotaux parait sur le porche de l'église le poing tendu vers la
foule. les agents s'amènent alors. Ils expulsent les manifestants tandis
que sur la place, la bagarre continue.
Un grand nombre d'arrestations sont opérées
au milieu de ce tumulte effroyable. Nos amis ne cessent de crier : "A bas
la calotte !" et de conspuer les jésuites avec vigueur.
Les blessés
Immédiatement conduits dans les pharmacies voisines
les blessés au nombre de dix, dont cinq grièvement reçoivent
un premier pansement : Ce sont : ....................
Les agresseurs
Les agresseurs appartiennent à la fine fleur de
la jeunesse chrétienne. Voici les noms de ceux qui ont été
arrêtés : ..........
Durant tout l'après-midi, une foule nombreuse
n'a cessé de stationner aux environ de l'église et il n'y avait
qu'une voix pour protester contre le lâche attentat commis par les hommes
noirs.
A PARIS
Plaisance
A l'occasion de la clôture de l'adoration perpétuelle,
le père Albert, ancien jésuite sécularisé, avait
été invité à prêcher à l'église
Notre-Dame-de-Plaisance par le curé de la paroisse, l'abbé
Soulange-Bodin
Une manifestation analogue à celle organisée
à Aubervilliers contre le Père Coubé avait été
annoncée à cette occasion.
Cinq à six cents manifestants se sont groupés
aux abords de l'église, rue Vercingétorix, vers huit heures
; une collision menaçait de se produire à ce moment entre
les manifestants anticléricaux et les fidèles qui se trouvaient
massés au nombre de trois à quatre cents environ, lorsque
la police est intervenue repoussant les uns dans l'église et les autres
dans les rues adjacentes.
Aux abords de l'église, le groupe des manifestants
anticléricaux criaient à tue-tête : "A bas la calotte
! Hou ! Hou !"
Dans l'église, aux côtés du curé
qui voulait s'opposer à la fermeture des portes, déclarant
qu'il se chargeait de faire respecter l'ordre, se trouvaient MM. Gaston Mery,
conseiller municipal, Charles Devos, Administrateur de la Libre Parole.
M. Lasies fait une courte apparition devant
l'église, mais, sur le conseil de M. Lépine, pour ne pas soulever
d'incidents, il se retire aussitôt.
Lorsque le prédicateur est descendu de sa chaire,
le curé a dit aux fidèles que le préfet de police, dans
la crainte de bagarres, engageait les assistants à sortir par derrière.
M. Lépine vint alors parlementer et fit sortir
les femmes par la petite porte d e l'église qui donne rue Crocé-Spinelli
Dans le but d'éviter des collisions possibles,
M. Lépine, aidé de MM. Touny, directeur de la police municipale;
Guichard, chef de la brigade mobile et de l'officier de paix Lebon, a fait
contourner aux manifestants catholiques la rue Vercingétorix et les
a fait passer par la rue Crocé-Spinellin et de l'Ouest ou quelques
bousculades insignifiantes ont eu lieu.
Au cours d'une bousculade, M. Lépine a reçu
sur la tête un coup de bouteille qui a enfoncé son chapeau
et l'a contusionné. cependant le préfet a continué à
suivre le cortège jusqu'à l'avenue du Maine où la dispersion
des manifestants a été opérée par les agents,
sans pouvoir, cependant, empêcher les groupes de se reformer plus loin
et de suivre la rue de la Gaieté et la rue de Rennes.
Quelques arrestations ont été effectuées
mais elle n'ont pas été maintenues.
Troisième arrondissement
* L'Union socialiste républicaine du troisième
arrondissement, en présence de l'attitude provocante de l'Église
et de la résistance de la calotte aux lois de la République,
invite le gouvernement a persévérer dans sa politique et à
dénoncer le Concordat, seul moyen d'arracher la République
aux griffes de l'armée noire.
* Le Conseil central de la Fédération
Française de la Libre Pensée, réunie le 12 mai
1903, en séance ordinaire, à son siège social, la Maison
commune du 3° arrondissement, 45 rue de Saintonge;
Après avoir pris connaissance du projet du citoyen
de Pressensé sur la séparation des Églises et de l'État;
Considérant que le meilleur moyen de rappeler
la faction cléricale et congréganiste au respect de la Loi,
et des institutions républicaines est de lui imposer les règles
du droit commun;
Qu'il est de toute urgence que satisfaction soit donnée
à la majorité du Peuple Français qui s'est nettement
prononcé dans ce sens aux dernières élections législatives;
Émet le vœux suivant:
1° Que le Président du Conseil des Ministres
appuie, dès la rentrée, auprès des Chambres et que
celles-ci adoptent le projet du citoyen de Pressensé;
2° Que les sommes restant disponibles, par le fait
de la suppression de tous les crédits affectés aux Cultes,
dans les différents ministères soient employées à
réaliser :
a/ La gratuité des fournitures scolaires de l'enseignement
primaire principalement;
b/ L'égalisation des traitements des institutrices
à ceux des instituteurs;
c/ L'amélioration des traitements des maîtres
débutants;
d/ La construction d'écoles et la création
des nouveaux postes rendus utiles par l'augmentation de la population scolaire;
Et décide que le présent ordre du jour
sera adressé:
1° Au Président du Conseil, Ministre des cultes;
2° Au groupe Parlementaire de la Libre Pensée;
3° Au citoyen de Pressensé
4° Aux journaux républicains et anticléricaux.
Quatrième arrondissement
* La Section de Saint-Merry de la Ligue des Droits
de l'Homme et de Citoyen, réunie en assemblée, le 16 mai
1903, a adopté l'ordre du jour suivant:
Considérant que M. Combes, président du
conseil des ministres, a énergiquement défendu à la Chambre
et au sénat les droits de la France laïque contre la Congrégation;
Attendu que tous les citoyens sont égaux devant
la loi et que ni les préjugés, ni les superstitions religieuses
ne sauraient prévaloir contre la Justice et le Droit;
Adresse les plus vives félicitations à
M. le président du conseil et l'engage à traduire devant la
cour d'appel compétente tous les évêques actuellement
en révolte contre les lois votées par la majorité républicaine,
et assure le chef du gouvernement de son concours énergique pour l'aider
dans sa lutte contre le cléricalisme;
Demande :
1° L'abrogation de la loi Falloux et le monopole
de l'enseignement réservé à l'État;
2° La dénonciation du Concordat;
4° La séparation de toutes les Églises
et de l'État.
Cinquième arrondissement
* Les membres de la Ligue anticléricale révolutionnaire
du 5° arrondissement demandent que le gouvernement persévère
dans son énergie en dénonçant le Concordat et en supprimant
le budget des cultes, qui oblige tous les individus ne pratiquant aucune religion
à payer les ministres des cultes, propagateur du mensonge et ne vivant
que d'escroquerie.
* Le Comité l'Union Républicaine socialiste
de la Sorbonne;
Considérant que, faire payer les prêtres
par ceux qui jugent bon de se passer de leurs services, c'est véritablement
violer la liberté de conscience;
Considérant, d'autre part, que la gent religieuse,
tout comme la caste militaire, doit toujours s'incliner devant le pouvoir
civil;
Considérant enfin que le clergé séculier,
évêques, curés, se sont associés publiquement
aux moines pour s'insurger contre les lois de la république;
Regrette que le gouvernement n'ait pas pris l'initiative
de dénoncer le Concordat;
Et demande la suppression du budget des cultes, la séparation
des Églises et de l'État, le monopole de l'enseignement et l'épuration
des administrations publiques où pullulent des fonctionnaires cléricaux.
La République aux républicains et plus
de religions entretenues par l'État.
* Les membres du Groupe républicain radical
de 5° arrondissement, réunis extraordinairement le 17 mai,
réclament, au nom de la liberté, la séparation des Églises
et de l'État dans le plus bref délai.
Constatent, malheureusement, que dans toutes les administrations
publiques, les hauts employés sont des cléricaux avérés
qui poursuivent avec acharnement leurs subordonnés libres penseurs,
demandent une épuration sérieuse du personnel administratif
et la suppression des dossiers secrets.
Sixième arrondissement
Les républicains, réunis le 16 mai, au
café du Rocher, 128 boulevard Saint-Germain, émettent le vœu
que le gouvernement, à la rentrée des Chambres, propose la
séparation des Églises et de l'État, répondant
ainsi aux vœux de nos aînés, les conseils généraux
de 1871 et 1882.
Huitième arrondissement
Les
membres de l'Université populaire du 8° arrondissement,
considérant que la stricte application de la loi sur les Associations
doit avoir comme suite logique et honnête la séparation des
Églises et de l'État, approuvent la conduite du gouvernement
et l'engagent à persévérer dans la voie de libération
intégrale des victimes des dogmes, et du Capitalisme.
Neuvième arrondissement
Les citoyens réunis au cercle social, sous la
présidence du camarade Edinger, réclament, à l'unanimité,
la séparation des Églises et de l'État.
Dixième arrondissement
Les citoyens adhérents à la Société
républicaine de propagande, réunis le 17 mai, après
avoir entendu le citoyen Isak, réclament la dénonciation du
Concordat.
* Groupes central du 10° et le Groupe révolutionnaire
de Combat. - Les membres des deux groupes, décidés
à lutter plus que jamais contre toute la bourgeoisie, sous n'importe
qu'elle étiquette dont elle se pare, constatent une fois de plus sa
faillite au programme de 1869 contre le Cléricalisme.
Assurent, néanmoins, à la Fédération
Française de la Libre Pensée leurs concours énergique
jusqu'à l'obtention de la séparation des Églises et
de l'État et l'extermination de la Calotte.
Onzième arrondissement
* Les
Propagandistes de la Folie-Méricourt, considérant que
la démonstration de l'étroite solidarité qui existe
entre le clergé séculier et les congrégations n'est
plus à faire; que les événements de chaque jour démontrent
le pacte conclu contre la république :
Invitent les Chambres à voter d'urgence la séparation
des Églises et de l'État et la suppression du budget des cultes.
* Les citoyennes et les citoyens, réunis sur l'invitation
du de la Section du 11° arrondissement (adhérente au Parti
socialiste de France, U.S.R.), le 17 mai 1903, salle Champedroude, 6,
rue Popincourt, après avoir entendu les citoyens Fabérot, ancien
député; Garaud, Dupuy, Dumas, etc.,
Considérant que l'expropriation du clergé
n'est qu'un élément de l'expropriation politique et économique
de la classe capitaliste que la Révolution accomplira, se séparent
aux cris de:
"Guerre au fanatisme religieux !
Guerre aux exploiteurs manuels et intellectuels!"
Protestent aussi contre tous les méfaits policiers
et tous les crimes du militarisme, en acclamant l'Union Internationale des
Travailleurs.
* Le Comité de Ligue française pour
la Défense des Droits de l'Homme et du Citoyen (section de la Folie-Méricourt)
félicite le ministère Combes de son énergie contre la
Congrégation. Il lui demande instamment de réaliser la séparation
des de l'Église et de l'État pendant l'année 1903 : Cette
réforme a été inscrite au programme républicain
de 1869, et la démocratie, lassée d'attendre, compte sur l'énergie
du ministère actuel pour l'opérer immédiatement.
Le peuple considère cette réforme comme
primant toutes les autres.
Le comité demande au président du conseil
de rappeler aux préfets que les prédicateurs n'appartenant
pas au clergé concordataire, étant des perturbateurs des cérémonies
de culte, doivent être arrêtés comme tels dès leur
apparition en chaire.
Douzième arrondissement
La
section de la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen du douzième
arrondissement considérant que la preuve est faite aujourd'hui,
de la duperie qu'est le Concordat, émet le vœu que le Concordat soit
non pas remanié, mais dénoncé;
Que le projet du citoyen de Pressensé, consacrant
et organisation la séparation absolue des Églises et de l'État,
soit adopté par les pouvoirs publics;
Que la loi Falloux soit abrogée et que l'enseignement,
à tous les degrés, soit interdit aux congréganistes
ou anciens congréganistes; que les pouvoirs publics prennent toutes
dispositions utiles pour assurer l'instruction des enfants fréquentant
actuellement les écoles congréganistes;
Que les fonctionnaires de la république, y compris
les plus haut placés, donnent l'exemple du détachement complet
de toute religion.
* Les membres de l'Union fraternelle du douzième
arrondissement envoient un salut fraternel aux collaborateurs de l'Action,
et de la Raison, les félicitent de leur vaillante attitude
vis-à-vis des Congrégations révoltées contre
la loi, et les engagent à persévérer dans cette lutte
qui doit, à tout prix, se terminer par le triomphe de la pensée
libre.
Treizième arrondissement
* Les
citoyens, réunis au nombre de plus de 800, sur la convocation du
Chantier des solidaires, et sous la présidence du citoyen
Cardet, député, le vendredi 15 mai, à l'Alcazar d'Italie,
190 avenue de Choisy (13°) pour protester contre l'attitude des évêques
et des officiers se répandent en invectives contre le gouvernement
de la République qui les paie, alors que salariés de l'État,
leurs devoirs est de faire respecter et de respecter la loi, après
avoir entendu les citoyens Cardet et Chauvière,
députés, Allemane, ancien député, Thomasin,
maire du Krémelin-Bicètre, Lhermitte et Leteuf, publicistes,
les remercient de leurs dévoués concours, constatent qu'il
est révoltant de voir que nous payons des sectes qui s'insurgent pour
défendre l'abrutissement et barrer la route à la justice et
à la vérité.
Demandent que la séparation des Églises
et de l'État, inscrite dans tous les programmes des députés
de la majorité, soit la seule sanction donnée à l'interpellation
qui doit venir en discussion à la rentrée des Chambres. demandent
que les conseils de guerre, ou tribunaux d'exception, qui acquittent des
officiers coupables de refus d'obéissance, alors que pour le même
fait un soldat est condamné à une peine de 5 à 10 ans
de travaux publics, disparaissent dans les plus brefs délai.
Émettent le vœu que devant les exemples de Coubertin
et autres, se refusant à marcher contre leur conscience et leurs idées,
les ouvriers soldats fassent leur devoir en pareil cas.
* L'Union
des groupes radicaux socialistes de la deuxième circonscription du
13° arrondissement engage tous les républicains de la Chambre
et du Sénat à maintenir haut et ferme le drapeau de la République
laïque et à s'unir pour aboutir à la séparation
des Églises et de l'État, à l'abrogation du Concordat
et de la loi Falloux, et à la suppression de toutes les congrégations
enseignantes et autres.
Quatorzième arrondissement
* Les groupes de la 14° section de la F.S.R.S.
première et deuxième circonscription, invitent les militants
socialistes à poursuivre une propagande active en faveur de la séparation
des Églises et de l'État.
* Les Sections du Petit Montrouge, de la Santé
et du Montparnasse, de la Ligue des Droits de l'Homme réunies
extraordinairement le 14 mai 1903, à 9 heures du soir, salle Nicolas,
218 avenue du Maine, ont voté les résolutions suivantes
Considérant les faits nouveaux récemment
acquis en ce qui concerne le procès Dreyfus; considérant la
demande d'enquête introduite par le capitaine Dreyfus, auprès
du ministre de la Guerre, expriment le vœu qu'il soit satisfait à
cette demande et que le gouvernement ne néglige rien pour faire la
lumière et réparer l'iniquité commise;
Considérant que l'usage des dossiers secrets a
été de tout temps un des principaux éléments
de succès de toutes les scélératesse contre lesquelles
a été fondée la Ligue des Droits de l'Homme, réclament
la suppression des dossiers secrets dans toutes les administrations
Prévenus par plusieurs de ses membres d'incidents
périodiques, qui se produisent à Sartène (Corse), déplorent
que la liberté politique, la dignité professionnelle et la sécurité
personnelle y soient à la merci des pires fanatismes. Elles protestent
contre l'attitude du maire et du juge d'instruction de Sartène dans
les manifestations de brutal obscurantisme dont les citoyens Gianelli et
Natali sont actuellement victimes.
Envoient leur salut fraternel, aux courageux citoyens
qui ont su rappeler au respect de la loi, les partisans de l'oppression et
de l'esclavage, qui avaient organisé à Aubervilliers, une manifestation
insolente vis-à-vis du gouvernement républicain et invitent
le Gouvernement de la République à donner, dans les emplois
administratifs, une plus large place aux prolétaires et citoyens dévoués
à la République, et ayant les aptitudes nécessaires,
sans s'occuper s'ils ont été ou non soldats.
Seizième arrondissement
Les
citoyennes et citoyens du Groupe des Libres Penseurs révolutionnaires,
2° section à Auteuil, réunis le 17 mai, salle Bruno, au
nombre de 400, félicitent en encouragent les vaillants collaborateurs
du journal l'Action pour leur énergique campagne anticléricale
et sociale;
Demandent la séparation des l'Église et
de l'État, la suppression du budget des cultes, la laïcisation
de la République et de toutes les institutions.
Dix-septième arrondissement
Le Cercle Républicain des Ternes et de la Plaine
Monceau, heureux d'avoir vu 240 députés républicains
se prononcer en faveur de la séparation des Églises et de
l'État, partisan de la liberté de conscience et de la liberté
des cultes, approuve l'attitude du gouvernement dans sa lutte contre le cléricalisme,
l'engage à continuer sans faiblesse, et l'invite à préparer
la séparation de l'Église et de l'État, ainsi que la
suppression de toutes les congrégations.
Dix-huitième arrondissement
La Jeunesse socialiste du 18° envoie à
M. Combes ses félicitations pour l'énergie qu'il a déployée
dans l'exécution de la loi sur les congrégations.
Elle l'engage, en outre, à réaliser, dans
le plus bref délais, la séparation des Églises et de
l'État.
* Le groupe d'action des républicains socialistes originaires de la Haute-Loire envoie de chaleureuses félicitations au ministère Combes pour l'œuvre de salubrité qu'il accomplit en se débarrassant des congrégations, et l'invite à faire aboutir, dans le plus bref délai possible, la séparation des Églises et de l'État.
.................................
..... et en
province
.................................
AIN
Ambérieu-en-Bugey
La
Section d'Ambérieu-en-Bugey de la Fédération des
Libres Penseurs de l'Ain et de l'Isère, réunie en séance
le 17 mai pour protester contre les agissements et les menées religieuses,
félicite le gouvernement de la fermeté qu'il a montrée
jusqu'à ce jour, dans la tâche difficile qu'il s'est imposée,
afin de nous débarrasser de ces parasites religieux et émet
le vœu qu'il continuera par:
L'abrogation de la loi Falloux;
La dénonciation du Concordat;
La séparation absolue des Églises et de
l'État;
La suppression des armées permanentes et des Conseils
de guerre.
Chézery-Forens
Les
socialistes de Chézery et de Forens, réunis dimanche dernier,
se sont constitués en Groupe d'étude sociales.
Le bureau a été constitué par les
citoyens : Cl. Michoilet, secrétaire; Pic, secrétaire adjoint,
et Jacquinot-Carry, trésorier.
Au cours de la réunion a été votée
l'adresse suivante au président du conseil :
Les membres du Groupe socialiste de Chézery,
à l'issue de leur constitution en groupe, envoient à M. Combes,
président du conseil, leurs sincères félicitations
pour l'énergie qu'il apporte à l'expulsion des congrégations;
espère qu'il saura déployer la même fermeté pour
frapper les membres du clergé protestant contre la loi, et comptent
sur son dévouement pour faire aboutir, à bref délai,
la séparation des Églises et de l'État ainsi que les
principales réformes économiques et sociales appelées
à soulager les travailleurs.
AISNE
Guise
La
Société de Libre Pensé et le Groupe socialiste de
Guise (Aisne) envoient à M. le président du conseil leur
félicitations pour sa campagne contre les congrégations religieuses
d'hommes et de femmes. Devant la levée en masse des moines et nones
en révolte, soutenus par certains magistrats félons et parjures
à la République. Ces deux groupes de citoyens libres et conscients
estiment qu'il ne reste plus qu'un moyen logique de libérer la France
républicaine de l'influence néfaste d'un cléricalisme
ultramontain. Ce moyen urgent : c'est la séparation des Églises
et de l'État.
Ils comptent sur la loyauté des députés
républicains et socialistes, rappellent à leurs promesse politique
ceux qui, depuis 1869, ont inscrit cette réforme dans leur programme,
et souhaitent qu'une majorité définitive s'affirme sur le projet
décisif présenté par le citoyen Pressensé au nom
du groupe socialiste de la Chambre.
Laon
Les républicains libres penseurs de l'arrondissement
de Laon, réunis au théâtre de Laon, pour une conférence
faite par le citoyen Félix Gaborit, le dimanche 17 mai, ont voulu
relever la défi des moines et des évêques de la Congrégation
et de l'Église.
Aux paroles de mensonge proférées du haut
des chaires des cathédrales et aux manifestations idiotes et stupides
destinées à tromper les faibles, les républicains libres
penseurs de l'arrondissement opposent des paroles de justice et de raison
affranchie.
Ils adressent à M. Combes, président du
conseil, ministre de l'intérieur et des cultes, l'assurance de toutes
leurs sympathie et de leur dévouement, et lui disent : "Nous demandons
que le Concordat soit dénoncé, car nous ne voulons plus de prêtres
salariés, plus d'évêques fonctionnaires, ni d'Église
d'État. Nous voulons une République débarrassée
de tout caractère religieux et confessionnel, une laïcisation
complète."
ALGÉRIE
Alger
La
Loge "Le Delta", réunie en tenue solennelle, le 17 mai 1903, à
l'unanimité, félicite vivement le ministère Combes
pour sa politique anticléricale et lui renouvelle sa confiance absolue
en cette circonstance.
Elle adresse également ses félicitations
aux journaux la Raison et l'Action, pour leur campagne énergique
contre le cléricalisme et adopte les conclusions Gustave Hubbard.
ALLIER
Doyet
Dans
leur réunion générale du 17 mai, les citoyens membres
de la Jeunesse socialiste-révolutionnaire de Doyet, déclarent
ne plus vouloir payer les prêtres et réclament la séparation
des Églises et de l'État, la laïcisation complète
de la République.
Gannat
Les
électeurs républicain de Gannat et du canton, après
avoir entendu le citoyen Delarue, député,
Invitent le gouvernement à continuer la lutte
entreprise contre le cléricalisme;
A expulser les Congrégations religieuses;
A proposer la suppression de l'ambassade du Vatican et
à présenter aux Chambres un projet de séparation des
Églises et de l'État;
Seul moyen d'assurer la liberté de conscience,
la défense de la république et le triomphe des idées
modernes.
Saint-Germain-des-Fossés
Le
Syndicat des travailleurs des chemins de fer de France et des colonies,
dans une importante réunion tenue, le 16 mai, à Saint-Germain-des-Fossés
(Allier), après avoir entendu le citoyen Louis Juillet, délégué
de groupe roannais, qui fit, dans un magistral discours, le procès
de l'enseignement clérical, décide de réclamer avec
insistance la séparation des Églises et de l'État, et
proteste avec énergie contre l'ingérence cléricale.
Vichy
Le
Groupe indépendant d'études sociales et de libre pensée
de Vichy, s'associant à la grande manifestation anticléricale
du 17 mai dernier.
Considérant que la religion est non seulement
une atteinte à la liberté de conscience mais encore un défi
à toute morale, dans ce sens qu'elle enseigne des choses reconnues
fausses par la Science et la Raison et qu'elle s'évite de prouver
en les dénommant mystères;
Considérant que ceux qui l'enseignent sont un
danger pour la République ; attendu que ces individus sont payés
par elle et qu'ils
ALPES-MARITIMES
Nice
* Fédération
des Chambres syndicales ouvrières des Alpes-Maritimes.
Les travailleurs de Nice, réunis le 17 mai, salle
de la Fédération des Alpes-Maritimes, pour protester contre
les actes du cléricalisme en révolte contre la République,
tout en applaudissant à la séparation des Églises et
de l'État, engagent les travailleurs à ne pas perdre de vue
le but de leur émancipation, en s'organisant sérieusement en
lutte de classe et en préparant les grèves générales
révolutionnaires.
* Deux mille personnes réunies au Petit Casino,
sous la présidence du citoyen Morel, après avoir entendu le
conférencier, M. Ghilini, demandent la dénonciation du Concordat
et, à bref délai, la séparation des Églises et
de l'État.
Puget-Théniers
La
Section de la Ligue des Droits de l'Homme du Puget-Théniers
ainsi que les électeurs de cette ville présents à
la conférence de M. le docteur Jacquet, désireuse de s'associer
aux manifestations qui ont lieu, dans la plupart des communes de France,
pour témoigner au gouvernement toute leur confiance, à la veille
de la rentrée des Chambres.
Renouvelle, à M. le Président du Conseil,
l'expression de leurs respectueuses félicitations pour son œuvre
républicaine et conforme aux aspirations de la démocratie,
et prient leur sympathique et dévoué sous-préfet de
vouloir bien lui faire parvenir la présente adresse.
Valdeblore
Le Groupe de la Libre Pensée de Valdeblore,
réuni le 17 mai 1903, proteste hautement contre les vils agissements
du clergé qui, salarié par l'État et de plus payé
par notre argent, abuse sans honte ni vergogne des articles du Code pénal,
qui l'autorise à tromper publiquement et sans réplique le
peuple, tout en cherchant du haut de sa chaire de mensonges, à éteindre
le flambeau de vérité qui commence à nous éclairer,
demande d'urgence la séparation des Églises et de l'État
et envoie ses plus chaleureux encouragements au gouvernement de défense
républicaine et en particulier au grand citoyen, Émile Combes,
qu'il engage vivement à persévérer jusqu'à l'épuisement
complet du vampire clérical, dont le but est l'effondrement du droit
de l'homme, de la patrie, de la dignité de l'homme et la liberté
du citoyen.
ARDÈCHE
Aubenas
Les
membres de l'Avenir socialiste d'Aubenas, réunis en séance
extraordinaire, envoient leurs sincères félicitations aux
militants de l'Action pour leur énergique attitude, les prient
de vouloir bien être leurs interprètes auprès du gouvernement,
pour lui transmettre le vœu suivant :
Dénonciation du Concordat; séparation des
Églises et de l'État à bref délai.
Annonay
Les
membres de la Société La Libre Pensée d'Annonay,
faisant cause commune avec leurs collègues Les Libres Penseurs
de France, réunis le dimanche 17 mai, adressent leurs félicitations
au cabinet que préside M. Combes, pour la lutte qu'il a entreprise
contre les congrégations.
Comptent sur la majorité républicaine du
parlement pour opérer à bref délai, la dénonciation
du Concordat; la séparation des Églises et de l'État
et la laïcisation complète de la République.
Le groupe émet le vœu que le ministère
Combes fasse sien le projet de loi du citoyen de Pressensé, visant
la dénonciation du Concordat, tendant à la séparation
des Églises et de l'État.
Le Teil
Considérant que l'attitude du clergé à l'égard
du gouvernement, en ce qui concerne l'application de la loi sur les Congrégations
est répréhensible, puisque le gouvernement tient ses engagements,
alors que le clergé viole constamment ses obligations que leur impose
le Concordat;
Considérant que la forme républicaine de
gouvernement est incompatible avec avec l'institution et l'état d'esprit
du clergé; que les prétentions du Syllabus sont la négation
formelle des principes contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme
et du Citoyen;
Considérant que la République ne doit pas
payer des agents qui la combattent à outrance; que l'Église
a toujours été une institution d'oppression et qu'elle est
devenue un instrument de discorde; qu'il est dangereux pour la société
moderne de laisser cette institution se rehausser par le caractère
officiel que lui donne le Concordat;
Que cette force du cléricalisme est faite de la
pusillanimité du régime républicain;
Les citoyens de la commune du Teil demandent la dénonciation
du Concordat et le retour à l'État des biens meubles et immeubles
mis à la disposition du clergé par le pouvoir civil.
Tournon
Les
citoyens réunis au Cercle démocratique de Tournon,
le dimanche 17 mai, déclarent ne plus vouloir payer les prêtres
et réclament la séparation des Églises et de l'État,
la laïcisation complète de la République.
Viviers-Teil
Les
camarades du Groupe d'études sociales de Viviers-Teil, réunis
le 16 mai, après avoir écouté la conférence
du citoyen Mounier sur le Concordat et décidé l'envoi d'une
pétition au Parlement en en demandant l'abrogation;
Félicitent le conférencier et profitent
de l'occasion pour envoyer à la courageuse direction de l'Action
l'assurance de leur profonde sympathie et de leur entière communauté
d'idées.
La Voulte-sur-Rhône
La Société de Libre Pensée de
La Voulte-sur-Rhône, considérant qu'elle ne doit pas rester
indifférente aux manœuvres inqualifiables auxquelles se livrent les
membres des clergés séculier et réguliers, qui, par leurs
actes, sont en constante révolte envers la loi;
Encourage le gouvernement à user de toute son
énergie pour faire appliquer les lois en vigueur, et de faire, le
plus tôt possible, la séparation des Églises et de l'État,
qui sera son œuvre de salubrité et de raison.
ARIÈGE
Aigues-Vives
Les
citoyennes et citoyens d'Aigues-Vives et de ses environs, réunis
au nombre de 500, remercient la citoyenne Marie Murjas pour sa belle conférence;
ils invitent le gouvernement à continuer la lutte contre le cléricalisme
par la dénonciation du Concordat et la séparation des Églises
et de l'État.
Foix
* La
Jeunesse laïque de Foix, réunie au nombre d'environ 150,
après avoir entendu la conférence du citoyen Marcel Grégoire,
avocat, a voté, à l'unanimité, l'ordre du jour suivant
:
"Nous ne voulons plus de prêtres salariés,
plus dévêques fonctionnaires, plus d'Églises d'État;
"Nous voulons que le Concordat soit dénoncé;
"Nous exigeons que la République soit définitivement
débarrassée des dogmes et des superstitions".
* Les citoyens de Foix, réunis au siège
social de la Jeunesse laïque, au nombre de 250, après avoir entendu
les déclarations du jeune militant Éric Roques, déclarent
qu'ils ne veulent plus de prêtres salariés, plus dévêques
fonctionnaires, demandent la dénonciation du Concordat et engagent
leurs représentants au Parlement à hâter l'heure de
la séparation de l'Église et de l'État.
Laroque-d'Olmes
Les citoyens de Laroque-d'Omes (canton de Mirepoix, Ariège), réunis
à la salle de la mairie, le 17 mai, à une heure de l'après-midi,
au nombre de plus de 250, après avoir entendu le citoyen Galy.
Considérant que la révolte du clergé
régulier et du clergé séculier sont une humiliation
pour la République, adressent un pressent appel au gouvernement pour
le prier de voter, au nom de la liberté de conscience inscrite à
la Déclaration des Droits de l'Homme;
La dénonciation du Concordat;
La séparation des Églises et de l'État;
L'organisation laïque des services publics.
Massat
Le Comité radical de Massat, répondant
à l'appel de de l'Action et de la Raison, s'est réunit
afin de s'associer, lui aussi, à la grande manifestation anticléricale
de la démocratie penseuse.
Après avoir entendu le citoyen Gouric, instituteur,
exposer las raisons de leur protestation républicaine, le comité,
à l'unanimité des membres présents, a voté un
ordre du jour par lequel il demande au gouvernement de vouloir bien proposer
aux Chambres la dénonciation du Concordat et la laïcisation définitive
de la République. Le comité a décidé, en outre,
que des lettres seraient adressées à tous les élus républicains
du département, pour les engager à soutenir le ministère
dans sa politique anticléricale.
Mirepoix
Le
Groupe de la Libre Pensée de Mirepoix, réuni le samedi
16 mai, à huit heures du soir, sous la présidence du citoyen
Maury, a voté à l'unanimité l'ordre du jour suivant :
Suppression du budget des cultes; suppression de toutes
les congrégations des deux sexes.
Montgaillard
Après
une conférence sur le Concordat, Articles organiques et Syllabus,
les citoyens de Montgaillard (Ariège), au nombre d'environ 50, demandent
que les représentants du peuple au Parlement dénoncent le
Concordat et suppriment le budget des cultes, qui, sous un régime
de soit-disant liberté, oblige les individus ne pratiquant aucune
religion de payer lesdits ministres propagateurs du mensonge.
Saint-Girons
Les
200 citoyens réunis, le dimanche 17 mai, dans la grande salle de
la mairie, à Saint-Girons, pour protester contre la révolte
des congrégations et du clergé envers les lois de la République,
émettent le vœu que le gouvernement propose la dénonciation
du Concordat, et envoient, à M. Combes, président du Conseil,
l'expression de leur vive sympathie et leurs sincères félicitations
pour l'énergie avec laquelle il a entrepris de faire triompher, sur
les factieux de tous ordres, la république laïque et sociale.
Villeneuve-d'Olmes
Les
membres du Comité radical socialiste de Villeneuve-d'Olmes (Lavalenet)
félicitent M. Combes, président du conseil, pour son énergie
dans l'application de la loi sur les Congrégations; l'assurent de
leur entier dévouement et l'engagent fortement à répondre
à l'attitude insolente de l'Épiscopat par la dénonciation
du Concordat, qui assurerait la séparation de l'Église et
de l'État.
AUBE
Aix-en-Othe
Les
citoyens libres penseurs d'Aix-en-Othe, réunis d'un commun accord,
et sûrs d'être les interprètes de la grande majorité
de la population, considérant:
Que la pape, par son attitude, s'insurge contre le Concordat;
Que ses agents subalternes, évêques, prêtres,
etc. sont en violation flagrante et continuelle avec les lois qui nous régissent,
se moquent des ridicules sentences qui leur sont appliquées, notamment,
par leur attitude combative et leurs débordements d'insanités
envers le gouvernement;
Invitons nos pouvoirs publics à se faire respecter
d'un État qui n'existe plus, temporellement, depuis le 26 septembre
1870, et dont le titre, purement spirituel, est en contradiction constante
avec les principes primordiaux de nos institutions rationnelles et scientifiques;
Sollicitons avec la plus grande fermeté:
La dénonciation du Concordat et des articles organiques
qui en découlent;
La mise à l'ordre du jour immédiat du projet
de loi F. de Pressensé;
L'abrogation de la loi Falloux, assurant la neutralité
scolaire par le seul enseignement des vérités scientifiquement
démontrées;
De manière à placer tous ces fanatiques
insurgés sous l'égide de la loi commune à tous les citoyens
français.
Manguy-le-Châtel
Le
Comité d'Action républicaine de Manguy-le-Châtel
s'associe à la manifestation anticléricale et envoie son salut
fraternel, approuvant l'application de la loi aux Congrégations; engage
le gouvernement à poursuivre son œuvre d'assainissement, et la séparation
des Églises et de l'État.
Les
Ricey
Un
groupe de citoyens des Ricey, réunis le 16 mai, adressent aux camarades
de la Ligue de Défense Républicaine de l'Aube leur salit fraternel,
et déclarent s'associer à la manifestation républicaine
et anticléricale du 17 mai 1903 dans la ville de Troyes par les Groupes
républicains anticléricaux de l'Aube.
Ils déclarent, en outre, s'associer à
un ordre du jour qui pourra être soumis au vote de l'assemblée,
félicitant le ministère d'action républicaine pour
l'engager à poursuivre sa lutte contre les Congrégations religieuses.
Saint-Julien
Le
Comité républicain radical et socialiste de Saint-Julien
(Aube), réunis le 17 mai 1903, salle Grisfer, envoie, à
l'unanimité de ses adhérents, ses très vives félicitations
à M. Combes, président du conseil des ministres, pour l'énergie
qu'il déploie pour l'application de la loi tendant à la suppression
de toutes les Congrégations.
Le comité prie M. Combes de persévérer
dans cette voie laïque, pour la dénonciation du Concordat et
la suppression immédiate du budget des cultes.
Le Comité exprime également le désir
de voir les fonds affectés au budget des cultes supprimés,
versés dans l'avenir à une caisse de retraites pour tous les
travailleurs, dès l'âge de 60 ans.
La Saulsotte
Le
Conseil municipal de la Saulsotte, réuni hors conseil,
Considérant qu'il est indigne que les religions
puissent être officiellement reconnues par l'État
Que la dénonciation du Concordat s'impose par
suite de l'attitude insolente du clergé;
Émet le vœu:
Que les prêtres d'aucun culte ne soient plus rétribués
par l'État; que la laïcisation complète de la République
devienne, à bref délai une réalité
Adresse au vaillant ministère Combes, toutes ses
félicitations pour la grande œuvre d'émancipation morale qu'il
a entreprise.
Troyes
Les
1500 citoyens républicains et libres penseurs, réunis le 17
mai 1903, à la Halle de la bonneterie de Troyes, après avoir
entendu les discours anticléricaux des citoyens Marius Boyer, membre
du comité d'organisation, Charonnat, doyen de la députation
de l'Aube, président de la conférence Maxence Roldes, conférencier
délégué par l'Association Nationale des Libres Penseurs
de France, protestent énergiquement contre l'attitude des évêques
et des moins, en rébellion ouverte contre la loi sur les Associations,
et demandent:
1° La dissolution radicale de toutes les congrégations
religieuses, sans exceptions, avec reprise par l'État des biens dits
de mainmorte;
2° La séparation complète, et à
bref délai, de toutes les Églises (catholiques, protestante,
israélite, etc.) et de l'État.
3° L'abrogation immédiate de la loi Falloux,
l'organisation du monopole de l'État en matière d'enseignement,
et la suppression des exercices religieux dans les établissements d'instruction
de l'État.
Villemaur
La
Libre Pensée de Villemaur (Aube), en réunion publique
le 17 mai 1903, ayant eu connaissance de la violation de la loi et de la
déclaration de guerre faite ouvertement au gouvernement de la République
par les membres des diverses congrégations autorisées et non
autorisées et les membres du clergé séculier.
Considérant qu'il importe de mettre un terme à
l'agitation cléricale, invite le gouvernement :
1° A faire immédiatement, dans une mesure
de paix, de concorde, de salubrité publique, la séparation
des Églises et de l'État;
2° A faire décréter la suppression
complète et immédiate de toutes les Congrégations existantes,
et la reprise des biens dits de mainmorte, meubles et immeubles, appartenant
aux clergés régulier et séculier, au bénéfice
d'une caisse de retraites pour les vieillards et les invalides du travail;
3° L'abrogation de la loi Falloux et la monopolisation
par l'État de l'enseignement laïque, public gratuit et obligatoire,
la suppression des programmes de l'enseignement primaire et secondaire des
points qui ont trait à l'existence de Dieu.
Villenauxe
La
Société de Libre Pensée et le Groupe d'Étude
sociale de Villenauxe-la-Grande (Aube), réunis en assemblée
extraordinaire le 17 mai 1903, à l'effet de protester contre la manifestation
des prêtres et des moines, tendant à blâmer l'œuvre du
gouvernement émettent le vœu suivant :
Que tous les élus politiques usent de leur droit
pour forcer le gouvernement à déposer sur le bureau des Chambres
un projet de loi dénonçant le Concordat et prononçant
la séparation des Églises et de l'État.
AUDE
Argeliers
Le
Groupe d'Études sociales d'Argeliers, réuni le 17 mai,
invite le citoyen Sarrault, député, à agir de toute son
influence auprès du gouvernement et des pouvoirs publics pour faire
aboutir les questions suivantes :
Dénonciation du Concordat;
Suppression du budget des cultes;
Séparation des Églises et de l'État;
Monopole de l'enseignement;
Armissan
Les
électeurs radicaux et socialistes d'Armissan, réunis salle
du groupe d'Études sociales, remercient le citoyen Bourdié
de son intéressante conférence contre le cléricalisme;
Félicitent le ministère Combes, de l'énergie
qu'il a mise dans l'application de la loi sur les associations et l'engagent
à continuer et à présenter dans le bref délai,
la séparation des Églises avec l'État, la dénonciation
du Concordat et la suppression du budget des cultes.
Badens
Les
Républicains anticléricaux de Badens, réunis pour
protester contre les manifestations organisées le 17 mai par la réaction
et la gent cléricale,
Félicitent le gouvernement de l'énergie
qu'il montre dans l'application de la loi sur les associations; l'engagent
à contribuer la lutte contre toutes les congrégations et à
préparer la dénonciation du Concordat, et la suppression du
budget des cultes;
Ils félicitent en outre leur député
Théros pour les votes qu'il émet à la Chambre et lui
renouvellent leur entière confiance.
La réunion a pris fin aux cris de : "Vive la République
anticléricale !"
Bages
Les
citoyens de Bages, réunis le 17 mai, salle de l'Alcazar, sous la
présidence du citoyen *** Jovin, après avoir entendu le citoyen
Cuxac,
Adressent à M. Combes, président du Conseil
des ministres, leurs vives félicitations et leurs encouragements pour
sa lutte contre les congrégations;
Demandent énergiquement la séparation des
Églises et de l'État, la suppression du budget des Cultes et
la laïcisation complète de la République.
Bizanet
Les
Républicains radicaux et socialistes de Bizanet, réunis
salle Josse le 17 mai.
En présence de l'attitude des évêques,
fonctionnaires salariés par l'État, vis-à-vis de l'application
de la loi, invitent le gouvernement à poursuivre la lutte entreprise
en réalisant les séparations des Églises et de l'État,
par la suppression du Concordat.
Canet
A
la suite de la conférence du citoyen Albert sur la séparation
des Églises et de l'État,
Les citoyens de Canet, réunis au nombre de 150,
félicitent M. Combes, président du conseil, sur ses actes et
son attitude énergique,
L'engagent à poursuivre jusqu'au bout son œuvre
de laïcisation complète de tous les services publics, surtout
ceux d'enseignement et d'assistance;
Demandent la suppression totale des congrégations
et l'établissement du monopole scolaire aux main de l'État.
Capendu
LeGroupe
d'études sociales de Capendu, réuni en assemblée
générale, invite le président du conseil des ministres
à continuer la lute entreprise contre les Congrégations, et
à appuyer de tout son pouvoir le projet de loi déposé
sur le bureau de la Chambre des députés relatif à la
dénonciation du Concordat et à la séparation des Églises
et de l'État.
Carcassonne
* Le
Groupe de la Jeunesse socialiste, réuni en séance, adresse
ses plus chaleureuses félicitations au ministère Combes, pour
l'énergie déployée par celui-ci dans la lutte contre
les congrégations;
Considère tout de même que l'œuvre ne doit
pas s'arrêter là et que la séparation des Églises
des Églises et de l'État s'impose;
Adresse aux rédacteurs de la Raisonet de
l'Action l'expression de sa sincère gratitude.
Félicite Gustave Téry, Victor Charbonnel,
Henry Béranger et tous les manifestants d'Aubervilliers pour leur
courageuse attitude.
Et lève la séance aux cris de "Vive la
République sociale ! Vive la Raison ! Vive l'Action
! A bas la calotte !"
* Dans la séance du 16 mai, les Membres de
la Chambre de la Montagne, réunis en assemblée générale
ont voté à l'unanimité l'ordre du jour suivant :
L'abrogation de la loi Falloux
La séparation des Églises et de l'État
Félicitent le gouvernement présidé
par M. Combes pour l'attitude énergique qu'il déploie dans
l'application de la loi sur les associations religieuses; invitent, en outre,
tous les députés du bloc à faire tous leurs efforts
à la Chambre pour provoquer l'abrogation de la loi Falloux et la séparation
des Églises et de l'État, si le gouvernement n'en prend pas
l'initiative.
* Les Membres du cercle du prolétariat Barbès,
dans leur réunion générale du 16 mai, félicitent
le ministère de l'énergie avec laquelle il n'a cessé
de défendre la République contre la réaction, et l'engagent
à continuer l'œuvre entreprise en supprimant le budget des cultes
et en l'affectant à la fondation des retraites ouvrières; œuvre
toute d'humanité et de solidarité sociales, que la République
doit le plus tôt possible accomplir.
* Le Groupe de la Jeunesse socialiste de Carcassonne,
réuni en séance, adresse au ministère Combes ses chaleureuses
félicitations pour la campagne qu'il mène si vaillamment contre
le cléricalisme;
Considère tout de même que là ne
doit pas s'arrêter l'œuvre réformatrice du ministère
républicain et que la séparation des Églises et de l'État
s'impose.
Le Groupe de la Jeunesse socialiste adresse ses remerciements
au citoyen Pelletan pour les réformes que celui-ci a introduites
au ministère de la marine.
Et lève la séance au cris de : "Vive la
République sociale !"
* Les Membres de la Loge maçonnique de Carcassonne,
ont émis un vœu tendant à ce que le gouvernement prépare
et présente sans retard, un double projet : de séparation des
Églises et de l'État, d'abrogation de la loi Falloux, et invitent
nos représentants à soutenir énergiquement de leur vote
le double projet.
Castelnaudary
Le
Groupe d'Union républicaine radicale et socialiste de Castelnaudary.
Considérant que la séparation des Églises
et de l'État aurait dû être la première manifestation
de la troisième république;
Regrettant que les républicains qui ses ont succédé
au pouvoir jusqu'ici aient encouragé par faiblesse ou par complaisance
l'offensive cléricale contre les institutions démocratiques;
Conjure M. Combes de soutenir, devant le Parlement, le
projet Pressensé;
Et saisi l'occasion pour lui demander l'épuration
du personnel administratif par l'élimination de tous les agents complices
de la réaction tels le sous-préfet de Castenaudary, par exemple,
qui, en 1902, a fait cause commune avec un candidat dont les enfants fréquentaient
les écoles congréganistes.
Couffoulens
Réunis
au nombre de 65, les citoyens radicaux-socialistes anticléricaux
de la commune de Couffoulens, déclarent désirer la séparation
immédiate des Églises et de l'État, ne plus vouloir
tolérer les incursions dogmatiques dans l'enseignement national, qui
doit être purement laïque et partout républicain.
Les Républicains socialistes et Libres Penseurs
de Couffoulens (Aude), assemblés le 17 mai, après avoir
pris connaissance de la situation créée par la révolte
des moines, des évêques et des prêtres;
Considérant que la démocratie ne sera réellement
maîtresse de ses destinées qu'autant qu'auront disparu les derniers
vestiges des institutions religieuses qui l'ont asservie pendant tant de siècles
en opprimant sa pensée et en obscurcissant son intelligence;
Adressent au citoyen Combes, premier ministre de la République,
leurs respectueuses félicitations pour l'énergie qu'il déploie
dans dans l'exécution de la loi sur les congrégations.
Ils lui expriment, en même temps, le vœu que les
Pouvoirs publics réalisent à bref délai la laïcisation
complète et effective de l'enseignement à tous les degrés
ainsi que la séparation des Églises et de l'État.
Cuxac
Les
membres du Groupe d'Études sociales et les Membres du Groupe
de la jeunesse radicale et socialiste réunis le 17 mai, pour protester
solennellement contre l'attitude du clergé français, sont heureux
d'adresser à M. le Président du Conseil leurs sincères
félicitations pour l'œuvre de relèvement moral de la France,
œuvre si désirable qu'il a résolument entreprise, et l'engagent
de toutes leurs forces, à poursuivre avec la dernière énergie
cette tâche si noble, indispensable au salut de la patrie, en débarrassant
définitivement le pays de ces congrégations qui minent perfidement
le sol de la France et menacent de ruiner l'édifice républicain;
en ne les laissant plus reparaître sous n'importe quel habile travestissement
que ce soit l'habit civil ou la soutane, en proposant l'abrogation immédiate
de la funeste et odieuse Loi Falloux; en étudiant sérieusement
les moyens de réaliser le plus tôt possible la séparation
des Églises et de l'État; en dénonçant le Concordat
et en assurant enfin la souveraineté de l'État laïque
en matière d'enseignement, car c'est de là que dépendent
à coup sûr l'avenir, la sécurité et la prospérité
de la France.
A bas le cléricalisme !
Vive la République démocratique et sociale
!
Fabrezan
Les
membres d'union radicale et socialiste et les Électeurs républicains
socialistes de Fabrezan, réunis salle de la mairie, félicitent
le gouvernement d'Action républicaine pour son énergie dans
l'application de la loi sur les associations et l'encouragent à poursuivre
énergiquement la lutte entreprise et à réaliser, par
la séparation des Églises et de l'État, par la suppression
du budget des cultes, la dénonciation du Concordat, et l'abrogation
de la loi Falloux, l'affranchissement de la société civile.
Fleury
Les
républicains de Fleury, réunis à l'occasion de la conférence
donnée par les citoyens Roques et Vires, adressent leurs félicitations
au ministère pour l'énergie avec laquelle il poursuit l'application
de la loi sur les congrégations. Ils réclament avec force du
Parlement, la dénonciation du Concordat, la séparation des Églises
et de l'État, la suppression du budget des cultes.
Graissan
Les
Socialistes et radicaux socialistes, réunis en assemblé
plénière, après avoir entendu le citoyen Fabre, félicitent
M. le Président du Conseil des ministres de son attitude énergique
vis-à-vis des congrégations et invitent le gouvernement à
prendre l'initiative de la suppression du budget des cultes et de la séparation
des Églises et de l'État, afin que la France soit débarrassée
de ce clergé, défenseur des congrégations et propagateur
du mensonge et de la superstition.
Homps
Le
Groupe radical socialiste d'Homps, réuni en assemblé
générale;
En présence du mouvement clérical crée
par la résistance des évêques et des moines qui veulent,
par tous les moyens, s'opposer aux lois républicaines votées
par les Chambres;
Considérant qu'un pareil procédé
incite les citoyens à la désobéissance de nos lois;
Vote un blâme de mépri