La Levée en Masse
du 17 mai 1903


        L'anticléricalisme est un sentiment très ancien, mais, quand l'Église, après avoir béni les arbres de la Liberté planté par la Révolution de 1848, a trahi la République en célébrant par un Te Deum le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, il a été clair, pour des Républicains, qu'il fallait séparer l'Église de l'État. Mais il a fallu attendre 1869 pour que Gambetta formalise  ce sentiment dans le Programme de Belleville.

    La Chambre qui fut élue à la chute de l'empire fut majoritairement monarchiste, mais celle qui lui succéda en mars 1876 fut majoritairement républicaine, et dès le mois de novembre, au moment du vote du budget des cultes, sa suppression fut demandée. Il en sera ainsi pendant 30 ans, et les présidents du conseil devaient soutenir ce budget parce qu'il était dû par le Concordat. En 1887, cela fut  fut reproché à René Goblet qui avait mis la Séparation dans son programme électoral de député. Il répondit qu'il doutait que ce sentiment fut partagé par la majorité du pays "...Faites cette propagande dans le pays comme je l'ai faite moi-même, et le jour où vous aurez la majorité dans le pays, vous l'aurez dans la Chambre, et vous ferez la séparation". Il leur dit ceci  après avoir expliqué que les cultes continueraient de toute façon d'exister et que pour qu'ils puissent s'organiser il fallait d'abord faire une loi sur les associations.

    En 1903, après que Combes eut succédé à Waldeck-Rousseau, on entendit un autre discours :
"M. la président du conseil. .... Je disais que notre société ne peut se contenter des simples idées morales telles qu'on les donne actuellement dans l'enseignement superficiel et borné de nos écoles primaires. (Bruit à l'extrême gauche. - Vive approbation au centre.)
     Pour que l'homme puisse affronter les difficultés avec ces idées, il faut les étendre, il faut les élever, il faut les compléter par un enseignement que vous n'avez pas encore créé et que vous devez créer avant de songer à répudier l'enseignement moral qui a été donné jusqu'à présent aux générations. (Interruptions à l'extrême gauche - Applaudissements au centre et à droite.)
     Quand nous avons pris le pouvoir, bien que plusieurs d'entre nous fussent partisans théoriquement de la séparation de l'Église et de l'État, nous avons déclaré que nous tiendrions sur le terrain du Concordat. Pourquoi ? Parce que nous considérons, en ce moment, les idées morales telles que les Églises les donnent - et elles sont les seules à les donner en dehors de l'école primaire - comme des idées nécessaires. (Vives réclamations à gauche et à l'extrême gauche.- Applaudissements au centre et à droite. - Mouvement prolongé)
..............
     J'aspire comme vous tous, du côté gauche de cette Chambre à l'époque que je voudrais prochaine, que je voudrais même immédiate, mais que la constatation de l'état présent m'oblige à ajourner quelque temps, où la libre pensée, appuyée sur la doctrine de la raison, pourra suffire à conduire les hommes dans la pratique de la vie. (Interruptions à gauche)
.............
     Tant que le moment n'est pas venu, vous ne pouvez du jour au lendemain faire, par un simple vote, de la société actuelle, une société solidement assise sur les principes de la raison. Vous ne le pouvez pas; (réclamations et interruptions sur divers bancs à gauche et à l'extrême gauche) C'est une question de pratique (Applaudissements au centre et sur divers bancs.)
     Oui, c'est une question de pratique ; ce n'est pas entre nous une question de doctrine puisque, du côté de la doctrine, je suis en communion avec vous.
.........
     Le budget fut voté, mais, selon un rapport de police, la discussion du budget des Cultes et le discours de M. Combes faisaient en fin de séance l'objet de toutes les conversations. Les députés d'extrême-Gauche ne décoléraient pas et criaient tous à la trahison du Ministère. "A partir d'aujourd'hui, disait le rapport de police, on peut s'attendre à de grosses surprises, car il y a quelque chose de changé dans la majorité."
 Toujours selon les rapports de police, "Dans les milieux socialistes on s'attendait à ce que M. Pelletan démissionne bruyamment. Mais on s'attendait aussi à un accord temporaire ; que la lutte contre les Congrégations soit achevée ; puis la majorité abandonnerait M. Combes, car elle estimait que rien ne pouvait effacer les déclarations faites sur les idées religieuses". - "Les radicaux socialistes étaient plus intransigeants que les collectivistes ..." Ils reprenaient le mot de Gambetta, "il faudra se soumettre ou se démettre "
     Monsieur Combes était également ministre de l'intérieur .... et des cultes. Les rapports de la Sûreté générale de ce qui se disait dans les couloirs de l'Assemblée arrivaient sur son bureau; comme sur tout bureau du Ministre de l'Intérieur. Il en profitait pour modeler son mode de gouvernement  Il laissait entendre "qu'il n'était pas de ces chefs de Gouvernement qui ont la prétention d'entraîner des majorités après eux ; mais au contraire, il se laissait guider par la majorité républicaine". Il pouvait ainsi anticiper les désirs des députés, les "caresser dans les sens du poil" et, ayant une majorité instable, éviter de se faire renverser. Joseph Caillaux, dans ses mémoires, écrit : Rouvier prit, en effet, le gouvernement en janvier 1905. Avec son courage ordinaire il proclama tout de suite son intention de rompre avec quelques-unes des pratiques de prédécesseur, avec les fiches du ministère de la Guerre,  l'institution bizarre des délégués ( Les délégués dont je crois qu'on a beaucoup exagéré le rôle et le nombre, étaient des citoyens sans mandat d'aucune sorte imaginés sous le ministère Combes et chargés, dans les communes administrées par les adversaires du gouvernement, d'informer les autorités administratives qui les choisissaient. En résumé, des "observateurs de l'esprit public ...".). ...

    Le ministère Combes ne "tombera" que près de deux ans plus tard, alors que , dès ce moment-là, ou plutôt un mois après, le nom de Rouvier, qui lui succédera, était prononcé pour le remplacer .... bien d'autres suivront !
C'est Jaurès qui présidait ce jour là la Chambre.

     Combes s'était montré "spiritualiste" à la Chambre. Il s'opposa dans les jours qui suivirent avec le Vatican à propos de la nomination d'évêques. Le Concordat stipulait que le gouvernement français nommait les évêques auxquels le pape donnait son investiture canonique. Le Saint-Siège ayant refusé l'investiture de plusieurs évêques, "Tros bons Français" selon Combes, ce dernier en fut très irrité et le 20 mars, devant le Sénat il menaça "si ces incursions anticoncordataires sur un terrain défendu" ne cessait pas, de la rupture des liens entre l'Etat et l'Eglise. Ces paroles durent rassurer les radicaux du Parlement. Il invita les évêques à fermer les chapelles ouvertes sans autorisation et à mettre fin aux prédications extraordinaires dans les églises. Ce fut l'occasion de bagarres dans quelques églises de Paris où les libres penseurs vinrent interrompre ces prédications (voir plus loin)

     Le 25 mars 1903, le journal l'Action naissait. C'était un quotidien "Républicain, anticlérical et socialiste" Il disait, dans son premier numéro, continuer l'hebdomadaire La Raison pour donner la parole à toutes les opinions républicaines dans la libre pensée. "Nous voulons écarter toutes les basses jalousies et mesquines querelles d'individus et de partis pour ne songer q'au triomphe du Peuple par la Raison". Y ont écrit : G. Clemenceau; Ferdinand Buisson; René Viviani; Marcel Sembat; Gustave Hervé; Maurice Allard; Victor Augagneur; Albert Bayet; ...

     C'est ce journal qui organisa les rassemblements du 17 mai suivant pour demander la séparation des Églises et de l'État. Les journaux parisiens, dans leur ensemble, n'en décomptèrent qu'une quarantaine.

    Entre temps, M. Francis de Pressensé avait déposé, le 7 avril 1903, une proposition de loi tendant à la séparation des Églises et de l'État. La structure du texte devait servir de modèle à ceux qui suivront.

    Dans sa proposition de loi, M. Hubbard déclare qu'il y eu, le dimanche 17 mai, plus de mille réunions tenues à la veille du débat de la Chambre . C'est difficile à vérifier. Il y a , dans cette affirmation, certainement un effet de manche ; un certain emballement. Les rapports de police furent silencieux à l'exception du rapport sur le correspondant parisien du "Courrier de Hanovre" qui rapportait que les récents incidents religieux avaient pour cause les agissements de l' "Action".
    Voici des extraits de l'Action qui peuvent donner une idée plus juste de ce qui s'est passé : C'est ce journal qui était l'organisateur et les autres journaux parisiens en parlèrent peu, ou pas du tout.

Samedi 16 mai 1903

La séparation des Églises et de l'État.
 MANIFESTATION DU 17 MAI
Plus de deux cents Conférences
Un appel de l'Association Nationale des Libres penseurs de France. - La Libre Pensée en marche.
Magnifique résultat en dix jours. - Le vœu de tout un peuple. - Les cléricaux ont peur.
Prières publiques contremandées. - La police protège la religion

    Les libres penseurs, par cette première mobilisation compteront une partie de leurs forces.
    La réponse a été admirable, à l'appel de l'Association nationale des Libres Penseurs de France. Et quelles proportions eût prise ce mouvement, si nous avions eu des orateurs à envoyer dans plus de 300 villes ou villages qui demandèrent, par un flot de lettres, de télégrammes, l'un des nôtres. Mais notre liste de conférenciers est encore en formation. Nous la ferons vite plus nombreuse.
    Quels que soient les mécomptes de nos amis, la manifestation sera significative. Elle indiquera, du moins, ce que bientôt nous pourrons, avec une plus longue préparation et des dévouements qui vont se multiplier. car l'élan est donné : la Libre Pensée, vraiment, est en marche.
    Les cléricaux l'ont bien compris. Ils ont vu, dans ce commencement d'organisation, la menace décisive.
    Cette fois, on passe des discours aux actes. Et cela est mauvais pour la Calotte !
    Ah ! si le gouvernement osait nous soutenir !... Si M. Combes voulait entendre le vœu de tout un peuple qui demain le soutiendra. S'il voulait prendre cette responsabilité et s'assurer l'honneur d'un tel service rendu à la République : séparer l'Église de l'État !

Voici la liste des conférences et conférenciers, telle que nous avons pu la former :
 

Agde, Libre Pensée ................... Dupré Levallois (Seine), Groupe républicain ................................ J.B. Morin Riberac, Loge ............................ Félicien Paris
Aigues-Vives, Libre Pensée ..... Marie Murjas Lille, Libre pensée .....  G. Hubbard Roanne, Libre Pensée ..............Henri Arnouki
Amfreville-la-Mi-Voie, Groupe républicain .................... Ernest Lepez Lillebonne (Seine-Inférieure), Libre Pensée .........................  Raoul Fauconnet Rouen, Groupe de Libre Pensée et Union socialiste ........................................ Ch. Dumont
Amiens, Libre Pensée, .............. Dejeante Limoges, Groupe républicain ...Gustave Tery Saintes, Groupes rép. .................A. Bourceret
Anduze, Groupe républicain, 
lundi 18 ........................ Ernest Girault
Lyon, Comités républicains   ...... Ferdinand Buisson
.............F. de Pressensé
Saint-Amand, Libre Pensée..... Henri Chateau
Angers, Groupe "Germinal", .... P. Renaudel  Meulan, Loge Maçonnique ....... Dr. Meslier Saint-Bent, (Haute-Saône), Libre Pensée .....................................................................Soule
                                              E. Wieme
Argenteuil, Libre pensée ..V. Depoix
                                          A. Peckstadt 
Miradou (Gers), P.O.S.R. .............. Th. Cordé
............................................... A. Willm
Saint-Chaptes, Libre pensée ..............Poisson
Aubervilliers, Libre Pensée. 
 .................................  Albert Crémieux
Montelimar, Libre Pensée ... Charles Vallier Saint-Etienne-du-Rouvray .................. Trochet
Bar-sur-Seine, Groupe rép .... Paul Meunier Morlaix, Libre Pensée ............ Yves Le Febvre Saint-Hyppolyte-du-Fort, Libre Pensée .................................................................... Pastre
Beaumont (S.et O.) Groupe d'Étude sociale
........................... A. Levasseur
Moulins, Libre Pensée ........... B. Guinaudeau Saint-Nazaire, Libre Pensée 
lundi 18 ................................. Laurent Tailhade
Besançon, Fédération de la Libre Pensée .................................................... Ch. Beauquier Nançy, Libre Pensée et Université Populaire ........................................... Victor Charbonnel Saint-Ouen, Groupes socialistes 
samedi 16 ..... Dr Meslier Mme Maria Vérone
Bolbec, Libre Pensée ........... Raoul Fauconnet Nantes, Libre Pensée ........ Laurent Tailhade Saint-Pourçain (Allier), Libre Pensée 
samedi 16 ................................... B. Guinaudeau
Boulogne-sur-Mer,Action démocratique et sociale  ...... Edouard Delesallo   et  Maurice Monier Nemours (Seine et Marne),............... Girod Saumur, Libre pensée .................... L.A. Lichy
Brest, Libre pensée ..................  Dr. Loisel Nîmes, Libre Pensée ...............Ernest Girault Tours, Comités républicains ......... L. Lafferre
Chartres, Libre Pensée ............ G. Lhermitte Notre-Dame-de-Franqueville ... Ernest Lapez Triel (Seine-et-Oise) ...................... E. Breuzin
Clermont-Ferrand, Ligue des droits de l'Homme ...................................... Delpech Nouzon (Ardennes),Libre pensée .
................... Albert Poulain  et  Maria Vérone
Troyes, Groupes socialistes.. Maxence Roldes
Dieulefit (Drôme), Libre Pensée ................................................... Charles Vallier Pacy-sur-Eure, Loge Maç. ...... Paul Fleurot Valenciennes, Libre Pensée ... Em. Chauvière
Elbeuf, Libre Pensée ................. Gustave Kahn Paris (4°) Libre Pensée de l'Imprimerie nationale ............................. A. Thomas Versailles, Groupe répub. .. Maurice Verries
Grand Combe, Libre Pensée .......... Eroux Paris Parti socialiste de France, section du 11° ........... Faberot, Garaud, Gelez, Toussaint Vesoul, Libre pensée ....... Gustave Schneider
Grenoble, Libre Pensée "la Raison" .... Zévaès Persan, Université populaire
Samedi 23 ................. Urbain Gohier
Vienne (Isère), Libre pensée . 
 ................................................. Charles Vallier
Laon, Libre Pensée ........ Félix Gaborit Reims, Libre pensée ....Ch. Arnould
....................... Henry Bérenger
Voulx (Seine-et-Marne) ............... Noël Reybar
Le Havre, Libre Pensée ................. Allemane Reuilly (Indre) Libre Pensée ................Dufour

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    Les républicains, radicaux ou socialistes, dans tous les départements, réclamaient, au nom des mêmes principes d'égalité devant la loi, et de droit commun en matière religieuse, la disparition des budgets salariant certains cultes, la disparition du Concordat privilégiant l'église catholique romaine et l'abrogation des textes accordant une protection de faveur, en dehors du droit commun à certaines religions.
    Ils réclamaient en outre l'abrogation de la loi Falloux , l'éducation sociale, l'enseignement laïque et la suprématie du pouvoir civil.
Par exemple : Le comité socialiste de Clermont Ferrand avait adressé la lettre suivante au maire:
                 Monsieur le maire
    Les membres adhérents au comité socialiste, électeurs à  Clermont-Ferrand, ont l'honneur de vous informer que nous sommes décidés à manifester publiquement , le dimanche 17 mai  ; et en toutes occasions  ; contre les manifestations cléricales, nous basant sur l'article 45 du Concordat, qui nous donne le droit  ; et vous fait un devoir  ; à vous monsieur le maire, d'interdire toute manifestation religieuse sur la voie publique, dès qu'il y a divers cultes établis et professant dans la commune.

Agréez, ....

    Le préfet du Puys-de-Dôme avait donc demandé au maire de Clermont-Ferrand d'interdire la procession du 17 mai à laquelle devait   assister le cardinal évêque de Lyon, l'évêque de Gap et de Digne

    M. Andrieu, évêque de Marseille, avait repoussé au 24 les prières publiques qui devaient avoir lieu le 17 et ce à cause d'une "manifestation socialiste et anticléricale."

    Ces manifestations étaient, en outre, une réponse aux prières publiques considérées comme des provocations du clergé. Elles se passèrent généralement dans le calme, mais il y eu parfois des incidents violents provoqués, selon "La Croix" par des "Apaches à la solde des Francs-maçons"....
    Voici le compte rendu qu'en fit l'Action dans ses numéros daté des 18 et 19 mais 1903, peu différent, dans les faits, de ce qu'avaient écrits les autre journaux, mais beaucoup plus détaillé .......

L'AGITATION CONTRE L'ÉGLISE
Grande Journée de Libre Pensée
MANIFESTATIONS IMPOSANTES
Pour la séparation des Églises et de l'État. - Les incidents de Paris.- A l'église de Belleville.- A Plaisance. -
Provocations et violences cléricales. -Les ordres du jour. - Le peuple le veut !

La Grande Journée de la Libre Pensée a été un succès immense. Plus de 200 réunions ont été tenues dans la France entière, dans un calme qu'ont seules pu troubler quelques provocations cléricales. Cette première mobilisation des forces libres penseuses, nouvellement organisées, est la plus puissante menace qui ait jamais été dressée contre l'Église. Désormais, c'est la lutte suprême. Il faut que nous ayons raison de l'Ennemi, de l'Infâme, enfin !

LA JOURNÉE DES "APACHES NOIRS"
La matinée et l'après-midi à Paris. - A Plaisance et à Saint-Pierre de Montmartre.
Les incidents de Belleville. - Dix blessés. - Nombreuses arrestations.

    Les "Apaches rouges" opéraient hier en province. Les "Apaches noirs" ont cru le moment propice pour opérer à Paris.
    Les cléricaux nous avaient même défiés. Ils avaient annoncé que le père Albert, jésuite comme le fougueux Coubé, devait parler à huit heures du soir, en l'église Notre-Dame-de-Plaisance et que nous n'irions pas. Ils savaient bien que nous ne pouvions nous rendre en nombre à ce rendez-vous puisque nous en avions donné d'autres aux quatre coins de la France.

Précautions de la préfecture et d'ailleurs
    Quelques-uns de nos amis étaient demeurés à Paris, tandis que la bande noire s'y était mobilisée tout entière. Le courage des pleutres de sacristie était fait surtout de notre faiblesse. Et puis, il savent aussi, les frocards, qu'ils peuvent toujours compter sur la police.
    C'est autours des églises de Belleville et de plaisance, surtout, que leur audace s'est manifestée.
    Tous les journaux anti-républicains, depuis la Croix jusqu'à la Vérité Française, en passant par le Journal des Débats, semblaient avoir pris à cœur d'attirer en ces coins sombres ceux des républicains que la province n'avait pas séduits. Dans l'espoir ( ou dans la crainte - car les cléricaillons ne sont jamais rassurés) qu'ils répondissent à la provocation, des mesures d'ordre extraordinaires avaient été prises par M. Lépine, préfet de la police des mœurs et des curés.
    Celui-ci avait adressé aux commissaires l'ordre suivant:
    En prévision des désordres qui pourraient se produire dimanche dans les églises, veuillez vous tenir en permanence dans votre commissariat durant toute la durée des offices.
    Si vous êtes de service de théâtre en matinée, à l'heure des vêpres, assurez ce service, mais gardez votre personnel du commissariat.
    Devant chaque église des gardiens de la paix occupaient les angles des trottoirs ; des cyclistes se tenaient en permanence.

La matinée
    La matinée a été assez calme. dailleurs la pluie qui est tombée en averse avait quelque peu refroidi l'insolence de "ces messieurs"
    Toutefois, les jeunes gens du patronage Notre-Dame-de-Plaisance avaient gardé assez d'arrogance pour provoquer des incidents autour de cette église.
    Nous étions là ce matin. Le service était dirigé par l'abbé Soulange-Bodin "le doux géant" sur lequel s'extasient les bonnes âmes. La porte principale de l'église avait été fermée. On entrait par les côtés. Des dévotes et des dévots - la boutonnière fleurie d'un insigne spécial - occupaient toutes les chaises. Quelques énergumènes, armés de gourdins avaient été embrigadés pour leur prêter main-forte en cas de besoin.
    Le défilé des jeunes gens du patronage fût salué par les cris de "Vive la République!" et cela suffit pour amener des altercations et des coups. Une dizaine d'arrestations furent opérées. Elles n'ont pas été maintenues, la police ne voulant sans doute pas priver le père Albert - qui parle ce soir - du concours de quelques damidiens.
    A l'église Saint-Pierre de Montrouge, quelques citoyens qui s'y étaient introduits ont été désignés immédiatement au bedeau, au suisse et au curé qui les ont fait expulser.
    D'autres incidents sans importance se sont produits ailleurs.

L'après-midi. - A Belleville
    L'après-midi n'a pas été aussi calme.
    Les bandes noires à qui le nègre Popaul conseillait l'emploi du revolver ont fait, en effet, en pleine église Sant-Jean-Baptiste, à Belleville, l'essai déloyal de leur valeur.
    Un jésuite sécularisé, le P. Oriol, professeur à l'institut catholique, devait prononcer le sermon.
    Dès deux heures, l'église s'emplit de jeunes gens des patronages catholiques, flanqués de vigoureux bouchers de la Villette, épaves des trop fameux comités de Sabran-Pontevès. Obéissant à un plan de bataille arrêté à l'avance, les pieux manifestants se partagent en trois groupes postés en triangle, face à la chaire, tandis que d'autres fidèles, formant réserve, s'entassent dans la sacristie. Tous sont armés de fortes cannes, de nerfs de bœufs ; nous distinguons aux mains d'un éphèbe à la face pâle, un véritable alpenstock.
    Un groupe de libre penseurs, attiré par cette mise en scène dramatique, n'hésitent pas à pénétrer dans l'église, et sont aussitôt encadrés par leurs adversaires.

Le sermon
    Vers deux heures et demie, le P. Oriol monte en chaire. Grand et fort gaillard de deux mètres de haut qui, nous affirme-t-on, a déclaré "qu'il ne sortirait pas de l'église avant d'avoir arrangé quatre ou cinq libres penseurs".
    A peine a-t-il prononcé quelques paroles à l'adresse des persécuteurs de la religion qu'une voix s'élève dans l'assistance : "Qui vous a autorisé à parler ?"

Lâche agression. - Le sang coule
    Aussitôt, le suisse Vincent, digne émule de Bouffechoux d'Aubervilliers, lève sa hallebarde tandis que le curé hurle : "En avant", c'est le signal convenu : les bandes noires entourent le petit groupe gauche, à coup de canne et de bâtons ferrés.
    Les petits jeunes gens font voler les chaises en l'air, tandis que Vincent, fou furieux, flanqué du sacristain et du curé lui-même, frappe à l'envie et assomme avec un acharnement féroce, les malheureux livrés sans défense à sa fureur.
    La scène est indescriptible : une femme saisit par son vêtement un blessé et le signale à de nouveaux coups. Des femmes sont piétinées par le sacristain et le bedeau en furie.
    Puis le curé, toujours revêtu de ses ornements sacerdotaux parait sur le porche de l'église le poing tendu vers la foule. les agents s'amènent alors. Ils expulsent les manifestants tandis que sur la place, la bagarre continue.
    Un grand nombre d'arrestations sont opérées au milieu de ce tumulte effroyable. Nos amis ne cessent de crier : "A bas la calotte !" et de conspuer les jésuites avec vigueur.

Les blessés
    Immédiatement conduits dans les pharmacies voisines les blessés au nombre de dix, dont cinq grièvement reçoivent un premier pansement : Ce sont : ....................

Les agresseurs
    Les agresseurs appartiennent à la fine fleur de la jeunesse chrétienne. Voici les noms de ceux qui ont été arrêtés : ..........
    Durant tout l'après-midi, une foule nombreuse n'a cessé de stationner aux environ de l'église et il n'y avait qu'une voix pour protester contre le lâche attentat commis par les hommes noirs.

A PARIS

Plaisance
    A l'occasion de la clôture de l'adoration perpétuelle, le père Albert, ancien jésuite sécularisé, avait été invité à prêcher à l'église Notre-Dame-de-Plaisance par le curé de la paroisse, l'abbé Soulange-Bodin
    Une manifestation analogue à celle organisée à Aubervilliers contre le Père Coubé avait été annoncée à cette occasion.
    Cinq à six cents manifestants se sont groupés aux abords de l'église, rue Vercingétorix, vers huit heures ; une collision menaçait de se produire à ce moment entre les manifestants anticléricaux et les fidèles qui se trouvaient massés au nombre de trois à quatre cents environ, lorsque la police est intervenue repoussant les uns dans l'église et les autres dans les rues adjacentes.
    Aux abords de l'église, le groupe des manifestants anticléricaux criaient à tue-tête : "A bas la calotte ! Hou ! Hou !"
    Dans l'église, aux côtés du curé qui voulait s'opposer à la fermeture des portes, déclarant qu'il se chargeait de faire respecter l'ordre, se trouvaient MM. Gaston Mery, conseiller municipal, Charles Devos, Administrateur de la Libre Parole. M. Lasies fait une courte apparition devant l'église, mais, sur le conseil de M. Lépine, pour ne pas soulever d'incidents, il se retire aussitôt.
    Lorsque le prédicateur est descendu de sa chaire, le curé a dit aux fidèles que le préfet de police, dans la crainte de bagarres, engageait les assistants à sortir par derrière.
    M. Lépine vint alors parlementer et fit sortir les femmes par la petite porte d e l'église qui donne rue Crocé-Spinelli
    Dans le but d'éviter des collisions possibles, M. Lépine, aidé de MM. Touny, directeur de la police municipale; Guichard, chef de la brigade mobile et de l'officier de paix Lebon, a fait contourner aux manifestants catholiques la rue Vercingétorix et les a fait passer par la rue Crocé-Spinellin et de l'Ouest ou quelques bousculades insignifiantes ont eu lieu.
    Au cours d'une bousculade, M. Lépine a reçu sur la tête un coup de bouteille qui a enfoncé son chapeau et l'a contusionné. cependant le préfet a continué à suivre le cortège jusqu'à l'avenue du Maine où la dispersion des manifestants a été opérée par les agents, sans pouvoir, cependant, empêcher les groupes de se reformer plus loin et de suivre la rue de la Gaieté et la rue de Rennes.
    Quelques arrestations ont été effectuées mais elle n'ont pas été maintenues.
 

Troisième arrondissement
    * L'Union socialiste républicaine du troisième arrondissement, en présence de l'attitude provocante de l'Église et de la résistance de la calotte aux lois de la République, invite le gouvernement a persévérer dans sa politique et à dénoncer le Concordat, seul moyen d'arracher la République aux griffes de l'armée noire.
    * Le Conseil central de la Fédération Française de la Libre Pensée, réunie le 12 mai 1903, en séance ordinaire, à son siège social, la Maison commune du 3° arrondissement, 45 rue de Saintonge;
    Après avoir pris connaissance du projet du citoyen de Pressensé sur la séparation des Églises et de l'État;
    Considérant que le meilleur moyen de rappeler la faction cléricale et congréganiste au respect de la Loi, et des institutions républicaines est de lui imposer les règles du droit commun;
    Qu'il est de toute urgence que satisfaction soit donnée à la majorité du Peuple Français qui s'est nettement prononcé dans ce sens aux dernières élections législatives;
    Émet le vœux suivant:
    1° Que le Président du Conseil des Ministres appuie, dès la rentrée, auprès des Chambres et que celles-ci adoptent le projet du citoyen de Pressensé;
    2° Que les sommes restant disponibles, par le fait de la suppression de tous les crédits affectés aux Cultes, dans les différents ministères soient employées à réaliser :
    a/ La gratuité des fournitures scolaires de l'enseignement primaire principalement;
    b/ L'égalisation des traitements des institutrices à ceux des instituteurs;
    c/ L'amélioration des traitements des maîtres débutants;
    d/ La construction d'écoles et la création des nouveaux postes rendus utiles par l'augmentation de la population scolaire;
    Et décide que le présent ordre du jour sera adressé:
    1° Au Président du Conseil, Ministre des cultes;
    2° Au groupe Parlementaire de la Libre Pensée;
    3° Au citoyen de Pressensé
    4° Aux journaux républicains et anticléricaux.
Quatrième arrondissement
    * La Section de Saint-Merry de la Ligue des Droits de l'Homme et de Citoyen, réunie en assemblée, le 16 mai 1903, a adopté l'ordre du jour suivant:
    Considérant que M. Combes, président du conseil des ministres, a énergiquement défendu à la Chambre et au sénat les droits de la France laïque contre la Congrégation;
    Attendu que tous les citoyens sont égaux devant la loi et que ni les préjugés, ni les superstitions religieuses ne sauraient prévaloir contre la Justice et le Droit;
    Adresse les plus vives félicitations à M. le président du conseil et l'engage à traduire devant la cour d'appel compétente tous les évêques actuellement en révolte contre les lois votées par la majorité républicaine, et assure le chef du gouvernement de son concours énergique pour l'aider dans sa lutte contre le cléricalisme;
    Demande :
    1° L'abrogation de la loi Falloux et le monopole de l'enseignement réservé à l'État;
    2° La dénonciation du Concordat;
    4° La séparation de toutes les Églises et de l'État.
Cinquième arrondissement
    * Les membres de la Ligue anticléricale révolutionnaire du 5° arrondissement demandent que le gouvernement persévère dans son énergie en dénonçant le Concordat et en supprimant le budget des cultes, qui oblige tous les individus ne pratiquant aucune religion à payer les ministres des cultes, propagateur du mensonge et ne vivant que d'escroquerie.
    * Le Comité l'Union Républicaine socialiste de la Sorbonne;
    Considérant que, faire payer les prêtres par ceux qui jugent bon de se passer de leurs services, c'est véritablement violer la liberté de conscience;
    Considérant, d'autre part, que la gent religieuse, tout comme la caste militaire, doit toujours s'incliner devant le pouvoir civil;
    Considérant enfin que le clergé séculier, évêques, curés, se sont associés publiquement aux moines pour s'insurger contre les lois de la république;
    Regrette que le gouvernement n'ait pas pris l'initiative de dénoncer le Concordat;
    Et demande la suppression du budget des cultes, la séparation des Églises et de l'État, le monopole de l'enseignement et l'épuration des administrations publiques où pullulent des fonctionnaires cléricaux.
    La République aux républicains et plus de religions entretenues par l'État.
    * Les membres du Groupe républicain radical de 5° arrondissement, réunis extraordinairement le 17 mai, réclament, au nom de la liberté, la séparation des Églises et de l'État dans le plus bref délai.
    Constatent, malheureusement, que dans toutes les administrations publiques, les hauts employés sont des cléricaux avérés qui poursuivent avec acharnement leurs subordonnés libres penseurs, demandent une épuration sérieuse du personnel administratif et la suppression des dossiers secrets.
Sixième arrondissement
    Les républicains, réunis le 16 mai, au café du Rocher, 128 boulevard Saint-Germain, émettent le vœu que le gouvernement, à la rentrée des Chambres, propose la séparation des Églises et de l'État, répondant ainsi aux vœux de nos aînés, les conseils généraux de 1871 et 1882.
Huitième arrondissement
    Les membres de l'Université populaire du 8° arrondissement, considérant que la stricte application de la loi sur les Associations doit avoir comme suite logique et honnête la séparation des Églises et de l'État, approuvent la conduite du gouvernement et l'engagent à persévérer dans la voie de libération intégrale des victimes des dogmes, et du Capitalisme.
Neuvième arrondissement
    Les citoyens réunis au cercle social, sous la présidence du camarade Edinger, réclament, à l'unanimité, la séparation des Églises et de l'État.
Dixième arrondissement
    Les citoyens adhérents à la Société républicaine de propagande, réunis le 17 mai, après avoir entendu le citoyen Isak, réclament la dénonciation du Concordat.
     * Groupes central du 10° et le Groupe révolutionnaire de Combat. -  Les membres des deux groupes, décidés à lutter plus que jamais contre toute la bourgeoisie, sous n'importe qu'elle étiquette dont elle se pare, constatent une fois de plus sa faillite au programme de 1869 contre le Cléricalisme.
    Assurent, néanmoins, à la Fédération Française de la Libre Pensée leurs concours énergique jusqu'à l'obtention de la séparation des Églises et de l'État et l'extermination de la Calotte.
Onzième arrondissement
   * Les Propagandistes de la Folie-Méricourt, considérant que la démonstration de l'étroite solidarité qui existe entre le clergé séculier et les congrégations n'est plus à faire; que les événements de chaque jour démontrent le pacte conclu contre la république :
    Invitent les Chambres à voter d'urgence la séparation des Églises et de l'État et la suppression du budget des cultes.
   * Les citoyennes et les citoyens, réunis sur l'invitation du de la Section du 11° arrondissement (adhérente au Parti socialiste de France, U.S.R.), le 17 mai 1903, salle Champedroude, 6, rue Popincourt, après avoir entendu les citoyens Fabérot, ancien député; Garaud, Dupuy, Dumas, etc.,
    Considérant que l'expropriation du clergé n'est qu'un élément de l'expropriation politique et économique de la classe capitaliste que la Révolution accomplira, se séparent aux cris de:
    "Guerre au fanatisme religieux !
    Guerre aux exploiteurs manuels et intellectuels!"
    Protestent aussi contre tous les méfaits policiers et tous les crimes du militarisme, en acclamant l'Union Internationale des Travailleurs.
    * Le Comité de Ligue française pour la Défense des Droits de l'Homme et du Citoyen (section de la Folie-Méricourt) félicite le ministère Combes de son énergie contre la Congrégation. Il lui demande instamment de réaliser la séparation des de l'Église et de l'État pendant l'année 1903 : Cette réforme a été inscrite au programme républicain de 1869, et la démocratie, lassée d'attendre, compte sur l'énergie du ministère actuel pour l'opérer immédiatement.
    Le peuple considère cette réforme comme primant toutes les autres.
    Le comité demande au président du conseil de rappeler aux préfets que les prédicateurs n'appartenant pas au clergé concordataire, étant des perturbateurs des cérémonies de culte, doivent être arrêtés comme tels dès leur apparition en chaire.
Douzième arrondissement
    La section de la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen du douzième arrondissement considérant que la preuve est faite aujourd'hui, de la duperie qu'est le Concordat, émet le vœu que le Concordat soit non pas remanié, mais dénoncé;
    Que le projet du citoyen de Pressensé, consacrant et organisation la séparation absolue des Églises et de l'État, soit adopté par les pouvoirs publics;
    Que la loi Falloux soit abrogée et que l'enseignement, à tous les degrés, soit interdit aux congréganistes ou anciens congréganistes; que les pouvoirs publics prennent toutes dispositions utiles pour assurer l'instruction des enfants fréquentant actuellement les écoles congréganistes;
    Que les fonctionnaires de la république, y compris les plus haut placés, donnent l'exemple du détachement complet de toute religion.
    * Les membres de l'Union fraternelle du douzième arrondissement envoient un salut fraternel aux collaborateurs de l'Action, et de la Raison, les félicitent de leur vaillante attitude vis-à-vis des Congrégations révoltées contre la loi, et les engagent à persévérer dans cette lutte qui doit, à tout prix, se terminer par le triomphe de la pensée libre.
Treizième arrondissement
  *  Les citoyens, réunis au nombre de plus de 800, sur la convocation du Chantier des solidaires, et sous la présidence du citoyen Cardet, député, le vendredi 15 mai, à l'Alcazar d'Italie, 190 avenue de Choisy (13°) pour protester contre l'attitude des évêques et des officiers se répandent en invectives contre le gouvernement de la République qui les paie, alors que salariés de l'État, leurs devoirs est de faire respecter et de respecter la loi, après avoir entendu les citoyens Cardet et Chauvière, députés, Allemane, ancien député, Thomasin, maire du Krémelin-Bicètre, Lhermitte et Leteuf, publicistes, les remercient de leurs dévoués concours, constatent qu'il est révoltant de voir que nous payons des sectes qui s'insurgent pour défendre l'abrutissement et barrer la route à la justice et à la vérité.
    Demandent que la séparation des Églises et de l'État, inscrite dans tous les programmes des députés de la majorité, soit la seule sanction donnée à l'interpellation qui doit venir en discussion à la rentrée des Chambres. demandent que les conseils de guerre, ou tribunaux d'exception, qui acquittent des officiers coupables de refus d'obéissance, alors que pour le même fait un soldat est condamné à une peine de 5 à 10 ans de travaux publics, disparaissent dans les plus brefs délai.
    Émettent le vœu que devant les exemples de Coubertin et autres, se refusant à marcher contre leur conscience et leurs idées, les ouvriers soldats fassent leur devoir en pareil cas.
    * L'Union des groupes radicaux socialistes de la deuxième circonscription du 13° arrondissement engage tous les républicains de la Chambre et du Sénat à maintenir haut et ferme le drapeau de la République laïque et à s'unir pour aboutir à la séparation des Églises et de l'État, à l'abrogation du Concordat et de la loi Falloux, et à la suppression de toutes les congrégations enseignantes et autres.
Quatorzième arrondissement
    * Les groupes de la 14° section de la F.S.R.S. première et deuxième circonscription, invitent les militants socialistes à poursuivre une propagande active en faveur de la séparation des Églises et de l'État.
    * Les Sections du Petit Montrouge, de la Santé et du Montparnasse, de la Ligue des Droits de l'Homme réunies extraordinairement le 14 mai 1903, à 9 heures du soir, salle Nicolas, 218 avenue du Maine, ont voté les résolutions suivantes
    Considérant les faits nouveaux récemment acquis en ce qui concerne le procès Dreyfus; considérant la demande d'enquête introduite par le capitaine Dreyfus, auprès du ministre de la Guerre, expriment le vœu qu'il soit satisfait à cette demande et que le gouvernement ne néglige rien pour faire la lumière et réparer l'iniquité commise;
    Considérant que l'usage des dossiers secrets a été de tout temps un des principaux éléments de succès de toutes les scélératesse contre lesquelles a été fondée la Ligue des Droits de l'Homme, réclament la suppression des dossiers secrets dans toutes les administrations
     Prévenus par plusieurs de ses membres d'incidents périodiques, qui se produisent à Sartène (Corse), déplorent que la liberté politique, la dignité professionnelle et la sécurité personnelle y soient à la merci des pires fanatismes. Elles protestent contre l'attitude du maire et du juge d'instruction de Sartène dans les manifestations de brutal obscurantisme dont les citoyens Gianelli et Natali sont actuellement victimes.
    Envoient leur salut fraternel, aux courageux citoyens qui ont su rappeler au respect de la loi, les partisans de l'oppression et de l'esclavage, qui avaient organisé à Aubervilliers, une manifestation insolente vis-à-vis du gouvernement républicain et invitent le Gouvernement de la République à donner, dans les emplois administratifs, une plus large place aux prolétaires et citoyens dévoués à la République, et ayant les aptitudes nécessaires, sans s'occuper s'ils ont été ou non soldats.
Seizième arrondissement
    Les citoyennes et citoyens du Groupe des Libres Penseurs révolutionnaires, 2° section à Auteuil, réunis le 17 mai, salle Bruno, au nombre de 400, félicitent en encouragent les vaillants collaborateurs du journal l'Action pour leur énergique campagne anticléricale et sociale;
    Demandent la séparation des l'Église et de l'État, la suppression du budget des cultes, la laïcisation de la République et de toutes les institutions.
Dix-septième arrondissement
    Le Cercle Républicain des Ternes et de la Plaine Monceau, heureux d'avoir vu 240 députés républicains se prononcer en faveur de la séparation des Églises et de l'État, partisan de la liberté de conscience et de la liberté des cultes, approuve l'attitude du gouvernement dans sa lutte contre le cléricalisme, l'engage à continuer sans faiblesse, et l'invite à préparer la séparation de l'Église et de l'État, ainsi que la suppression de toutes les congrégations.
Dix-huitième arrondissement
    La Jeunesse socialiste du 18° envoie à M. Combes ses félicitations pour l'énergie qu'il a déployée dans l'exécution de la loi sur les congrégations.
    Elle l'engage, en outre, à réaliser, dans le plus bref délais, la séparation des Églises et de l'État.

Dix-neuvième arrondissement
  *  Le Cercle des travailleurs socialistes de la Villette, considérant que tout le clergé séculier étant en révolte ouverte contre le régime républicain, demande la dénonciation du Concordat, la suppression du budget des cultes et le retour à la nation des biens dits "de mainmorte, meubles et immeubles", appartenant aux congrégations et corporations religieuses.
    * Les membres du groupe l'Union fraternelle du dix-neuvième, réunis en assemblée extraordinaire, protestent énergiquement contre les attentats jésuitiques des Barbares, commandés par les soi-disant ministres de Jésus et remercient la presse républicaine et libre pensante de son action énergique en faveur de la séparation des Églises et de l'État, et l'engagent à persévérer afin de nous débarrasser au plus tôt de ces étouffeurs de Vérités et de la Raison.
    Les membres de l'Union fraternelle s'engagent à continuer l'action énergiquement, et engagent tous les groupements à les seconder.
Vingtième arrondissement
   * Les citoyens réunis salle Brette, rue des Pyrénées, à l'appel du Comité révolutionnaire de Charonne, après avoir entendu le citoyen Paul-Louis sur la question cléricale, approuvent le lutte contre les Congrégations, mais, ne voyant là qu'une partie incidente de la lutte anticléricale, demandent comme seule solution véritable et logique la séparation des Églises et de l'État et la reprise, par la nation, des biens de mainmorte.
    * la Lyre enfantine de Belleville (université populaire) donnait avant-hier, salle des Trois Lions, 86 boulevard de Belleville, une matinée concert, qui a remporté le plus vif succès.
    Plus de 300 citoyennes et citoyens, après avoir applaudi tous les artistes et chaleureusement félicité les jeunes élèves de la Lyre enfantine, ont terminé cette fête de propagande anticléricale aux cris de : "Plus de prêtres éducateurs de la jeunesse ! Plus de prêtres payés par l'État ! Vive la République sociale ! A bas la calotte !"
  * La loge "La fraternité des Peuples"
    Considérant l'attitude provocante de tout le clergé séculier, en présence des assomades honteuses des républicains paisibles et sans défense dans les églises de l'État, par les pires ennemis de la république, adresse au Président du Conseil ses plus vives félicitations pour la fermeté avec laquelle il fait appliquer la loi sur les congrégations, et émet le vœu que le gouvernement ne s'en tienne pas à ce simple et insuffisant palliatif, mais qu'il présente et soutienne au plus tôt, devant le Parlement, la séparation de l'Église et de l'État.
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   *  Le groupe d'action des républicains socialistes originaires de la Haute-Loire envoie de chaleureuses félicitations au ministère Combes pour l'œuvre de salubrité qu'il accomplit en se débarrassant des congrégations, et l'invite à faire aboutir, dans le plus bref délai possible, la séparation des Églises et de l'État.

   *  La Loge Les étudiants, réunis le 17 mai en un banquet fraternel :
    Félicitent M. Combes, président du conseil et les journaux républicains l'Action et la Raison qui, devant l'attitude des moines et des évêques réclament énergiquement la séparation des Églises et de l'État.
  *   La loge La libre pensée dans sa tenue du jeudi 14 mai, a adopté l'ordre du jour suivant :
    Considérant
    1° Que la dénonciation du Concordat et la séparation des Églises et de l'État s'imposent;
    2° Que les circonstances pour obtenir ces réformes sont rarement aussi favorables;
    Émet le vœu:
    Que le gouvernement défende, avec la plus grande énergie, le projet de loi de M. de Préssensé ou tout autre projet conçu dans le même esprit;
    Et invite d'une façon toute spéciale, tous les républicains du Parlement à la voter.
    * Les membres du Groupe socialiste des voyageurs et représentants de commerce engagent tous les camarades de la corporation a se joindre à eux pour faire partout la propagande la plus active pour que les électeurs imposent à tous les députés et sénateurs républicains l'obligation de voter la suppression du budget des cultes, la dénonciation du Concordat et la séparation des Églises et de l'État.
   *  Les Élèves libres penseurs de l'École supérieure de commerce de Paris réunis le 17 mai 1903, hors l'École, considérant,
    Que l'application de la loi des Associations doit être qu'une phase de la lutte entre l'État laïque et les puissances ecclésiastiques;
    Que le Concordat n'est qu'un leurre;
    Que l'attitude des évêques à l'égard de la loi est une réponse suffisante au discours du président du conseil, dont le Sénat a voté l'affichage;
    Invite le gouvernement:
    A dénoncer un contrat qui a été signé par Napoléon que dans le but qu'une République ne peut dignement poursuivre;
    A rompre avec une tradition qui viole la liberté de conscience en obligeant tous les citoyens, même libres penseurs, à contribuer pécuniairement à assurer les services des cultes.
    A garantir sur tout le territoire de la République la libre pratique des religions sans préjudice, bien entendu, des mesures de police qui devront être prises pour assurer dans l'intérieur des établissements du culte, et la neutralité politique, et le respect du gouvernement;
    Et le félicitent de sa politique républicaine.
    * Les Membres du Bloc républicain du Cantal réunis, à Paris, le 28 mai courant, au café du Gaz, rue de Rivoli, adressent au président du Conseil des Ministres, leurs félicitations pour son attitude fermement républicaine et comptent sur son énergie et sa ténacité pour réduire à la soumission le cléricalisme en révolte.
    cet ordre du jour mis aux voix est adopté par acclamation et à l'unanimité.
    * Les camarades de l'U.P. Zola,  après avoir entendu la conférence Lourdes, Rome Paris, par H. Duchmann, profitent de cette circonstance pour émettre les vœux suivants :
    Considérant que, l'immense majorité des citoyens catholiques, protestants ou juifs par naissance, s'abstiennent des pratiques religieuses, et qu'il n'est pas juste qu'ils paient leur quote-part pour des exercices rituels auxquels ils n'assistent pas;
    Considérant qu'au point de vue républicain, les religions sont contraires au jugement sain et n'ont été crées que pour la domination et le soutien des régimes arbitraires. Enseignées soi-disant pour soumettre les volontés à un régime d'amour, elles n'ont réussi jusqu'ici qu'à précipiter les citoyens les uns contre les autres.
     Les camarades de l'U.P. Zola,  regrettent en outre, que la majorité républicaine de la Chambre des députés, ait reculé devant les menaces déguisées de guerre civile et de condition à l'extérieur, proférées le 19 mai, à la tribune française par l'abbé Gayraud, pour le compte de la compagnie de Jésus, lors de la discussion de l'interpellation sur la politique religieuse du gouvernement.
    * Les originaires du Morbihan, réunis, simultanément, chez La Fée, rue La Forge Royale; Boulevard Montparnasse, chez I. Dors et chez Dréano, rue Mazagran.
    Protestent en leurs noms et au noms de leurs pauvres compatriotes restés là-bas sous la tyrannie religieuse, invitent le gouvernement à mettre un terme à cet état de choses en faisant voter la suppression du budget des cultes, la séparation des Églises et de l'État, l'abrogation de la loi Falloux.
    * Loge des droits de l'Homme -  A l'issue de la séance du 18 mai, les membres de la Loge des Droits de l'Homme déclarent s'associer au mouvement de protestation contre la révolte des évêques et des moines, invitent le gouvernement à réprimer énergiquement tous les actes séditieux du clergé et à se hâter de déposer un projet de loi tendant à la séparation des Églises et de l'État.
    * Le Groupe des Libres Penseurs de l'Imprimerie nationale réclame énergiquement la dénonciation du Concordat et la séparation des Églises et de l'État, félicite le gouvernement pour son action énergique dans l'application de la loi sur les Congrégations qui doit assurer le triomphe de la République sociale sur l'esprit clérical et sur les dogmes; demande, en outre, au ministre des cultes la fermeture momentanée des églises dans lesquelles des désordres se sont produits ces jours derniers et la démission des magistrats réactionnaires qui s'opposent à l'application des lois républicaines et sociales.

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..... et en province
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AIN
    Ambérieu-en-Bugey
   La Section d'Ambérieu-en-Bugey de la Fédération des Libres Penseurs de l'Ain et de l'Isère, réunie en séance le 17 mai pour protester contre les agissements et les menées religieuses, félicite le gouvernement de la fermeté qu'il a montrée jusqu'à ce jour, dans la tâche difficile qu'il s'est imposée, afin de nous débarrasser de ces parasites religieux et émet le vœu qu'il continuera par:
    L'abrogation de la loi Falloux;
    La dénonciation du Concordat;
    La séparation absolue des Églises et de l'État;
    La suppression des armées permanentes et des Conseils de guerre.
    Chézery-Forens
   Les socialistes de Chézery et de Forens, réunis dimanche dernier, se sont constitués en Groupe d'étude sociales.
    Le bureau a été constitué par les citoyens : Cl. Michoilet, secrétaire; Pic, secrétaire adjoint, et Jacquinot-Carry, trésorier.
    Au cours de la réunion a été votée l'adresse suivante au président du conseil :
    Les membres du Groupe socialiste de Chézery, à l'issue de leur constitution en groupe, envoient à M. Combes, président du conseil, leurs sincères félicitations pour l'énergie qu'il apporte à l'expulsion des congrégations; espère qu'il saura déployer la même fermeté pour frapper les membres du clergé protestant contre la loi, et comptent sur son dévouement pour faire aboutir, à bref délai, la séparation des Églises et de l'État ainsi que les principales réformes économiques et sociales appelées à soulager les travailleurs.
AISNE
    Guise
   La Société de Libre Pensé et le Groupe socialiste de Guise (Aisne) envoient à M. le président du conseil leur félicitations pour sa campagne contre les congrégations religieuses d'hommes et de femmes. Devant la levée en masse des moines et nones en révolte, soutenus par certains magistrats félons et parjures à la République. Ces deux groupes de citoyens libres et conscients estiment qu'il ne reste plus qu'un moyen logique de libérer la France républicaine de l'influence néfaste d'un cléricalisme ultramontain. Ce moyen urgent : c'est la séparation des Églises et de l'État.
    Ils comptent sur la loyauté des députés républicains et socialistes, rappellent à leurs promesse politique ceux qui, depuis 1869, ont inscrit cette réforme dans leur programme, et souhaitent qu'une majorité définitive s'affirme sur le projet décisif présenté par le citoyen Pressensé au nom du groupe socialiste de la Chambre.
    Laon
    Les républicains libres penseurs de l'arrondissement de Laon, réunis au théâtre de Laon, pour une conférence faite par le citoyen Félix Gaborit, le dimanche 17 mai, ont voulu relever la défi des moines et des évêques de la Congrégation et de l'Église.
    Aux paroles de mensonge proférées du haut des chaires des cathédrales et aux manifestations idiotes et stupides destinées à tromper les faibles, les républicains libres penseurs de l'arrondissement opposent des paroles de justice et de raison affranchie.
    Ils adressent à M. Combes, président du conseil, ministre de l'intérieur et des cultes, l'assurance de toutes leurs sympathie et de leur dévouement, et lui disent : "Nous demandons que le Concordat soit dénoncé, car nous ne voulons plus de prêtres salariés, plus d'évêques fonctionnaires, ni d'Église d'État. Nous voulons une République débarrassée de tout caractère religieux et confessionnel, une laïcisation complète."

ALGÉRIE
  Alger
   La Loge "Le Delta", réunie en tenue solennelle, le 17 mai 1903, à l'unanimité, félicite vivement le ministère Combes pour sa politique anticléricale et lui renouvelle sa confiance absolue en cette circonstance.
    Elle adresse également ses félicitations aux journaux la Raison et l'Action, pour leur campagne énergique contre le cléricalisme et adopte les conclusions Gustave Hubbard.

ALLIER
    Doyet
   Dans leur réunion générale du 17 mai, les citoyens membres de la Jeunesse socialiste-révolutionnaire de Doyet, déclarent ne plus vouloir payer les prêtres et réclament la séparation des Églises et de l'État, la laïcisation complète de la République.
    Gannat
   Les électeurs républicain de Gannat et du canton, après avoir entendu le citoyen Delarue, député,
    Invitent le gouvernement à continuer la lutte entreprise contre le cléricalisme;
    A expulser les Congrégations religieuses;
    A proposer la suppression de l'ambassade du Vatican et à présenter aux Chambres un projet de séparation des Églises et de l'État;
    Seul moyen d'assurer la liberté de conscience, la défense de la république et le triomphe des idées modernes.
    Saint-Germain-des-Fossés
   Le Syndicat des travailleurs des chemins de fer de France et des colonies, dans une importante réunion tenue, le 16 mai, à Saint-Germain-des-Fossés (Allier), après avoir entendu le citoyen Louis Juillet, délégué de groupe roannais, qui fit, dans un magistral discours, le procès de l'enseignement clérical, décide de réclamer avec insistance la séparation des Églises et de l'État, et proteste avec énergie contre l'ingérence cléricale.
    Vichy
   Le Groupe indépendant d'études sociales et de libre pensée de Vichy, s'associant à la grande manifestation anticléricale du 17 mai dernier.
    Considérant que la religion est non seulement une atteinte à la liberté de conscience mais encore un défi à toute morale, dans ce sens qu'elle enseigne des choses reconnues fausses par la Science et la Raison et qu'elle s'évite de prouver en les dénommant mystères;
    Considérant que ceux qui l'enseignent sont un danger pour la République ; attendu que ces individus sont payés par elle et qu'ils

ALPES-MARITIMES
    Nice
   * Fédération des Chambres syndicales ouvrières des Alpes-Maritimes.
    Les travailleurs de Nice, réunis le 17 mai, salle de la Fédération des Alpes-Maritimes, pour protester contre les actes du cléricalisme en révolte contre la République, tout en applaudissant à la séparation des Églises et de l'État, engagent les travailleurs à ne pas perdre de vue le but de leur émancipation, en s'organisant sérieusement en lutte de classe et en préparant les grèves générales révolutionnaires.
   *  Deux mille personnes réunies au Petit Casino, sous la présidence du citoyen Morel, après avoir entendu le conférencier, M. Ghilini, demandent la dénonciation du Concordat et, à bref délai, la séparation des Églises et de l'État.
   Puget-Théniers
   La  Section de la Ligue des Droits de l'Homme du Puget-Théniers  ainsi que les électeurs de cette ville présents à la conférence de M. le docteur Jacquet, désireuse de s'associer aux manifestations qui ont lieu, dans la plupart des communes de France, pour témoigner au gouvernement toute leur confiance, à la veille de la rentrée des Chambres.
    Renouvelle, à M. le Président du Conseil, l'expression de leurs respectueuses félicitations pour son œuvre républicaine et conforme aux aspirations de la démocratie, et prient leur sympathique et dévoué sous-préfet de vouloir bien lui faire parvenir la présente adresse.
   Valdeblore
    Le Groupe de la Libre Pensée de Valdeblore, réuni le 17 mai 1903, proteste hautement contre les vils agissements du clergé qui, salarié par l'État et de plus payé par notre argent, abuse sans honte ni vergogne des articles du Code pénal, qui l'autorise à tromper publiquement et sans réplique le peuple, tout en cherchant du haut de sa chaire de mensonges, à éteindre le flambeau de vérité qui commence à nous éclairer, demande d'urgence la séparation des Églises et de l'État et envoie ses plus chaleureux encouragements au gouvernement de défense républicaine et en particulier au grand citoyen, Émile Combes, qu'il engage vivement à persévérer jusqu'à l'épuisement complet du vampire clérical, dont le but est l'effondrement du droit de l'homme, de la patrie, de la dignité de l'homme et la liberté du citoyen.

ARDÈCHE
  Aubenas
    Les membres de l'Avenir socialiste d'Aubenas, réunis en séance extraordinaire, envoient leurs sincères félicitations aux militants de l'Action pour leur énergique attitude, les prient de vouloir bien être leurs interprètes auprès du gouvernement, pour lui transmettre le vœu suivant :
    Dénonciation du Concordat; séparation des Églises et de l'État à bref délai.
    Annonay
    Les membres de la Société La Libre Pensée d'Annonay, faisant cause commune avec leurs collègues Les Libres Penseurs de France, réunis le dimanche 17 mai, adressent leurs félicitations au cabinet que préside M. Combes, pour la lutte qu'il a entreprise contre les congrégations.
    Comptent sur la majorité républicaine du parlement pour opérer à bref délai, la dénonciation du Concordat; la séparation des Églises et de l'État et la laïcisation complète de la République.
    Le groupe émet le vœu que le ministère Combes fasse sien le projet de loi du citoyen de Pressensé, visant la dénonciation du Concordat, tendant à la séparation des Églises et de l'État.
    Le Teil
    Considérant que l'attitude du clergé à l'égard du gouvernement, en ce qui concerne l'application de la loi sur les Congrégations est répréhensible, puisque le gouvernement tient ses engagements, alors que le clergé viole constamment ses obligations que leur impose le Concordat;
    Considérant que la forme républicaine de gouvernement est incompatible avec avec l'institution et l'état d'esprit du clergé; que les prétentions du Syllabus sont la négation formelle des principes contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen;
    Considérant que la République ne doit pas payer des agents qui la combattent à outrance; que l'Église a toujours été une institution d'oppression et qu'elle est devenue un instrument de discorde; qu'il est dangereux pour la société moderne de laisser cette institution se rehausser par le caractère officiel que lui donne le Concordat;
    Que cette force du cléricalisme est faite de la pusillanimité du régime républicain;
    Les citoyens de la commune du Teil demandent la dénonciation du Concordat et le retour à l'État des biens meubles et immeubles mis à la disposition du clergé par le pouvoir civil.
    Tournon
   Les citoyens réunis au Cercle démocratique de Tournon, le dimanche 17 mai, déclarent ne plus vouloir payer les prêtres et réclament la séparation des Églises et de l'État, la laïcisation complète de la République.
    Viviers-Teil
   Les camarades du Groupe d'études sociales de Viviers-Teil, réunis le 16 mai, après avoir écouté la conférence du citoyen Mounier sur le Concordat et décidé l'envoi d'une pétition au Parlement en en demandant l'abrogation;
    Félicitent le conférencier et profitent de l'occasion pour envoyer à la courageuse direction de l'Action l'assurance de leur profonde sympathie et de leur entière communauté d'idées.
    La Voulte-sur-Rhône
    La Société de Libre Pensée de La Voulte-sur-Rhône, considérant qu'elle ne doit pas rester indifférente aux manœuvres inqualifiables auxquelles se livrent les membres des clergés séculier et réguliers, qui, par leurs actes, sont en constante révolte envers la loi;
    Encourage le gouvernement à user de toute son énergie pour faire appliquer les lois en vigueur, et de faire, le plus tôt possible, la séparation des Églises et de l'État, qui sera son œuvre de salubrité et de raison.

ARIÈGE
    Aigues-Vives
   Les citoyennes et citoyens d'Aigues-Vives et de ses environs, réunis au nombre de 500, remercient la citoyenne Marie Murjas pour sa belle conférence; ils invitent le gouvernement à continuer la lutte contre le cléricalisme par la dénonciation du Concordat et la séparation des Églises et de l'État.
    Foix
   * La Jeunesse laïque de Foix, réunie au nombre d'environ 150, après avoir entendu la conférence du citoyen Marcel Grégoire, avocat, a voté, à l'unanimité, l'ordre du jour suivant :
    "Nous ne voulons plus de prêtres salariés, plus dévêques fonctionnaires, plus d'Églises d'État;
    "Nous voulons que le Concordat soit dénoncé;
    "Nous exigeons que la République soit définitivement débarrassée des dogmes et des superstitions".
    * Les citoyens de Foix, réunis au siège social de la Jeunesse laïque, au nombre de 250, après avoir entendu les déclarations du jeune militant Éric Roques, déclarent qu'ils ne veulent plus de prêtres salariés, plus dévêques fonctionnaires, demandent la dénonciation du Concordat et engagent leurs représentants au Parlement à hâter l'heure de la séparation de l'Église et de l'État.
    Laroque-d'Olmes
     Les citoyens de Laroque-d'Omes (canton de Mirepoix, Ariège), réunis à la salle de la mairie, le 17 mai, à une heure de l'après-midi, au nombre de plus de 250, après avoir entendu le citoyen Galy.
    Considérant que la révolte du clergé régulier et du clergé séculier sont une humiliation pour la République, adressent un pressent appel au gouvernement pour le prier de voter, au nom de la liberté de conscience inscrite à la Déclaration des Droits de l'Homme;
    La dénonciation du Concordat;
    La séparation des Églises et de l'État;
    L'organisation laïque des services publics.
    Massat
    Le Comité radical de Massat, répondant à l'appel de de l'Action et de la Raison, s'est réunit afin de s'associer, lui aussi, à la grande manifestation anticléricale de la démocratie penseuse.
    Après avoir entendu le citoyen Gouric, instituteur, exposer las raisons de leur protestation républicaine, le comité, à l'unanimité des membres présents, a voté un ordre du jour par lequel il demande au gouvernement de vouloir bien proposer aux Chambres la dénonciation du Concordat et la laïcisation définitive de la République. Le comité a décidé, en outre, que des lettres seraient adressées à tous les élus républicains du département, pour les engager à soutenir le ministère dans sa politique anticléricale.
    Mirepoix
   Le Groupe de la Libre Pensée de Mirepoix, réuni le samedi 16 mai, à huit heures du soir, sous la présidence du citoyen Maury, a voté à l'unanimité l'ordre du jour suivant :
    Suppression du budget des cultes; suppression de toutes les congrégations des deux sexes.
   Montgaillard
   Après une conférence sur le Concordat, Articles organiques et Syllabus, les citoyens de Montgaillard (Ariège), au nombre d'environ 50, demandent que les représentants du peuple au Parlement dénoncent le Concordat et suppriment le budget des cultes, qui, sous un régime de soit-disant liberté, oblige les individus ne pratiquant aucune religion de payer lesdits ministres propagateurs du mensonge.
    Saint-Girons
   Les 200 citoyens réunis, le dimanche 17 mai, dans la grande salle de la mairie, à Saint-Girons, pour protester contre la révolte des congrégations et du clergé envers les lois de la République, émettent le vœu que le gouvernement propose la dénonciation du Concordat, et envoient, à M. Combes, président du Conseil, l'expression de leur vive sympathie et leurs sincères félicitations pour l'énergie avec laquelle il a entrepris de faire triompher, sur les factieux de tous ordres, la république laïque et sociale.
    Villeneuve-d'Olmes
   Les membres du Comité radical socialiste de Villeneuve-d'Olmes (Lavalenet) félicitent M. Combes, président du conseil, pour son énergie dans l'application de la loi sur les Congrégations; l'assurent de leur entier dévouement et l'engagent fortement à répondre à l'attitude insolente de l'Épiscopat par la dénonciation du Concordat, qui assurerait la séparation de l'Église et de l'État.

AUBE
  Aix-en-Othe
    Les citoyens libres penseurs d'Aix-en-Othe, réunis d'un commun accord, et sûrs d'être les interprètes de la grande majorité de la population, considérant:
    Que la pape, par son attitude, s'insurge contre le Concordat;
    Que ses agents subalternes, évêques, prêtres, etc. sont en violation flagrante et continuelle avec les lois qui nous régissent, se moquent des ridicules sentences qui leur sont appliquées, notamment, par leur attitude combative et leurs débordements d'insanités envers le gouvernement;
    Invitons nos pouvoirs publics à se faire respecter d'un État qui n'existe plus, temporellement, depuis le 26 septembre 1870, et dont le titre, purement spirituel, est en contradiction constante avec les principes primordiaux de nos institutions rationnelles et scientifiques;
    Sollicitons avec la plus grande fermeté:
    La dénonciation du Concordat et des articles organiques qui en découlent;
    La mise à l'ordre du jour immédiat du projet de loi F. de Pressensé;
    L'abrogation de la loi Falloux, assurant la neutralité scolaire par le seul enseignement des vérités scientifiquement démontrées;
    De manière à placer tous ces fanatiques insurgés sous l'égide de la loi commune à tous les citoyens français.
    Manguy-le-Châtel
    Le Comité d'Action républicaine de Manguy-le-Châtel s'associe à la manifestation anticléricale et envoie son salut fraternel, approuvant l'application de la loi aux Congrégations; engage le gouvernement à poursuivre son œuvre d'assainissement, et la séparation des Églises et de l'État.
    Les Ricey
   Un groupe de citoyens des Ricey, réunis le 16 mai, adressent aux camarades de la Ligue de Défense Républicaine de l'Aube leur salit fraternel, et déclarent s'associer à la manifestation républicaine et anticléricale du 17 mai 1903 dans la ville de Troyes par les Groupes républicains anticléricaux de l'Aube.
    Ils déclarent, en outre, s'associer à un ordre du jour qui pourra être soumis au vote de l'assemblée, félicitant le ministère d'action républicaine pour l'engager à poursuivre sa lutte contre les Congrégations religieuses.
    Saint-Julien
    Le Comité républicain radical et socialiste de Saint-Julien (Aube), réunis le 17 mai 1903, salle Grisfer, envoie, à l'unanimité de ses adhérents, ses très vives félicitations à M. Combes, président du conseil des ministres, pour l'énergie qu'il déploie pour l'application de la loi tendant à la suppression de toutes les Congrégations.
    Le comité prie M. Combes de persévérer dans cette voie laïque, pour la dénonciation du Concordat et la suppression immédiate du budget des cultes.
    Le Comité exprime également le désir de voir les fonds affectés au budget des cultes supprimés, versés dans l'avenir à une caisse de retraites pour tous les travailleurs, dès l'âge de 60 ans.
   La Saulsotte
   Le Conseil municipal de la Saulsotte,  réuni hors conseil,
    Considérant qu'il est indigne que les religions puissent être officiellement reconnues par l'État
    Que la dénonciation du Concordat s'impose par suite de l'attitude insolente du clergé;
    Émet le vœu:
    Que les prêtres d'aucun culte ne soient plus rétribués par l'État; que la laïcisation complète de la République devienne, à bref délai une réalité
    Adresse au vaillant ministère Combes, toutes ses félicitations pour la grande œuvre d'émancipation morale qu'il a entreprise.
    Troyes
    Les 1500 citoyens républicains et libres penseurs, réunis le 17 mai 1903, à la Halle de la bonneterie de Troyes, après avoir entendu les discours anticléricaux des citoyens Marius Boyer, membre du comité d'organisation, Charonnat, doyen de la députation de l'Aube, président de la conférence Maxence Roldes, conférencier délégué par l'Association Nationale des Libres Penseurs de France, protestent énergiquement contre l'attitude des évêques et des moins, en rébellion ouverte contre la loi sur les Associations, et demandent:
    1° La dissolution radicale de toutes les congrégations religieuses, sans exceptions, avec reprise par l'État des biens dits de mainmorte;
    2° La séparation complète, et à bref délai, de toutes les Églises (catholiques, protestante, israélite, etc.) et de l'État.
    3° L'abrogation immédiate de la loi Falloux, l'organisation du monopole de l'État en matière d'enseignement, et la suppression des exercices religieux dans les établissements d'instruction de l'État.
    Villemaur
    La Libre Pensée de Villemaur (Aube), en réunion publique le 17 mai 1903, ayant eu connaissance de la violation de la loi et de la déclaration de guerre faite ouvertement au gouvernement de la République par les membres des diverses congrégations autorisées et non autorisées et les membres du clergé séculier.
    Considérant qu'il importe de mettre un terme à l'agitation cléricale, invite le gouvernement :
    1° A faire immédiatement, dans une mesure de paix, de concorde, de salubrité publique, la séparation des Églises et de l'État;
    2° A faire décréter la suppression complète et immédiate de toutes les Congrégations existantes, et la reprise des biens dits de mainmorte, meubles et immeubles, appartenant aux clergés régulier et séculier, au bénéfice d'une caisse de retraites pour les vieillards et les invalides du travail;
    3° L'abrogation de la loi Falloux et la monopolisation par l'État de l'enseignement laïque, public gratuit et obligatoire, la suppression des programmes de l'enseignement primaire et secondaire des points qui ont trait à l'existence de Dieu.
    Villenauxe
    La Société de Libre Pensée et le Groupe d'Étude sociale de Villenauxe-la-Grande (Aube), réunis en assemblée extraordinaire le 17 mai 1903, à l'effet de protester contre la manifestation des prêtres et des moines, tendant à blâmer l'œuvre du gouvernement émettent le vœu suivant :
    Que tous les élus politiques usent de leur droit pour forcer le gouvernement à déposer sur le bureau des Chambres un projet de loi dénonçant le Concordat et prononçant la séparation des Églises et de l'État.

AUDE
  Argeliers
   Le Groupe d'Études sociales d'Argeliers, réuni le 17 mai, invite le citoyen Sarrault, député, à agir de toute son influence auprès du gouvernement et des pouvoirs publics pour faire aboutir les questions suivantes :
    Dénonciation du Concordat;
    Suppression du budget des cultes;
    Séparation des Églises et de l'État;
    Monopole de l'enseignement;
    Armissan
   Les électeurs radicaux et socialistes d'Armissan, réunis salle du groupe d'Études sociales, remercient le citoyen Bourdié de son intéressante conférence contre le cléricalisme;
    Félicitent le ministère Combes, de l'énergie qu'il a mise dans l'application de la loi sur les associations et l'engagent à continuer et à présenter dans le bref délai, la séparation des Églises avec l'État, la dénonciation du Concordat et la suppression du budget des cultes.
    Badens
   Les Républicains anticléricaux de Badens, réunis pour protester contre les manifestations organisées le 17 mai par la réaction et la gent cléricale,
    Félicitent le gouvernement de l'énergie qu'il montre dans l'application de la loi sur les associations; l'engagent à contribuer la lutte contre toutes les congrégations et à préparer la dénonciation du Concordat, et la suppression du budget des cultes;
    Ils félicitent en outre leur député Théros pour les votes qu'il émet à la Chambre et lui renouvellent leur entière confiance.
    La réunion a pris fin aux cris de : "Vive la République anticléricale !"
    Bages
   Les citoyens de Bages, réunis le 17 mai, salle de l'Alcazar, sous la présidence du citoyen *** Jovin, après avoir entendu le citoyen Cuxac,
    Adressent à M. Combes, président du Conseil des ministres, leurs vives félicitations et leurs encouragements pour sa lutte contre les congrégations;
    Demandent énergiquement la séparation des Églises et de l'État, la suppression du budget des Cultes et la laïcisation complète de la République.
   Bizanet
   Les Républicains radicaux et socialistes de Bizanet,  réunis salle Josse le 17 mai.
    En présence de l'attitude des évêques, fonctionnaires salariés par l'État, vis-à-vis de l'application de la loi, invitent le gouvernement à poursuivre la lutte entreprise en réalisant les séparations des Églises et de l'État, par la suppression du Concordat.
    Canet
   A la suite de la conférence du citoyen Albert sur la séparation des Églises et de l'État,
    Les citoyens de Canet, réunis au nombre de 150, félicitent M. Combes, président du conseil, sur ses actes et son attitude énergique,
    L'engagent à poursuivre jusqu'au bout son œuvre de laïcisation complète de tous les services publics, surtout ceux d'enseignement et d'assistance;
    Demandent la suppression totale des congrégations et l'établissement du monopole scolaire aux main de l'État.
    Capendu
   LeGroupe d'études sociales de Capendu, réuni en assemblée générale, invite le président du conseil des ministres à continuer la lute entreprise contre les Congrégations, et à appuyer de tout son pouvoir le projet de loi déposé sur le bureau de la Chambre des députés relatif à la dénonciation du Concordat et à la séparation des Églises et de l'État.
   Carcassonne
   * Le Groupe de la Jeunesse socialiste, réuni en séance, adresse ses plus chaleureuses félicitations au ministère Combes, pour l'énergie déployée par celui-ci dans la lutte contre les congrégations;
    Considère tout de même que l'œuvre ne doit pas s'arrêter là et que la séparation des Églises des Églises et de l'État s'impose;
    Adresse aux rédacteurs de la Raisonet de l'Action l'expression de sa sincère gratitude.
    Félicite Gustave Téry, Victor Charbonnel, Henry Béranger et tous les manifestants d'Aubervilliers pour leur courageuse attitude.
    Et lève la séance aux cris de "Vive la République sociale ! Vive la Raison ! Vive l'Action ! A bas la calotte !"
   *  Dans la séance du 16 mai, les Membres de la Chambre de la Montagne, réunis en assemblée générale ont voté à l'unanimité l'ordre du jour suivant :
    L'abrogation de la loi Falloux
    La séparation des Églises et de l'État
    Félicitent le gouvernement présidé par M. Combes pour l'attitude énergique qu'il déploie dans l'application de la loi sur les associations religieuses; invitent, en outre, tous les députés du bloc à faire tous leurs efforts à la Chambre pour provoquer l'abrogation de la loi Falloux et la séparation des Églises et de l'État, si le gouvernement n'en prend pas l'initiative.
   * Les Membres du cercle du prolétariat Barbès, dans leur réunion générale du 16 mai, félicitent le ministère de l'énergie avec laquelle il n'a cessé de défendre la République contre la réaction, et l'engagent à continuer l'œuvre entreprise en supprimant le budget des cultes et en l'affectant à la fondation des retraites ouvrières; œuvre toute d'humanité et de solidarité sociales, que la République doit le plus tôt possible accomplir.
    * Le Groupe de la Jeunesse socialiste de Carcassonne, réuni en séance, adresse au ministère Combes ses chaleureuses félicitations pour la campagne qu'il mène si vaillamment contre le cléricalisme;
    Considère tout de même que là ne doit pas s'arrêter l'œuvre réformatrice du ministère républicain et que la séparation des Églises et de l'État s'impose.
    Le Groupe de la Jeunesse socialiste adresse ses remerciements au citoyen Pelletan  pour les réformes que celui-ci a introduites au ministère de la marine.
    Et lève la séance au cris de : "Vive la République sociale !"
    * Les Membres de la Loge maçonnique de Carcassonne, ont émis un vœu tendant à ce que le gouvernement prépare et présente sans retard, un double projet : de séparation des Églises et de l'État, d'abrogation de la loi Falloux, et invitent nos représentants à soutenir énergiquement de leur vote le double projet.
    Castelnaudary
   Le Groupe d'Union républicaine radicale et socialiste de Castelnaudary.
   Considérant que la séparation des Églises et de l'État aurait dû être la première manifestation de la troisième république;
    Regrettant que les républicains qui ses ont succédé au pouvoir jusqu'ici aient encouragé par faiblesse ou par complaisance l'offensive cléricale contre les institutions démocratiques;
    Conjure M. Combes de soutenir, devant le Parlement, le projet Pressensé;
    Et saisi l'occasion pour lui demander l'épuration du personnel administratif par l'élimination de tous les agents complices de la réaction tels le sous-préfet de Castenaudary, par exemple, qui, en 1902, a fait cause commune avec un candidat dont les enfants fréquentaient les écoles congréganistes.
    Couffoulens
   Réunis au nombre de 65, les citoyens radicaux-socialistes anticléricaux de la commune de Couffoulens, déclarent désirer la séparation immédiate des Églises et de l'État, ne plus vouloir tolérer les incursions dogmatiques dans l'enseignement national, qui doit être purement laïque et partout républicain.
    Les Républicains socialistes et Libres Penseurs de Couffoulens (Aude), assemblés le 17 mai, après avoir pris connaissance de la situation créée par la révolte des moines, des évêques et des prêtres;
    Considérant que la démocratie ne sera réellement maîtresse de ses destinées qu'autant qu'auront disparu les derniers vestiges des institutions religieuses qui l'ont asservie pendant tant de siècles en opprimant sa pensée et en obscurcissant son intelligence;
    Adressent au citoyen Combes, premier ministre de la République, leurs respectueuses félicitations pour l'énergie qu'il déploie dans dans l'exécution de la loi sur les congrégations.
    Ils lui expriment, en même temps, le vœu que les Pouvoirs publics réalisent à bref délai la laïcisation complète et effective de l'enseignement à tous les degrés ainsi que la séparation des Églises et de l'État.
    Cuxac
   Les membres du Groupe d'Études sociales et les Membres du Groupe de la jeunesse radicale et socialiste réunis le 17 mai, pour protester solennellement contre l'attitude du clergé français, sont heureux d'adresser à M. le Président du Conseil leurs sincères félicitations pour l'œuvre de relèvement moral de la France, œuvre si désirable qu'il a résolument entreprise, et l'engagent de toutes leurs forces, à poursuivre avec la dernière énergie cette tâche si noble, indispensable au salut de la patrie, en débarrassant définitivement le pays de ces congrégations qui minent perfidement le sol de la France et menacent de ruiner l'édifice républicain; en ne les laissant plus reparaître sous n'importe quel habile travestissement que ce soit l'habit civil ou la soutane, en proposant l'abrogation immédiate de la funeste et odieuse Loi Falloux; en étudiant sérieusement les moyens de réaliser le plus tôt possible la séparation des Églises et de l'État; en dénonçant le Concordat et en assurant enfin la souveraineté de l'État laïque en matière d'enseignement, car c'est de là que dépendent à coup sûr l'avenir, la sécurité et la prospérité de la France.
    A bas le cléricalisme !
    Vive la République démocratique et sociale !
   Fabrezan
   Les membres d'union radicale et socialiste et les Électeurs républicains socialistes de Fabrezan, réunis salle de la mairie, félicitent le gouvernement d'Action républicaine pour son énergie dans l'application de la loi sur les associations et l'encouragent à poursuivre énergiquement la lutte entreprise et à réaliser, par la séparation des Églises et de l'État, par la suppression du budget des cultes, la dénonciation du Concordat, et l'abrogation de la loi Falloux, l'affranchissement de la société civile.
   Fleury
   Les républicains de Fleury, réunis à l'occasion de la conférence donnée par les citoyens Roques et Vires, adressent leurs félicitations au ministère pour l'énergie avec laquelle il poursuit l'application de la loi sur les congrégations. Ils réclament avec force du Parlement, la dénonciation du Concordat, la séparation des Églises et de l'État, la suppression du budget des cultes.
    Graissan
   Les Socialistes et radicaux socialistes, réunis en assemblé plénière, après avoir entendu le citoyen Fabre, félicitent M. le Président du Conseil des ministres de son attitude énergique vis-à-vis des congrégations et invitent le gouvernement à prendre l'initiative de la suppression du budget des cultes et de la séparation des Églises et de l'État, afin que la France soit débarrassée de ce clergé, défenseur des congrégations et propagateur du mensonge et de la superstition.
    Homps
   Le Groupe radical socialiste d'Homps, réuni en assemblé générale;
    En présence du mouvement clérical crée par la résistance des évêques et des moines qui veulent, par tous les moyens, s'opposer aux lois républicaines votées par les Chambres;
    Considérant qu'un pareil procédé incite les citoyens à la désobéissance de nos lois;
    Vote un blâme de mépri